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21 avril 2010

Les présidentielles américaines de 2012 : le facteur Palin


Gilles Vandal
historien,
Ph.D.
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

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Pour beaucoup, il peut sembler étrange de commencer déjà à spéculer sur les présidentielles américaines de 2012, alors que nous sommes encore à 36 mois de ces dernières. Mais depuis les années 1950, les campagnes électorales américaines ont pris un caractère permanent. Barack Obama avait commencé dès le printemps 2006 à supputer ses chances pour 2008. Et les commentateurs et observateurs de la scène politique américaine ont commencé à le faire pour 2012. C'est aussi dans cet esprit que des candidats potentiels comme Mitt Romney, ancien gouverneur du Massachussetts, ou Tim Pawlenty, gouverneur du Minnesota, participent depuis plusieurs mois à différents événements partisans.

Parmi tous les candidats républicains potentiels, il ne faut surtout pas oublier Sarah Palin, ancienne gouverneure de l'Alaska et ancienne candidate à la vice-présidente en 2008. Son rôle dans les présidentielles de 2008 a été pour le moins controversé et a fait ressortir davantage ses défauts que ses qualités. Aussi, les observateurs sont nombreux à croire que ses chances sont minces en 2012.

En juillet 2009, la gouverneure Palin fut très critiquée pour avoir démissionné de son poste après seulement 30 mois en fonction. Pour certains, cette décision était irrationnelle et mettait fin à toute chance d'une éventuelle candidature nationale. Sa popularité a alors atteint son taux le plus pas. Mais après coup, cette décision a des chances de s'avérer très judicieuse à plusieurs niveaux.

Sur une base personnelle, Palin a su maximiser la rentabilité de sa célébrité nationale. Elle a signé un lucratif contrat de 12 millions $ pour publier ses mémoires. Son livre Devenir rebelle est un succès de librairie. Depuis sa sortie en novembre, il est parmi la liste des dix meilleurs vendeurs du New York Times. Par ailleurs, elle a signé un autre lucratif contrat avec le réseau de télévision Fox comme animatrice d'affaires publiques. Finalement, elle demande 100 000 $ pour chacune de ses apparitions politiques. Ces différentes activités, en plus d'être payantes, lui donnent une grande visibilité politique.

Depuis février dernier, Palin est devenue une des deux grandes vedettes du Tea Party. Partout où elle va, elle attire des foules. Elle démontre beaucoup plus d'assurance et évite les tâtonnements de 2008. Elle apparaît mieux informée, plus cohérente et moins vindicative. De plus, elle trébuche moins sur sa syntaxe et déforme moins la vérité. En dépit des critiques acerbes de la presse américaine qui montre encore un appétit insatiable à son égard, elle est devenue une source d'inspiration pour les Américains ordinaires. Son discours populiste l'a transformée en une étoile rockeuse comme cela avait été le cas pour Barack Obama en 2006.

La candidature de Palin apparaît souffrir de plusieurs faiblesses qui découlent de sa personnalité et de ses déclarations controversées de 2008, marquées par un manque de compréhension des problèmes nationaux et internationaux. Ces handicaps n'ont pas échappé aux électeurs. Elle dégage encore une image très négative. En février 2010, 55% des Américains en avaient une perception défavorable et 71% pensaient qu'elle n'était pas qualifiée pour devenir présidente. Ces chiffres ne sont pas de bon augure à première vue.

Mais, en 1979, Ronald Reagan souffrait du même handicap. D'ailleurs, Sarah Palin dispose de près de deux années pour changer cette perception. Depuis qu'elle s'est jointe au circuit des conférences en février dernier, le pourcentage de Républicains ayant une opinion favorable d'elle a augmenté de 16% pour atteindre 65%.

Si Sarah Palin est très populaire auprès de la base républicaine, particulièrement celle religieuse et socialement conservatrice, il en va autrement au sein de l'establishment du parti, qui l'a craint. Il sait qu'il ne peut pas la contrôler. Il considère qu'elle représente la « racaille » du parti, les acheteurs de Wal-Mart et les pauvres blancs sans éducation. Mais ce qui est évident, c'est qu'elle est devenue une force avec laquelle il faut composer au sein du parti républicain.

Dans la perspective démocrate, Palin représente sûrement l'adversaire républicain qui serait le plus facile à battre. D'ailleurs, en dépit de la présente grogne populaire, il est difficile de voir quel candidat républicain pourrait battre Obama en 2012. Il va pouvoir se présenter avec une série de réalisations impressionnantes et un fonds de campagne de plus d'un milliard de dollars.

Probablement que le meilleur scénario pour Sarah Palin consisterait à aider son parti à gagner les élections de mi-mandat en novembre 2010, à soutenir le candidat républicain aux présidentielles de 2012, à se présenter au poste de sénateur de l'Alaska en 2014 pour ensuite se présenter aux présidentielles de 2016. Elle aurait ainsi le temps d'élargir son expérience politique et de bâtir sa crédibilité comme figure nationale.

Toutefois, en février 2007, on donnait peu de chances à Barack Obama de l'emporter. Mais ce dernier a démontré une fois de plus qu'en politique tout est possible, même l'invraisemblable. Comme Obama l'a fait en 2006, Sarah Palin a entrepris le processus de se doter d'une équipe de conseillers. Elle teste le terrain et la portée de son message. Elle est à la tête d'un mouvement et elle génère autant d'enthousiasme de ses supporteurs qu'Obama le faisait en 2006. Les faiseurs d'image ont commencé à la présenter sous un meilleur angle. L'avenir nous dira si elle fera le saut ou non. Pour le moment, elle maintient ses options ouvertes.



Dernière modification: 2013-03-21 15:36:12

-N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.
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