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29 novembre 2011

Élections en Nouvelle-Zélande: le Parti national réélu confortablement


Marilou Vigneau
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

mars
2019
Attentats terroristes en Nouvelle-Zélande

décembre
2016
Démission du premier ministre de la Nouvelle-Zélande, John Key

novembre
1993
Tenue d'un référendum sur le mode de scrutin en Nouvelle-Zélande

novembre
1989
Création de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique

décembre
1959
Signature d'un traité international protégeant l'Antarctique

septembre
1954
Création de l'Organisation du traité de l'Asie du Sud-Est

mai
1953
Ascension du mont Everest par Edmund Hillary et Tensing Norgay

septembre
1951
Signature du traité de l'ANZUS à San Francisco

juillet
1951
Lancement du plan de Colombo

novembre
1949
Élection du Parti national de Sidney Holland en Nouvelle-Zélande

Le 26 novembre 2011 ont eu lieu des élections générales et un référendum sur le système de vote en Nouvelle-Zélande. Les résultats préliminaires ont annoncé une large victoire du Parti national. En effet, John Key et son parti de centre droit seraient en train d'obtenir la majorité absolue au Parlement (1). Le décompte officiel donne 48% des sièges au Parti national contre 27.1% au Parti travailliste, 10.6% aux Verts et 6.8% au Parti New Zealand first. Ces résultats sans grande surprise, à cause de la popularité de monsieur Key dans les sondages, mettent un terme à une campagne haute en couleur (2).

Un mode de scrutin particulier

Tout d'abord, rappelons que le mode de scrutin avant les années 1900 était de type majoritaire à un tour. Or, ce dernier ne laissait que très peu de place aux petits partis. C'était donc presque toujours un seul parti qui remportait plus de la moitié des sièges au Parlement. Ensuite, de 1908 à 1913, la Nouvelle-Zélande s'est dotée d'un scrutin majoritaire à deux tours, avant de revenir à la formule précédente. À cause des multiples critiques qui sévissaient, incluant le fait que les résultats seraient biaisés, une commission royale a été mise en place en 1985 afin de remplacer ce système électoral par la représentation proportionnelle mixte (3). Finalement l'adoption du scrutin à la proportionnelle s'est faite en 1996 par voie référendaire (4).

Selon The Electoral Knowledge Network, avec ce système, on s'assure que les sièges issus de la représentation proportionnelle sont attribués pour compenser le caractère non-proportionnel des résultats des élections dans les circonscriptions. Par exemple, si un parti gagne 10 % des suffrages au niveau national, mais ne remporte aucune circonscription, on lui attribuera assez de sièges à partir des listes de représentation proportionnelle pour que sa représentation corresponde à 10 % des sièges de l'Assemblée législative. Cette méthode assure donc qu'un lien existe entre les représentants élus et les circonscriptions (5).

Un système politique indépendant

La Nouvelle-Zélande n'a pas de Constitution écrite. Le Constitution Act 1986 est le seul document officiel qui traite de la structure constitutionnelle du pays (6). La politique de la Nouvelle-Zélande se déroule dans le cadre d'une monarchie constitutionnelle à régime parlementaire. Le système ressemble beaucoup à celui de Westminster, typique au modèle britannique. En effet, le système implanté s'inspire de celui de l'ancien colonisateur, mais au cours du XXe siècle plusieurs modifications ont été apportées.

Le chef de l'État est la reine Élizabeth II de Nouvelle-Zélande. Autrefois associée à la monarchie britannique, la monarchie néo-zélandaise est maintenant dissociée de cette dernière depuis le New Zealand Royal Titles Act établie en 1953 (7). En pratique, les fonctions monarchiques sont exercées par un gouverneur général et le gouvernement est dirigé par le premier ministre élu par la population locale (8).

Le Parlement de la Nouvelle-Zélande est monocaméral et compte 120 représentants. L'ancienne Chambre haute a été abolie en 1951. Les élections se tiennent tous les trois ans (9). Depuis 2008, c'était John Key qui était au pouvoir avec un gouvernement de coalition. Celui-ci était composé du Parti national, du Parti libéral classique, du Parti Maori et, finalement, du Parti Futur uni. Monsieur Key avait mis fin à neuf ans de domination du Parti travailliste d'Helen Clark (10). La Nouvelle-Zélande est le seul pays au monde a avoir vu les plus hautes charges de l'État occupées par des femmes (11). En plus d'avoir eu des reines et des gouverneures générales, la Chambre des représentants et la Cour Suprême ont également été présidées par des femmes.

Une chaude campagne électorale

Dans la course aux élections, le Parti libéral classique, le Parti alliance, le Parti pour la Légalisation de la Marijuana, le Parti conservateur, le Parti démocrate, le Parti vert, le Parti travailliste, libertarien, Mana, Maori, National, le Parti New Zealand First et le Parti Futur uni étaient présents sur la liste électorale (12). Malgré tous ces partis en lice, le traditionnel bipartisme a prévalu et il n'y avait que deux candidats qui ressortaient du lot pour le poste de premier ministre, soit John Key et Phill Goff.

Lors des deux débats télévisés, les deux principaux candidats au poste de premier ministre ont dû débattre et répondre aux questions des journalistes qui tournaient autour de leurs politiques économiques respectives, de la problématique de la fuite des cerveaux vers l'Australie, de l'intervention néo-zélandaise en Afghanistan, du nouveau drapeau et finalement de leurs positions sur à l'environnement (13).

