Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

18 décembre 2018

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5 February 2005

Un homme et son état de l'Union


Guillaume Lacasse
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

November
2018
Élections de mi-mandat aux États-Unis

July
2018
Rencontre à Helsinki entre le président des États-Unis, Donald Trump, et le président russe Vladimir Poutine

June
2018
Tenue d’un sommet entre le président américain Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-un

March
2018
Intensification d’une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine

December
2017
Annonce du président américain Donald Trump sur Jérusalem

September
2017
Ouragans sur les Caraïbes

August
2017
Déferlement des ouragans Harvey et Irma sur le sud des États-Unis

January
2017
Adoption d’un décret exécutif sur l’immigration aux États-Unis

January
2017
Assermentation de Donald Trump à la présidence des États-Unis

November
2016
Élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis

September
2016
Apparition de l'ouragan Matthew

June
2016
Attentat meurtrier dans une boîte de nuit d'Orlando, aux États-Unis

March
2016
Début de la visite du président américain Barack Obama à Cuba

January
2016
Dévoilement de données confirmant l'établissement d'un record de chaleur en 2015

October
2015
Signature du Partenariat transpacifique à Atlanta, aux États-Unis

December
2014
Annonce des présidents des États-Unis et de Cuba sur les relations entre leurs pays

November
2014
Entente entre les États-Unis et la Chine sur la lutte aux changements climatiques

September
2014
Tenue d'une marche en faveur de la lutte aux changements climatiques

November
2012
Réélection de Barack Obama à la présidence des États-Unis

Bilan de l'année 2005, projection des politiques qui seront mises en place au cours de l'année à venir. Le sixième discours du 43e président américain, George W. Bush, sur l'état de l'Union, se veut plus conservateur et rassurant que les précédents. Lorsqu'il prononça son discours le 1er février 2006, la cote de popularité du président auprès de son électorat n'avait jamais été aussi basse. En effet, selon trois sondages nationaux qui furent publiés quelques jours avant sa présence devant les caméras nationales, monsieur Bush, on estimait que 57% de la population américaine était insatisfaite des actions entreprisses par le président. Ces chiffres confirment donc la chute libre de la gouvernance républicaine à qui les enquêtes d'opinions de novembre 2005 accordaient un taux de satisfaction de 3% supérieur à ceux de janvier 2006. Cette tendance négative se reflète aussi sur les questions d'ordre économique pour lesquelles 52% des Américains désapprouvent les agissements de monsieur Bush (1).

Véritable annus horribilis pour la Maison-Blanche, l'année 2005 fut marquée par une succession de scandales et troubles pour l'administration Bush. Avec la popularité la plus basse de l'après-guerre, à l'exception de la période du Watergate sous Richard Nixon, on peut aisément expliquer les raisons de cette dégringolade politique. (2)

Tout d'abord, il y a eu cette fuite provenant de l'administration Bush qui révélait l'identité d'un agent double de la CIA. Cette agente était mariée à l'ex-ambassadeur qui avait fourni, le rapport démentissant l'achat d'uranium enrichi par l'Irak en Afrique subsaharienne. Par la suite, il y a eut des accusations de corruption qui éclaboussent maintenant d'éminentes personnalités du Parti républicain. Sans oublier l'autorisation du président à perpétrer au nom de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme des écoutes électroniques sans mandat judiciaire : « Nous ne resterons pas assis et n'attendrons pas d'être frappés de nouveau » affirma-t-il à cet égard (3). Pour conclure, la découverte de l'existence de prisons secrètes utilisées par la CIA, parions que le respect du traité de Genève n'était pas une priorité.

Toujours dans cet même ordre d'idée, il ne faudrait pas oublier le bourbier irakien dans lequel l'armée américaine est prise et qui continu d'affliger le gouvernement américain. Enfin, la mauvaise gestion de crise après le passage de l'ouragan Katrina a laissé un goût amer pour de nombreux Américains qui ne manqueront pas de rappeler à l'actuel président leur mécontentement lors des élections de mi-mandat (4). Redorer le blason de l'homme fort des États-Unis, voilà la mission première de ce discours qui revêtait plusieurs aspects.

Souvent critiqué pour la réduction des budgets en matière de programmes sociaux et d'éducation, George Bush tente de remédier à cela. C'est dans cet optique qu'il fit la promesse d'injecter 136 milliards $US sur 10 ans dans le système d'éducation où l'accent sera mis sur les sciences et la formation de 70 000 nouveaux enseignants (5).

Ne pouvant se soustraire au constat que « l'Amérique est dépendante du pétrole », le président américain a émis l'impératif de « remplacer plus de 75% de nos importations de pétrole du Moyen-Orient d'ici 2025». Afin de parvenir à un tel résultat, il se prononça en faveur du développement et de la recherche concernant les énergies de substitution (6). Lors de ce même discours, il conclut que « la meilleure façon de briser cette dépendance était par l'entremise de la technologie ». C'est donc dans cette optique que le gouvernement américain augmentera de 22% les fonds dédiés à la recherche énergétique, tant au niveau du nucléaire que des énergies renouvelables (7).

