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Depuis 1945, le monde a changé. Des pays ont émergé, des régimes politiques sont tombés et des centaines d'évenements majeurs ont transformé nos sociétés. Pour mieux comprendre les phénomènes qui ont marqué le monde depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, pour trouver des statistiques démographiques ou économiques, pour visualiser par des graphiques et des cartes la répartition de la richesse, utilisez le site Perspective monde.

Il ne s'agit pas d'un site spécialisé, mais d'un site pédagogique. On y a regroupé les données les plus importantes et les plus fréquemment utilisées par les étudiants et le grand public. Les informations, les illustrations graphiques ou les cartes peuvent être récupérées et reproduites sans permission ou restriction dans la mesure où la source est identifiée et dans le mesure où les récupérations demeurent ponctuelles.

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Pays

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Statistiques

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Événements

Plus de 1200 événements qui ont marqué l'histoire mondiale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, présentés et expliqués en un coup d'oeil, des hyperliens et des chronologies.

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Documents

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Glossaire

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Dans l'actualité


Le Baloutchistan : une région au coeur des grands intérêts asiatiques

Étienne Olivier,
analyste en formation,
École de politique appliquée

À cheval sur l'Iran, l'Afghanistan et le Pakistan, le Baloutchistan est souvent ignoré par les Occidentaux. Lorsque l'on s'y attarde plus attentivement, on comprend pourtant facilement pourquoi cette région, située à la croisée des stratégies chinoises et d'Asie centrale, pourrait bien devenir un enjeu international majeur d'ici quelques années.

Un peuple de nomades

La plupart des historiens affirment que les Baloutches contemporains descendent des habitants du sud-ouest de la mer Caspienne, au nord de l'Iran (1). Cette affirmation repose essentiellement sur des preuves linguistiques, car le baloutche est issu « d'un langage disparu, lié aux civilisations parthes ou mèdes qui fleurirent sur le bord et aux environs de la mer Caspienne à l'époque pré-chrétienne (2) ».

Les Baloutches étaient réputés pour être des guerriers. Leur migration du nord vers le sud de l'Iran actuel s'explique en partie par l'hypothèse selon laquelle le roi Khosrô Ier aurait choisi les tribus baloutches afin de protéger les frontières de l'empire perse (3). La conquête arabo-musulmane au VIIe siècle a par la suite engendré un exode progressif des tribus baloutches vers le sud-est iranien, dans la province actuelle de Kerman. L'invasion mongole au XIIe siècle a finalement contraint les Baloutches à émigrer encore plus vers l'est sur les terres de ce qui constitue aujourd'hui le Baloutchistan pakistanais (4).

Nasir Khan et le royaume unifié de Kalat

L'apogée de l'unité politique est liée au règne de Nasir Khan, qui établit en 1741 le premier État baloutche unifié (5). Le « royaume de Kalat », ancien nom historique du Baloutchistan, était en tout point semblable à un État moderne. Il possédait une Assemblée législative bicamérale, avec une Chambre basse composée des représentants des tribus, et une Chambre haute constituée des aînés (6). Le royaume avait une administration développée qui lui permettait de collecter efficacement l'impôt sur l'ensemble des territoires baloutches. Cela a du même coup incité les chefs tribaux à adopter un système militaire uniforme pour donner une base solide à l'armée baloutche (7).

L'État du Kalat était souverain jusqu'à la première guerre anglo-afghane en 1839. Les troupes britanniques ont alors envahi Kalat, ce qui eut pour conséquence le découpage du royaume en sept zones partagées par la Grande-Bretagne (8). Au lendemain de l'indépendance de l'Inde et du Pakistan, en 1947, les Baloutches déclarent à leur tour leur souveraineté tout en proposant un accord spécial avec les dirigeants pakistanais. Ceux-ci rejettent aussitôt l'offre et annexent de force Kalat l'année suivante (9). Cet épisode marque le début du mouvement nationaliste baloutche.

Des exigences restées sans réponse

Islamabad a toujours refusé les revendications autonomistes des Baloutches, dont l'ethnie occupe 43% du territoire pakistanais mais représente à peine 4% de la population nationale, soit environ 7 millions de personnes. L'ethnie des Panjabis, quant à elle, représente près de la moitié (45%) de la population du pays(10).

Comme l'explique le spécialiste Frédéric Grare du centre de recherche Carnegie en relations internationales, les revendications des Baloutches s'articulent autour de quatre thèmes (11). Le premier concerne la souveraineté. Le débat entourant le partage des pouvoirs a généré au fil des années des demandes allant de l'indépendance totale à l'autonomie régionale, en passant par un projet de confédération et la restructuration du pays en des provinces ethniquement homogènes. Les Baloutches exigent également une plus grande équité en matière d'allocation des ressources afin de pallier au sous-développement de la province. La question de l'équilibre démographique et celle des migrations interprovinciales sont aussi des sujets sensibles pour les nationalistes, ceux-ci craignant que la pression ne s'accentue davantage sur leurs ressources déjà limitées. Finalement, ils demandent une plus grande protection de la langue et de la culture des minorités.

