Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

19 décembre 2018

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20 January 2010

Une première année à la vitesse grand V pour Obama


Gilles Vandal
historien,
Ph.D.
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

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2018
Élections de mi-mandat aux États-Unis

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2018
Rencontre à Helsinki entre le président des États-Unis, Donald Trump, et le président russe Vladimir Poutine

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Tenue d’un sommet entre le président américain Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-un

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Intensification d’une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine

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Déferlement des ouragans Harvey et Irma sur le sud des États-Unis

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Adoption d’un décret exécutif sur l’immigration aux États-Unis

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Assermentation de Donald Trump à la présidence des États-Unis

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Élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis

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Début de la visite du président américain Barack Obama à Cuba

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Dévoilement de données confirmant l'établissement d'un record de chaleur en 2015

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Signature du Partenariat transpacifique à Atlanta, aux États-Unis

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Annonce des présidents des États-Unis et de Cuba sur les relations entre leurs pays

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Entente entre les États-Unis et la Chine sur la lutte aux changements climatiques

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Tenue d'une marche en faveur de la lutte aux changements climatiques

November
2012
Réélection de Barack Obama à la présidence des États-Unis

Aujourd'hui, le 20 janvier 2010, cela fait un an jour pour jour que Barack Obama a prêté serment comme président des États-Unis. Ce n'était qu'hier et pourtant cela semble déjà loin. Il y a eu tellement d'événements depuis qui font en sorte que le nouveau président n'a pas eu le temps de souffler. Il apparaît comme un coureur de fond qui n'a pas la chance de quitter la piste de course. Il a traité tant de dossiers que certaines critiques, même les plus amicales, lui reprochent de vouloir en faire trop. Mais la conjoncture lui offre l'opportunité d'exercer un leadership hors de l'ordinaire, voire même remarquable.

Habituellement, un président est appelé à affronter une, deux, voire trois crises majeures au maximum durant un mandat. Pour Obama, le nombre de crises en un an ne se compte plus. Aucun président depuis Lincoln et Roosevelt n'a été confronté à des situations aussi variées et difficiles. Il est appelé presque chaque jour à réaliser des miracles. Il n'a pas à courir après les problèmes. Ces derniers lui sautent dessus.

Durant ses vacances de Noël à Hawaï, les événements lui ont rappelé que la menace terroriste était toujours très réelle. Il en a profité pour revoir toute la politique de sécurité américaine. Ces jours-ci, les événements tragiques qui ont frappé Haïti l'ont amené à lancer la plus vaste opération de secours humanitaire jamais fournie par aucun pays en temps de paix. Dans tous les dossiers, le président Obama se démarque par sa détermination, sa rapidité d'action et sa capacité de proposer des solutions innovatrices.

Système économique

En janvier 2009, le système économique américain, voire même mondial, était au bord de l'effondrement. La crise économique et financière menaçait d'avoir l'ampleur de celle de la Grande Dépression. Le plan ambitieux de relance de l'administration Obama, jointe à la politique agressive de la FED, a permis d'éviter le pire. Bien plus, la reprise économique, quoique tiède, était de retour au troisième trimestre de 2009.

Par ailleurs, la nouvelle administration a émis de nouvelles directives concernant la gouvernance des entreprises et imposé un impôt de 50 % sur les primes accordées aux dirigeants des banques. Entre-temps, elle a aussi sauvé de la faillite l'industrie automobile américaine. Elle a lancé un ambitieux programme environnemental centré sur de nouvelles normes énergétiques. Un seul de ces dossiers démarquerait une présidence.

Mais le président Obama s'est montré encore plus ambitieux. Il a fait de la santé son dossier privilégié. Tous les présidents américains depuis Truman se sont butés à ce dossier. Le congrès est dans la phase finale d'un long processus qui doterait les États-Unis de leur premier programme universel de santé. Les prochaines semaines nous indiqueront si dans ce secteur aussi Obama se sera montré magicien.

Le président Obama n'a pas pour autant délaissé la politique extérieure. Son administration a entamé un virage important dans la relation des États-Unis avec le reste du monde. Le temps est révolu où les États-Unis imposaient de manière unilatérale leur volonté aux autres nations. La nouvelle administration a redéfini les paramètres de la politique américaine à l'égard de l'Europe, la Russie, la Chine, la Corée du Nord, l'Iran et l'Amérique latine.

De plus, dans le dossier délicat du Moyen-Orient, elle a interpellé à plusieurs reprises le monde musulman et a proposé une avenue au règlement du conflit israélo-palestinien. Par ailleurs, elle a rétabli une relation privilégiée avec le Canada.

Deux guerres, deux stratégies

Toutefois, la nouvelle administration a aussi hérité de deux guerres. Dans le cas de l'Irak, le président Obama a tenu sa promesse et mis en place un programme de retrait des troupes américaines d'ici l'été 2011. En ce qui concerne l'Afghanistan, il a revu complètement la stratégie américaine. Avec l'envoi de nouveaux renforts, Obama espère que ce conflit, qu'il qualifie de guerre de nécessité, ne dégénérera pas en un nouveau Vietnam. L'avenir nous dira si l'Afghanistan marquera sa présidence.

L'administration Obama se démarque déjà par le nombre d'initiatives qu'elle a lancées. Il n'est donc pas surprenant que plusieurs programmes soient encore en chantier. C'est en politique extérieure que les désappointements sont le plus grands. Le président Obama a changé la donne et largement amélioré l'image des États-Unis dans le monde, comme le démontre son obtention du prix Nobel de la paix. Mais en dépit de cela, les résultats concrets se font largement attendre. C'est pourquoi certains observateurs étrangers concluent un peu sévèrement qu'en l'espace d'un an nous sommes passés de l'hyper-puissance américaine à l'hyper-impuissance Obama.

Un an après, les Américains souffrent d'une certaine lassitude et ont de plus en plus de difficulté à suivre leur président. Les sondages et les récentes élections locales montrent une forte baisse de la popularité du président Obama. Ce désenchantement touche aussi les membres démocrates du congrès. Il devient donc urgent pour l'administration Obama de baisser le tempo des réformes et de recentrer ses objectifs. Quoiqu'il advienne, Barack Obama est déjà assuré de laisser une marque indélébile dans l'histoire.



Dernière modification: 2013-03-21 15:43:31

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