« Il n'y a pas de paix dans la retraite. [?] Et il n'y a pas d'honneur dans la retraite » C'est ainsi que le président, lors de son allocution, a défendu l'invasion irakienne et sa virulente lutte contre le terrorisme. De plus, il a répondu à ses détracteurs qui doutaient des raisons pour lesquelles il a engagé le combat en Irak. En restant très évasif et en évitant de parler de la raison première qui a mené les troupes américaines au Moyen-Orient, les armes de destructions massives, le président Bush soutenu que « le bon sens après coup , seul, ne constitue pas la sagesse ». Il rajouta que « si nous laissions ces cruels attaquants en paix, ils ne nous laisseront pas en paix. » C'est ainsi qu'il continua de marteler l'idée de la division claire entre le bien et le mal, réitérant que les États-Unis représentaient l'incarnation du bien (8).

Bien sûr, le dossier palestinien ne put être passé sous silence, Bush réitéra une fois de plus la position américaine qui appelle le Mouvement de la résistance islamique à « reconnaître Israël, désarmer, rejeter le terrorisme et ?uvrer à une paix durable. ». L'Iran, autre pierre angulaire de l'axe du mal, fut elle aussi sujette de critiques relativement sa décision de recommencer son programme d'enrichissement d'uranium. Monsieur Bush lança un message clair : « Le gouvernement iranien défie le monde avec ses ambitions nucléaires, et les nations du monde ne doivent pas permettre que le régime iranien se dote d'armes nucléaires » (9).

Après un discours qui s'étala sur une cinquantaine de minutes, les critiques des représentants du congrès et des sénateurs ne tardèrent pas à fuser de toute part. Pour les démocrates, le verdict était clair, le discours présidentiel était loin des préoccupations de la classe moyenne et n'apportait aucune solution concrète aux différents problèmes qui affligent le pays. Selon le Sénateur démocrate Carl Levin, le « discours avait une vision à long terme, cependant peu de ressources étaient disponibles pour l'implantation de cette vision ». Bien loin d'acquiescer à cette opinion, le représentant républicain de la Pennsylvanie, Tim Murphy, croit que cette allocution revêtait « plusieurs points intéressants, spécialement en rendant les États-Unis plus indépendants énergiquement, ainsi le pays ne dépendra plus de régimes hostiles » (10). Politiquement affaibli, le président américain qui incarnait cette figure emblématique de sécurité et de force semble soudain dévoiler un essoufflement que laissent transparaître dans les récents sondages.




Références:

1- Agence France presse (AFP). Impopulaire, Bush entend dire aux Américains [?], [en ligne], 31 janvier 2006, [sans lieu], http://www.biblio.eureka.cc.ezproxy.usherbrooke.ca... consulté le 2 janvier 2006.

2- Agence France presse (AFP). Impopulaire, Bush entend dire aux Américains [?], [en ligne], 31 janvier 2006, [sans lieu], http://www.biblio.eureka.cc.ezproxy.usherbrooke.ca... consulté le 2 janvier 2006.

3- SIROIS, Alexandre. Discours sur l'état de l'Union, [en ligne], 1 février 2006, [s.l.], http://www.biblio.eureka.cc.ezproxy.usherbrooke.ca... consulté le 2 janvier 2006.

4- Le Point. À Washington, le président vient de livrer son 5e discours [?], [en ligne], 31 janvier 2006, [s.l.], http://www.biblio.eureka.cc.ezproxy.usherbrooke.ca... consulté le 2 janvier 2006.

5- SIROIS, Alexandre. Discours sur l'état de l'Union, [en ligne], 1 février 2006, [s.l.], http://www.biblio.eureka.cc.ezproxy.usherbrooke.ca... consulté le 2 janvier 2006.

6- HUNT, Terence. George W. Bush veut affranchir les Etats-Unis de leur « dépendance » [?], [en ligne], 1 février 2006, [s.l.], http://www.biblio.eureka.cc.ezproxy.usherbrooke.ca... consulté le 2 janvier 2006.

7- BBC NEWS, Bush urged end to oil « addiction », [en ligne], 1 février 2006, [s.l.], http://news.bbc.co.uk/2/hi/americas/4665758.stm, consulté le 2 janvier 2006.

8- HUNT, Terence. État de l'Union : George W. Bush défend la guerre en Irak [?], [en ligne], 31 janvier 2006, [s.l.], http://www.biblio.eureka.cc.ezproxy.usherbrooke.ca... consulté le 2 janvier 2006.

9- HOLLAND, Steve, Discours sur l'état de l'Union, [en ligne], 1 février 2006,[s.l.], http://www.biblio.eureka.cc.ezproxy.usherbrooke.ca... consulté le 2 janvier 2006.

10- BBC NEWS. In pictures: State of the Union reaction, [en ligne], 1 février 2006, [s.l.], http://news.bbc.co.uk/nol/shared/spl/hi/pop_ups/06... consulté le 2 janvier 2006.

Dernière modification: 2007-05-02 07:13:22

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