Une source d'instabilité au Pakistan

Au Pakistan, l'appareil d'État est dominé par les élites panjabis, qui contrôlent notamment l'armée et la bureaucratie. Favorisés par leur nombre, les Panjabis veulent préserver un État islamique centralisé et rejettent le fédéralisme asymétrique souvent prôné par les groupes ethniques minoritaires. Les dirigeants pakistanais ont depuis toujours défendu une idéologie nationale basée sur l'intégration des minorités et le refus des appartenances ethniques (12).

Les relations se sont vite envenimées, si bien que de nombreuses révoltes ont éclaté à la suite de l'indépendance du Pakistan. Des soulèvements ont lieu en 1948, 1958 et 1962 contre la dictature militaire. L'opposition culmina dans une guerre qui a ravagé la province entre 1973 et 1977, faisant près de 8600 morts, dont 5300 du côté de la guérilla baloutche (13). Après l'insurrection, le gouvernement pakistanais avait fait la promesse d'améliorer la situation socioéconomique au Baloutchistan.

Le gouvernement central n'a finalement jamais tenu sa promesse. Le paradoxe baloutche persiste toujours. D'une part, les Baloutches souffrent d'un retard économique considérable par rapport à la majorité panjabi. Selon un rapport officiel, 47% de la population du Baloutchistan vit sous le seuil de la pauvreté (14). D'autre part, le sous-sol de la province regorge d'une abondance de ressources naturelles, dont près de 20% des ressources minières du Pakistan (15). La région subvient à la demande nationale en gaz naturel, mais l'accès au gaz est souvent restreint par le pouvoir central (16).

Le sous-développement chronique du Baloutchistan, combiné à la répression des gouvernements successifs, ont alimenté le sentiment d'aliénation des Baloutches. Le mouvement nationaliste a repris la lutte armée durant le premier mandat du président Pervez Musharraf (2004-2007), qui a sévèrement réprimé les combattants, considérés comme des terroristes oeuvrant pour le démantèlement du Pakistan (17).

Dans la mire des puissances asiatiques

L'occupation soviétique en Afghanistan (1979-1989) a révélé aux Occidentaux l'importance stratégique de la région. La province du Baloutchistan possède un littoral de 1500 km et offre un accès privilégié au golfe d'Oman et au détroit d'Ormuz, qui relie le golfe Persique à la mer d'Arabie (18).

Pour le Pakistan, la façade maritime du Baloutchistan représente une zone économique exclusive de 180 000 km2 potentiellement riche en matières premières. C'est également par le détroit d'Ormuz que transitent chaque année plus de 40% des exportations mondiales de pétrole (19). La position géographique du Baloutchistan, qui s'étend au sud-est iranien, suscite également des convoitises pour l'Iran, qui souhaite étendre son contrôle du transport maritime au-delà du détroit d'Ormuz. La région pourrait bien devenir le centre des relations commerciales entre la république islamique et les pays asiatiques (20). La province du Baloutchistan sert également de voie de passage des oléoducs et gazoducs en provenance d'Asie centrale (21). L'évacuation des ressources énergétiques de la mer Caspienne constitue un enjeu important pour les économies du centre asiatique, qui cherchent à diversifier leurs voies de sortie (22).

La construction du port de Gwadar symbolise l'enjeu géostratégique du Baloutchistan. Financé à 85% par Pékin, il permettrait au Pakistan de se rapprocher du détroit d'Ormuz et de s'imposer face à l'Iran. Pour la Chine, le port constituerait une réponse idéale au « dilemme de Malacca », le détroit indonésien où transitent les deux tiers des importations pétrolières chinoises dans des zones maritimes dominées par l'armée américaine (23).

Au-delà des dynamiques internes, la situation dans la province pakistanaise pourrait bien avoir une incidence internationale tant sur le plan politique, économique que géostratégique. On comprend donc à quel point le Baloutchistan, situé à la croisée des intérêts des puissances asiatiques, ne saurait être ignoré plus longtemps par l'Occident.




Accès à l'article complet, références comprises. Vous y trouverez également une chronologie du pays concerné.


Des événements en perspective


Il y a 6 ans, soit le 26 novembre 2008: Attentats terroristes à Mumbai, en Inde

Une série d'actes terroristes sont posés à Mumbai, en Inde, par un groupe formé de 10 extrémistes provenant du Pakistan. Leur action provoque des centaines de morts et contribue à relancer les tensions entre les deux pays voisins.

Des réalités à explorer

Des graphiques à interpréter





Et plus encore.

Il y a 66 ans, soit en 1948: [Taiwan] Sun Fo accède à la tête du gouvernement.
Il y a 54 ans, soit en 1960: [Nouvelle-Zélande] Keith Jacka Holyoake accède à la tête du gouvernement.
Il y a 32 ans, soit en 1982: [Japon] Yasuhiro Nakasone accède à la tête du gouvernement.
Il y a 26 ans, soit en 1988: [Congo (rep. dem.)] Léon Kengo Wa Dondo accède à la tête du gouvernement.
Il y a 16 ans, soit en 1998: [Lettonie] Vilis Kristopans accède à la tête du gouvernement.
Il y a 11 ans, soit en 2003: [Swaziland] Themba Dlamini accède à la tête du gouvernement.
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Il y a 15 ans, soit en 1999: [Croatie] Vlatko Pavletic accède à la tête de l'État
 Dir: Jean-Herman Guay Faculté des lettres et sciences humaines       Version 9.6 2014    ©Tous droits protégés     Bilan du siècle   Dimension