12 février 1979 Début de la guerre civile au TchadTexte rédigé par l'équipe de Perspective Monde
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En août 1978, après plusieurs années de conflits au Tchad entre le Sud chrétien et le Nord musulman, le président sudiste Félix Malloum instaure un gouvernement bipartite et nomme le nordiste Hissène Habré premier ministre. L'attaque de la maison du premier ministre Habré par la police nationale, le 12 février 1979, met toutefois fin à la « réconciliation nationale ».
Depuis 1978, le Front de libération nationale du Tchad (FROLINAT), créé dans les années 1960 en réaction au régime autoritaire majoritairement sudiste, mène une vaste offensive contre les troupes gouvernementales. Bien que le FROLINAT de Goukouni Oueddeï soit divisé, et que la faction de Habré, les Forces armées du Nord (FAN), ait signé une trêve avec le gouvernement Malloum, la stabilité politique du Tchad reste précaire. L'attaque contre Habré, au début de 1979, creuse le fossé entre le FAN et l'État. Les extrémistes des deux camps entraînent toutes les factions armées du pays dans la guerre civile. Lorsque quatre civils français sont tués, l'ancienne métropole intervient avec ses parachutistes. La France soutient l'Armée nationale tchadienne (ANT) contre le FAN de Habré et le FROLINAT, soutenus par la Libye, qui a elle aussi des troupes stationnées au nord, dans la bande d'Aozou, depuis 1973. Le 19 février, une trêve est signée entre l'ANT et le FAN. Le 16 mars, une entente quadripartite est conclue à Kano, au Nigéria. Elle implique notamment le président Malloum, ainsi que Habré et Oueddeï. Dès le 20 mars, la France accepte les demandes du FROLINAT et retire graduellement ses troupes, une trêve étant assurée par le Cameroun, l'Empire centrafricain, la Libye, le Niger, le Nigéria et le Soudan. Le 23 mars, Oueddeï devient président d'un Conseil d'État provisoire de huit membres, comptant deux représentants de chaque faction. Le pacte est brisé au début d'avril, lors de la deuxième conférence de Kano, car cinq autres factions rebelles ne peuvent se joindre à l'entente. L'instabilité perdure au Tchad, au point où l'on surnomme les années 1982 à 1995 « l'ère des tortionnaires ». Le conflit prendra fin en 1994, après avoir fait 75 000 morts.
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Gouvernance et gouvernement [ 12 février 1979 ]
| Pays | Niveau de démocratie | Chef de l'État | Chef du gouvernement |
 Tchad | Transition | Félix Malloum N'Gakoutou | Hissen Habré |
 France | Intermédiaire | Valéry Giscard d'Estaing | Raymond Barre |
Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).
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Évolution des composantes du système politique
| Profil | Gouvernants | Démocratie | Partis politiques |
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Chronologie [1969 - 1989]
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