11 mars 1985 Accession de Mikhaïl Gorbatchev à la tête du Parti communiste soviétique Texte rédigé par l'équipe de Perspective Monde
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 Mikhaïl Gorbatchev |
Le décès du leader soviétique Konstantin Tchernenko, le 10 mars 1985, est suivi par l'accession de Mikhaïl Gorbatchev au poste de premier secrétaire du Parti communiste de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS).
Le règne de Tchernenko, mort à l'âge de 73 ans, n'a duré que 13 mois. Celui qui lui succède à la tête du PCUS, Mikhaïl Gorbatchev, n'a que 54 ans. La présidence du présidium du Soviet suprême, poste qu'occupait également Tchernenko, sera assurée par l'ex-ministre des Affaires étrangères, Andreï Gromyko. L'élection de Gorbatchev, qui est membre du Politburo depuis 1980, marquera un tournant dans l'histoire de l'URSS. Au cours de ses premiers mois au pouvoir, il consolidera ses appuis au sein de l'appareil politique et manifestera le désir de négocier la réduction des arsenaux nucléaires avec le président américain Ronald Reagan. Les deux hommes se rencontreront pour la première fois à Genève du 19 au 21 novembre 1985. Les années Gorbatchev seront également marquées par des bouleversements sur le plan domestique, notamment avec la politique de transparence (glasnost) et la restructuration de l'économie (perestroïka). Mikhaïl Gorbatchev succédera à Andreï Gromyko à la tête du présidium du Soviet suprême en octobre 1988. (Voir : Idée socialiste et perestroïka révolutionnaire) |
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K.S. Karol, « Le gamin de Moscou »
«...il est certain que si la vieille garde a accepté que Gorbatchev succède à Tchernenko, c'est faute de trouver un autre candidat crédible. Le gérontes du Kremlin ne peuvent que se méfier du « modernisme » de ce nouveau leader qui a fait tout son chemin après la mort de Staline, dans un climat d'affaissement idéologique et de déception économique. Mikhail Gorbatchev ne fera pas plus de miracle que ses prédécesseurs, mais il devrait au moins, s'il est vrai qu'il a une sensibilité proche de celle des économistes de Novossibirsk, cesser de masquer la vie réelle de l'U.R.S.S. par des discours sans contenu ni crédibilité. De toute manière, il représente l'une des dernières chances de succès d'une réforme venue « d'en haut », comparable à celle qu'avait tentée Nikita Khrouchtchev. Beaucoup de ses compatriotes le comparent à Khrouchtchev, et il n'a jamais rien fait pour décourager ce parallèle avec le leader déchu en 1964. »
Le Nouvel Observateur (France), 15 mars 1985, p. 33.
Jérôme Dumoulin, « Gorbatchev : ce qui va changer »
«...La mort en ce Kremlin : trios secrétaires généraux, septuagénaires, enterrés en deux ans et quatre mois. Puis, soudain, l'apparence du renouveau : l'arrivée au pouvoir d'un homme jeune, en pleine possession de ses moyens et dont la prudence a su, quand il le fallait, brider l'immense ambition. Et cela serait sans conséquence ? Difficile à croire. À 54 ans, Gorbatchev n'a participé ni aux crimes de ses prédécesseurs ni à leurs combats : ni aux massacres des koulaks, ni aux sanglantes purges staliniennes, ni à la « grande guerre patriotique ». Mais précisément, dira-t-on, n'est-il pas le pur produit du système soviétique, l'apparatchik modèle, l'homme le moins enclin à secouer cette grande maison du Parti, à laquelle Brejnev a donné sa forme achevée, ses murs solides et son intérieur douillet ? Il sera difficile, en tout cas, de déguiser Gorbatchev en maréchal, comme Brejnev ou Oustinov, ou même en réserviste des gardes-frontières, comme Tchernenko. Autre âge, autre style. Alors, va-t-on enfin pouvoir tabler sur la durée et sur le raisonnable, envisager une « ère Gorbatchev », où l'on verrait le mieux l'emporter petit à petit sur le pis ? »
L'Express (France), 22 mars 1985, p. 9.
Guy Cormier, « Ainsi commence l'ère Gorbatchev »
«...Le nouveau chef de l'Union soviétique n'est pas le communiste « au couteau entre les dents ». Parce qu'il n'a que 54 ans, parce qu'il est d'allure moderne, parce qu'il a voyagé, parce que sa tenue aux obsèques de Tchernenko a fait bonne impression sur les délégations étrangères, le nouveau maître suscite l'espoir. (...) Osons croire - et qui ne veut pas l'espérer ? - que l'arrivée de M. Gorbatchev annonce une période de paix et d'harmonie. Paix et harmonie en URSS, paix et harmonie dans le monde. Mais il faut rester réaliste. Il y a la personne du nouveau leader, que nul ne connaît vraiment, et il y a le système, que nous connaissons mieux. (...) Le système communiste est expansionniste et violent, et la direction du parti en URSS est collégiale. En sorte que M. Gorbatchev ne pourra certainement pas agir en isolé, ignorer l'avis de ses pairs, sans risquer des réactions hostiles à son leadership. Pour quelle raison, en outre, le nouveau leader chambarderait-il tout dans un empire qui connaît certes de très grands problèmes mais qui n'est pas aux abois ? »
La Presse (Québec, Canada), 15 mars 1985, p. A6.
Seweryn Bialer, Joan Afferica, « The Genesis of Gorbatchev's World »
«...Great expectations preceded the new general secretary into office. The enduring succession of a resolute and capable leader was heralded as a decisive event that would shape Soviet policies into the 21th century. Predictions were made of radical responses to grievous structural weaknesses of the Soviet economy and polity. After the long paralysis of Leonid Brezhnev's last years and the fleeting passage of Yuri Andropov and Konstantin Chernenko, a kind of hunger for dramatic change seized members of the Soviet elite as well as Western statesmen, analysts and journalists. Attributed to the new leader, by Soviet and Western observers alike, were personality traits and policy preferences that seemed logically to suggest and even to foretell a fundamental transformation of Soviet life. But how realistic are these expectations ? If leaders can better the fate of nations, they can also fall victim to the confining conditions of their social, political and economic environment. »
Foreign Affairs (États-Unis), vol. 64, no. 3, 1985, p. 605-606.
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Gouvernance et gouvernement [ 11 mars 1985 ]
| Pays | Niveau de démocratie | Chef de l'État | Chef du gouvernement |
 Russie | Faible | Vassili Kouznetsov | Nikolai Tikhonov |
Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).
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Évolution des composantes du système politique
| Profil | Gouvernants | Démocratie | Partis politiques |
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Chronologie [1980 - 1990]
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