Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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17 January 2010

Les Boliviens ont dit oui à Morales


Louis-Maxim Toutant
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

December
2005
Élection d'Evo Morales à la présidence de la Bolivie

October
1982
Accession de Hernan Siles Zuazo à la présidence de la Bolivie

August
1980
Signature du traité de Montevideo entre les pays de l'Alalc

July
1978
Renversement du gouvernement de Hugo Banzer en Bolivie

November
1975
Déclenchement de l'opération Condor

August
1971
Coup d'État contre le président Jose Torres en Bolivie

May
1969
Création du Pacte andin

April
1969
Décès du président bolivien René Barrientos Ortuño

October
1967
Exécution d'Ernesto «Che» Guevara

February
1960
Signature du traité de Montevideo créant l'Association de libre-échange de l'Amérique latine

December
1959
Création de la Banque interaméricaine de développement

April
1952
Accession de Victor Paz Estenssoro à la présidence de la Bolivie

March
1948
Création de l'Organisation des États américains

September
1947
Signature du Traité interaméricain d'assistance réciproque à Rio de Janeiro

July
1946
Renversement du président bolivien Gualberto Villarroel

Le 6 décembre 2009, environ 5 millions d'électeurs ont été appelés aux urnes afin d'élire un nouveau président ou de donner un deuxième mandat au président sortant, Evo Morales. Les électeurs se sont aussi prononcés pour renouveler leur Parlement, l'Assemblée législative plurinationale.

Un second mandat pour le président

Avec un taux de participation d'environ 90%, Evo Morales, le candidat socialiste, a remporté l'élection présidentielle au premier tour avec 61% des suffrages contre 23% pour son adversaire conservateur, Manfred Reyes Villa. La troisième place revient à Samuel Doria Medina, un riche homme d'affaires qui a obtenu 6% des voix. Cinq autres candidats étaient aussi en lice (1).

La Constitution bolivienne avait été changée le 25 janvier 2009 à la suite d'un référendum qui avait grandement divisé le pays ; il y a alors eu plusieurs cas de violence entre les partisans et les opposants du président (2). La nouvelle Constitution a donné le droit à Evo Morales de se présenter pour un second mandat en plus de permettre un renforcement du rôle de l'État, une décentralisation du pouvoir et un meilleur respect des droits des indigènes (3).

À la suite de ce référendum, 55 000 militaires et policiers ont été déployés afin d'assurer le bon déroulement du scrutin (4) en plus de 230 observateurs de l'Organisation des États américains (5). Le scrutin s'est déroulé dans un calme relatif, le haut commissariat des Nations unies pour les droits de l'homme a recensé une douzaine de cas de violence (6).

Une Assemblée à gauche

En plus de l'élection présidentielle, les électeurs se sont prononcés pour renouveler le mandat des 130 députés de la chambre basse et des 36 sénateurs de la chambre haute. Le parti de Morales, le Mouvement vers le socialisme (MAS), a obtenu une majorité absolue dans les deux chambres. Le président a donc remporté son pari de faire élire une majorité de deux tiers au Sénat, ce qui permet au MAS de pouvoir de proposer unilatéralement des amendements à la Consitution (7).

La victoire à l'Assemblée législative lui permettra de faciliter ses réformes de modernisation de l'économie, comme l'utilisation de l'argent du pétrole et du gaz naturel afin de financer les dépenses sociales. La Bolivie est le premier producteur de gaz naturel de l'Amérique latine. Cela lui permettra aussi d'entreprendre une réforme de l'industrie en favorisant le développement de produits à valeur ajoutée à des fins d'exportations qui sont plus rentables que l'exportation directe de matière première. Des mesures qui, selon Morales, permettront de faire reculer la pauvreté (8).

La Bolivie est un État fortement dépendant de l'exportation des matières premières, 70% de l'économie est souterraine et 60% des 10 millions d'habitants vivent sous le seuil de la pauvreté (9). La principale raison de la popularité de Morales est qu'il est en faveur d'une plus grande représentativité des autochtones dans les institutions gouvernementales, lui même étant le premier président autochtone du pays. Aussi, des mesures comme la nationalisation du gaz et du pétrole ainsi que la redistribution de 9 millions d'hectares aux paysans, ont moussé sa popularité (10). Le scrutin a aussi révélé une augmentation de la popularité du président dans les bastions de l'opposition et dans la classe moyenne (11).

Les opposants de Morales accusent le président de tendre vers le totalitarisme et d'avoir fait augmenter la production de cocaïne au cours de son premier mandat. Cela, en plus des rapports étroits qu'il entretient avec le Venezuela de Hugo Chavez, rend les relations avec Washington précaires. Pour sa part, Villa, qui est arrivé second au scrutin présidentiel, veut former une opposition constructive et surveiller l'administration de Morales contre les dérives autoritaires (12).




Références:

1 - BRICE, Arthur, Gloria Carrasco, Morales re-elected in Bolivia, CNN world, 6 décembre 2009, http://www.cnn.com/2009/WORLD/americas/12/06/boliv... (page consultée le 7 janvier 2010)

2 - LAROSE, Maxime, La nouvelle constitution divise la Bolivie, Perspective monde, 1 février 2009, http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BM... (page consultée le 7 janvier 2010)

3 - Euronews, Evo Morales en passe d'être réélu, l'enjeu est ailleurs pour le bolivien, Euronews, 6 décembre 2009, http://fr.euronews.net/2009/12/06/evo-morales-en-p... (page consultée le 7 janvier 2010)

4 - MERCADO, David (Reuters), Le président de la Bolivie se prépare à une tranquille réélection ce dimanche, L'Express.fr, 6 décembre 2009, http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/ev... (page consultée le 7 janvier 2010)

5 - Euronews, Jour J pour les boliviens et l'avenir de leur pays, 6 décembre 2009, http://fr.euronews.net/2009/12/06/jour-j-pour-les-... (page consultée le 7 janvier 2010)

6 - MERCADO, David, Op. Cit.

7 - Courrier international, Evo Morales gagne la présidentielle, 7 décembre 2009, http://www.courrierinternational.com/breve/2009/12... (page consultée le 7 janvier 2010)

8 - L'Express.fr, Reuters, Evo morales réélu président en Bolivie, lexpress.fr, 7 décembre 2009, http://www.lexpress.fr/actualite/monde/evo-morales... (page consultée le 7 janvier 2010)

9 - STEFANONI, Pablo, Evo Morales va passer aux choses sérieuses, courrier international, 3 décembre 2009, http://www.courrierinternational.com/article/2009/... (page consultée le 7 janvier 2010)

10 - Ibid.

11 - Euronews, Jour J ..., Op. Cit.

12 - Ibid.

Dernière modification: 2010-01-25 07:53:42

-N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.

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