En plus de cette chaude course électorale, il y avait aussi un référendum sur le système de vote qui prenait place en même temps que les élections générales (14). Ce dernier a été rejeté, mais il est tout de même intéressant de constater à quel point il est sorti de nulle part. En effet, celui-ci ne faisait pas l'objet de grandes critiques et la tentative de le modifier par référendum n'a pas suscité beaucoup d'intérêt.

Et la minorité maorie dans tout ça?

On a reproché dans le passé au gouvernement néo-zélandais de ne pas considérer assez la minorité maorie. Aux élections législatives de 2005, on a donc créé un siège supplémentaire au Parlement occupé par le Parti Maori. Ces derniers, en tant que minorité, ont depuis 1867 un petit nombre de sièges réservés. Au fil du temps, leur mode de représentation parlementaire a évolué. Aujourd'hui, grâce au système de vote en vigueur, on a pu s'assurer que la proportion de députés maoris correspondait à la proportion de Maoris au sein de la population (15).

Avant les élections, le Parti Mana s'est ajouté à l'échiquier politique néo-zélandais. Se présentant comme le « parti du peuple », cette formation politique se veut une opposition à la politique de John Key et une représentation directe des intérêts du peuple maori. Vu comme le rebelle de la politique, ce parti a vu le jour en avril dernier. Hone Harawira, anciennement au sein du Parti Maori, s'est placé dès son origine contre le Parti Maori qu'il considère comme désuet (16).

Fort de cette victoire, la plus grande depuis soixante ans, John Key a annoncé qu'il comptait bien profiter de ce mandat pour mener à terme son plan économique. Il souhaite entre autres la privatisation des secteurs de la production électrique et de la compagnie aérienne nationale (17).




Références:

(1) AGENCES ÉLECTORALES DE LA NOUVELLE-ZÉLANDE. résultats préliminaires pour l'élection générale de 2011 et le vote pour le référendum sur le système de vote, 2011, [En ligne], http://www.elections.org.nz/study/news/preliminary... (page consultée le 20 novembre 2011)

(2)GAVELLE, Jérôme. Premier débat politique sur la route des élections en Nouvelle-Zélande, 2011, [En ligne], http://www.frogs-in-nz.com/Infos-VVT-Expat/Actuali... (page consultée le 20 novembre 2011)

(3)ROBERT. S. Nigel pour Te Ara l'encyclopédie de la Nouvelle-Zélande, Story-electoral system, 1 novembre 2011, [En ligne], http://www.teara.govt.nz/en/electoral-systems (page consultée le 22 novembre 2011)

(4)WILSON, John pour Te Ara l'encyclopédie de la Nouvelle-Zélande, Nation and governement- the electoral system, 14 novembre 2011, [En ligne], http://www.teara.govt.nz/en/nation-and-government/5 (page consultée le 22 novembre 2011)

(5)ACE The Electoral Knowledge Network, Système mixte avec compensation, 2011,[En ligne], http://aceproject.org/main/francais/es/esf03.htm?toc (page consultée le 20 novembre 2011)

(6)WILSON, John, op. cit.

(7)GOUVERNEMENT NÉO-ZÉLANDAIS, New Zealand Legislation: Acts, 2011, [En ligne], http://www.legislation.govt.nz/act/public/1974/000... (page consultée le 22 novembre 2011)

(8)THE ROYAL HOUSEHOLD, Queen and New Zealand, 2011, [En ligne], http://www.royal.gov.uk/MonarchAndCommonwealth/New... (page consultée le 20 novembre 2011)

(9)WILSON, John, op. cit.

(10)AGENCES ÉLECTORALES DE LA NOUVELLE-ZÉLANDE. Sièges gagnés par partis aux élections générales de 1996 à 2005, 2011, [En ligne], http://www.elections.org.nz/elections/resultsdata/... (page consultée le 20 novembre 2011)

(11)WILSON, John pour Te Ara l'encyclopédie de la Nouvelle-Zélande, Society- sex and gender, 3 mars 2009, [En ligne], http://www.teara.govt.nz/en/society/4 (page consultée le 22 novembre 2011)

(12)AGENCES ÉLECTORALES DE LA NOUVELLE-ZÉLANDE. Liste de partis, 2011, [En ligne], http://www.elections.org.nz/elections/candidates-a... (page consultée le 20 novembre 2011)

(13)GAVELLE, Jérôme, op. cit.

(14)AGENCES ÉLECTORALES DE LA NOUVELLE-ZÉLANDE. Référendum sur le système de vote, 2011, [En ligne], http://www.elections.org.nz/elections/2011-general... (page consultée le 20 novembre 2011)

(15)RODD, Adrien. « Du Maori blanc au biculturalisme? Évolution de la visibilité maori en Nouvelle-Zélande », Éditions l'Harmattan, 2010, pp. 103-104.

(16)CLERMONT, Géraldine. Un nouveau parti maori vient secouer l'échiquier politique, 2011, [En ligne], http://www.frogs-in-nz.com/Infos-VVT-Expat/Actuali... (page consultée le 22 novembre 2011)

(17) TAHITI INFOS. Élections en Nouvelle-Zélande: le parti au pouvoir reconduit confortablement, 28 novembre 2011, [En ligne], http://www.tahiti-infos.com/Elections-en-N-Zelande... (page consultée le 20 novembre 2011)

Dernière modification: 2011-12-05 10:11:36

-N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.
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