24 juin 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

16 novembre 2009

La malaria : des effets dévastateurs


Andréanne Gagné
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

août
2014
Annoce de l'Organisation mondiale de la santé sur le virus Ebola

mars
1996
Élection de Ahmad Tejan Kabbah à la présidence du Sierra Leone

mars
1967
Renversement du gouvernement en Sierra Leone

avril
1964
Décès du premier ministre de la Sierra Leone, Milton Margaï

mai
1963
Signature de la Charte constituant l'Organisation de l'unité africaine

Nous entendons beaucoup parler du VIH/Sida et de ses répercussions, entre autres sur le continent africain. Par contre, il y a plusieurs autres maladies qui atteignent un haut pourcentage des habitants de l'Afrique. Une de ces maladies qui affectent beaucoup cette population est la malaria. Celle-ci est la plus répandue des infections parasitaires observées dans le monde (1).

Un moustique pas comme les autres

La malaria, aussi appelée paludisme, est la transmission du parasite qui se fait par la piqûre d'un moustique, soit l'anophèle femelle. Le parasite attaque les globules rouges du système sanguin. C'est donc pour cela que, de façon exceptionnelle, la maladie peut se transmettre par transfusion sanguine (2). Elle peut également être transmise de la mère à l'enfant au cours de la grossesse. Après le passage hépatique où les parasites se multiplient, les globules rouges sont envahis à leur tour et ainsi de suite. À cause de cela, ce parasite peut être aussi transmissible par transplantation d'organes ou encore avec le partage d'aiguilles ou de seringues contaminées par le sang (3). Ce parasite peut détruire des milliers de globules rouges en seulement quelques heures. L'agent infectieux responsable est un parasite du genre Plasmodium (4). Plusieurs espèces de Plasmodium peuvent infecter l'homme, mais la plus connue est la Plasmodium falciparum qui représente l'espèce la plus fréquente et la plus dangereuse.

Dans le cas des pays africains, la malaria touche beaucoup les enfants. À cause de leur petite constitution et de l'immaturité de leur système immunitaire, les enfants courent un risque particulièrement élevé de souffrir de graves symptômes ou même d'en mourir(5). Les symptômes les plus courants sont : la fièvre, des nausées, des vomissements, de la fatigue, des douleurs aux muscles et, parfois, il y a apparence de jaunisse(6). Ce dernier symptôme peut paraître surprenant, mais puisque les parasites s'attaquent directement au sang et qu'ils causent une perte énorme de globules rouges, cela donne moins de couleur à la peau et entraîne une jaunisse. Il y a encore plusieurs autres symptômes qui peuvent apparaître, mais ceux mentionnés ci-haut sont de loin les plus fréquents et les plus ressentis sur les gens atteints de cette maladie. Les symptômes apparaissent de huit à vingt jours après la piqûre du moustique. Certains n'en ressentent les conséquences que des années plus tard.

Étant donné que ces parasites restent longtemps dans le sang, cela a des conséquences énormes sur le fonctionnement des personnes atteintes. Comme mentionné précédemment, les enfants africains sont les plus touchés par la malaria. Beaucoup d'enfants qui y survivent souffrent d'anémie persistante, de paralysie, ou encore subissent des dommages permanents au cerveau (7).

Des chiffres qui font peur

Les pays les plus touchés par la malaria sont des pays chauds. Le parasite est présent dans toutes les régions intertropicales chaudes et humides à l'exception des Antilles françaises, de Tahiti, de la Réunion et de la Nouvelle-Calédonie (8). L'anophèle est absente des agglomérations urbaines d'Amérique du Sud et d'Asie du Sud-est, ainsi que des zones traversées par les circuits touristiques en Extrême-Orient (9). On a notamment décrit des cas de paludismes d'aéroports dans certaines régions du monde, principalement en France. Ces paludismes, dit d'aéroports, sont en fait les moustiques qui sont transportés dans la soute à bagages d'un avion qui provient d'un endroit tropical. Il est certain que ces parasites vivent dans la chaleur, donc ne survivraient pas au grand froid canadien.

Les statistiques de cette maladie ont de quoi en surprendre plus d'un. En Afrique, la malaria est la principale cause de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans. Un enfant meurt de la malaria toutes les trente secondes, soit plus de 750 000 enfants chaque année (10). Selon l'OMS, on dénombre, chaque année, entre 300 et 500 millions de cas de paludisme. Cette maladie cause la mort de 1,5 à 2,7 millions de personnes par an. L'Afrique subsaharienne, qui compte 530 millions d'habitants, est la région où le taux d'infection est le plus élevé. Dans cette partie de l'Afrique, le paludisme tue au moins un million de personnes chaque année. Selon certaines estimations, 275 millions de personnes qui y habitent sont porteuses du parasite mais ne présentent pas nécessairement de symptômes (11). Ces statistiques font beaucoup réfléchir quant à l'ampleur du paludisme dans le monde.

Une voie vers la guérison ?

Il existe des médicaments que l'on peut prendre en voyage pour se protéger de la malaria. Pour ce qui est des pays infectés par ce parasite, il y a eu des avancées scientifiques majeures concernant la conception d'un vaccin qui peut réduire les risques contre la forme non compliquée du paludisme. Dans une étude de faisabilité à paraître dans The Lancet, des chercheurs rapportent que le candidat vaccin de GlaxoSmithKline Biologicals, RTS,S/AS02A, a protégé un pourcentage significatif d'enfants contre la forme non compliquée du paludisme, contre l'infection, et même contre les formes sévères de la maladie, et ce pendant au moins six mois (12). De plus, en 2008, Bill Gates a fait un don énorme de 168 millions de dollars américains pour développer un vaccin contre la malaria(13). Ce don fait partie du budget de 3 milliards de dollars des Nations unies pour combattre la maladie la plus redoutée en Afrique.

