Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

18 décembre 2018

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9 June 2010

Les relations sino-américaines


Gilles Vandal
historien,
Ph.D.
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

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Traiter des relations sino-américaines à partir de Pékin me fournit une perspective unique. En effet, j'ai l'occasion d'effectuer mon deuxième voyage en Chine en cinq ans. Je suis donc à même de constater sur le terrain les transformations économiques survenues dans ce pays depuis les dix ou quinze dernières années. D'ailleurs, ces dernières ont été si impressionnantes que l'économiste et prix Nobel américain Joseph Stiglitz les a qualifiées de plus grand progrès réalisé par une société humaine depuis le début de la civilisation.

Entre-temps, la Chine est devenue le premier partenaire commercial des États-Unis et était en juin 2009 le principal créditeur de la dette publique américaine avec 915 milliards de dollars. Bien que la Chine ne représente encore que 7% du PIB mondial, comparé à 22% pour les États-Unis, plusieurs spécialistes américains croient que la Chine dépassera les États-Unis comme puissance économique vers 2030. Mais pour beaucoup d'Américains, cela est déjà fait. Un récent sondage Pew-CFR dévoilait le pessimisme grandissant des Américains à cet égard, en révélant que 44% d'entre eux voyait maintenant la Chine comme la première puissance économique mondiale, alors que seulement 27% accordait cette position aux États-Unis.

Dans cette perspective, les États-Unis doivent inéluctablement prendre acte de ce fait: la Chine est devenue un joueur incontournable de la scène mondiale. D'ailleurs, c'est ce que Barack Obama fit dès le début de son administration. Le président Obama a tenté d'ouvrir une nouvelle ère de coopération avec la Chine. Il a alors déclaré que les relations bilatérales entre les deux pays allaient façonner le 21e siècle. Les deux pays ont donc un intérêt commun à revoir leurs priorités stratégiques et économiques respectives dans le cadre d'un dialogue fructueux.

Les dix premiers mois de l'administration Obama ont été ainsi marqués par un grand effort pour améliorer les relations entre les deux pays. Toutefois, la situation commença à se détériorer à la suite de la visite du président américain en Chine en novembre 2009. Obama fut alors critiqué par une portion de la presse américaine pour ne pas avoir abordé officiellement la question des droits de l'homme et pour son incapacité à obtenir de Pékin l'adoption d'une position plus ferme à l'égard de l'Iran et la Corée du nord. L'administration Obama vit ensuite ses efforts pour parvenir à un accord significatif sur le climat lors du sommet de Copenhague bloqués par la position ferme de la Chine.

Les relations sino-américaines connurent ainsi un hiver 2009-2010 marqué par une série de discordes qui provoquèrent la colère de Pékin: vente de 6,4 milliards de dollars d'armes défensives à Taïwan, rencontre privée d'Obama avec le dalaï-lama, soutien à Google, critique de la censure chinoise, controverse sur la valeur du Yuan, accusations de manipulation de la monnaie, différends commerciaux, etc.

Entre-temps, la Chine répliqua à ces diverses décisions américaines en se délestant de près de 20% de sa part de la dette publique américaine, passant ainsi à 755 milliards de dollars. En février 2010, la Chine avait ainsi glissé au deuxième rang, après le Japon, dans la liste des plus grands créditeurs de la dette publique des États-Unis.

Le caractère problématique des relations sino-américaines ne réside pas dans un manque de canaux de communication. Il existe une variété de mécanismes pour discuter des différends entre les deux pays. Le problème se pose en termes de vision stratégique de part et d'autre. Alors que les autorités américaines ont tendance à penser que ce qui est bon pour les États-Unis est bon pour le reste du monde, y compris la Chine, cette dernière possède une vision inversée de la même réalité.

Pour l'administration Obama, les questions de la prolifération nucléaire, la liberté d'expression, les droits de l'homme ou du changement climatique sont des problèmes mondiaux que la Chine devrait collaborer à solutionner. Mais pour la Chine, tout le problème découle plus du fait que les États-Unis n'auraient pas changé leur politique depuis plus de 30 ans dans beaucoup de dossiers, qu'ils n'auraient pas reconnu les efforts effectués par la Chine pour soutenir l'économie américaine durant la récente crise et qu'ils ne seraient pas disposés à reconnaître le nouveau statut de la Chine sur la scène internationale.

À la fin mars 2010, les deux pays décidèrent de mettre en sourdine leurs différends ayant tous deux trop à perdre dans une querelle sans fin. Obama a alors réaffirmé sa détermination de développer des relations positives avec la Chine. Entre-temps, la Chine proposa un dialogue sur une base égalitaire afin d'atténuer les tensions bilatérales. La rencontre entre Obama et Hu Jintao, lors du sommet sur la question du contrôle nucléaire, à la mi-avril se fit sous le signe de la réconciliation.

Cela dit, les relations sino-américaines sont appelées à maintenir dans les prochaines décennies un caractère aigre-doux et seront marquées par une dynamique qui dépasse une simple question de perception. Les deux pays ont des priorités différentes. Si certaines de ces priorités peuvent être partagées, d'autres vont inévitablement entrer en conflit. De plus, les deux pays sont assujettis à des pressions structurelles internes et externes différentes. Au moins, pour le moment, ils cherchent à éviter de se froisser.



Dernière modification: 2013-03-21 15:49:40

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