Plusieurs organismes ramassent également des fonds pour soutenir cette cause. Parmi eux, un organisme québécois retient l'attention. Filet d'espoir est un organisme qui a été fondé à la suite d'une visite des personnalités canadiennes Belinda Stronach et Rick Mercer en Afrique en 2006 en compagnie du Professeur Jeffrey D. Sachs, directeur du Projet Objectifs du Millénaire des Nations unies et de l'Institut des sciences de la Terre de l'Université Columbia. Ils ont constaté sur place les effets dévastateurs de la malaria, et ont pris conscience de la solution très simple, mais inaccessible pour des milliers de familles africaines : les moustiquaires pour le lit (14). Leur objectif est de 500 000 filets à distribuer et ils sont rendus à 410 000. Chaque filet a un coût de dix dollars.

Pour conclure, le paludisme est une maladie peu connue pour ses répercussions, mais qui est pourtant très dévastatrice dans plusieurs régions du monde, notamment en Afrique. Elle n'a pas seulement des conséquences sur la santé des gens, mais aussi sur l'économie des pays. Dans les pays africains les plus touchés, la malaria réduit considérablement la croissance économique, jusqu'à 1,3 pour cent par année. Chaque année, elle engendre des frais en soins de santé et une perte de productivité qui s'élève à plus de 14 milliards de dollars(15). La situation peut paraître relativement stable pour l'instant, parce que les statistiques ne bougent pas ou presque peu. Mais si personne ne fait rien, dans vingt ans, on estime que ces chiffres pourraient doubler (16).




Références:

1. DOCTISSIMO, Le paludisme, http://www.doctissimo.fr/html/sante/encyclopedie/s... [En ligne], page consulté le 07.11.2009.

2. Loc. cit

3. NAYTHONS, Matthew et Peter GOGGIN, Each year more than 1 million children die from malaria... you can help..., Malaria.com, http://www.malaria.com [ En ligne], page consulté le 05.11.2009.

4. DOCTISSIMO, Op.cit.

5. VULGARIS-MEDICAL, Malaria (généralités), http://www.vulgaris-medical.com/encyclopedie/malar... [En ligne], page consultée le 05.11.2009.

6. Loc.cit

7. UNICEF QUÉBEC, Un filet d'espoir, http://www.spreadthenet.org/c_learn_malaria_fr/aspx [En ligne], page consultée le 06.11.2009.

8. DOCTISSIMO, Op.cit.

9. Loc.cit.

10. UNICEF QUÉBEC, Op cit.

11. DESOWITZ, Robert S., The Malaria Capers, http://archive.idrc.ca/books/reports/1996/01-07f.html [En ligne], page consultée le 08.11.2009.

12. MALARIA VACCINE INITIATIVE, Un partenariat public/privé débouche sur une avance scientifique majeure dans le développement d'un vaccin anti-paludique, http://www.malariavaccine.org/files/Montreaux%20Me... [En ligne], page consultée le 10.11.2009.

13. WROUGHTON, Leslie, Gates gives $ 168M for malaria vaccines research, The National Post, http://www.nationalpost.com/life/health/story.html?id=841805 [En ligne], page consultée le 14.11.2009.

14. UNICEF QUÉBEC, Op cit.

15. Loc. cit.

16. Loc.cit.

Dernière modification: 2009-11-23 08:51:33

-N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.
Notes de recherche

Islam et antiaméricanisme: le premier nourrit-il le second?
Une analyse empirique sur la base de l'Arab Barometer de 2013.
Jean-Herman Guay, Sami Aoun et Eugénie Dostie-Goulet.

Le vote des jeunes: les motifs de la participation électorale au Canada
Une analyse empirique sur la base de données recueillies en 2011
Jean-Herman Guay, Anthony Desbiens et Eugénie Dostie-Goulet.

Cohérence idéologique et classes sociales: la pertinence de l'axe gauche/droite
Une analyse empirique sur la base du World Values Survey
Jean-Herman Guay.

Les impacts idéologiques des facteurs sociodémographiques en Amérique latine
Une analyse empirique sur la base du World Values Survey
Laurie Morelli-Valiquette.

Nouveau management public et notation financière souveraine: réévaluation de la prépondérance des valeurs hoodiennes dans la gestion de l'État
Une analyse empirique
Alexandre Millette.

Autres analyses

Élections serrées au Sierra Leone et soif de changement
>septembre 2018


Élections au Sierra Leone : changement ou continuité?
>janvier 2018


Ebola : les enseignements d'une lutte à poursuivre
>février 2015


Sierra Leone : le vrai défi
>février 2013


La malaria : des effets dévastateurs
>novembre 2009


La Sierra Leone noyée
>octobre 2009


Les diamants furent la cause de la guerre civile en Sierra Leone
>novembre 2008


La Sierra Leone : D'une dictature à une éventuelle démocratie
>septembre 2007


Les défis de la Sierra Leone : insurmontables?
>novembre 2006


Pour la liste complète de nos bulletins sur l'actualité, consultez la rubrique analyse. Ces bulletins sont rédigés par des étudiants et étudiantes du programme d'Études politiques appliquées de l'Université de Sherbrooke. La recherche et la rédaction sont supervisées par notre rédacteur en chef Serge Gaudreau.

Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016