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27 November 2010

Le sauvetage de GM : un succès éclatant pour Obama


Gilles Vandal
historien,
Ph.D.
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

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En septembre 2008, la compagnie General Motors célébrait son 100e anniversaire. Mais tout n'allait pas pour le mieux pour cette compagnie qui avait été le fleuron de l'industrie américaine pendant des décennies. En 2008, les beaux jours de GM semblaient bien être derrière elle.

Alors que la compagnie annonçait ses résultats financiers annuels en novembre 2008, ses pertes dépassaient les 30 milliards de dollars. GM, qui avait déjà emprunté 13,4 milliards de dollars au trésor américain, demandait en décembre 2008 un autre 16,6 milliards de dollars. Et la compagnie n'avait toujours pas trouvé de façon de restructurer une dette de 62 milliards de dollars. L'action de GM sombrait au niveau des « penny stock ». La faillite de la compagnie semblait inévitable.

Or, le 18 novembre dernier, GM retournait en bourse. Son action dépassait les 35 dollars, alors que les acheteurs se l'arrachaient. Qu'est-ce qui a pu bien se passer pour provoquer un tel revirement?

Lorsque Barack Obama accède à la présidence en janvier 2009, la situation économique aux États-Unis est des plus difficiles avec la pire récession depuis la grande crise des années 1930. La nouvelle administration lance donc le plus grand programme de stimulus économique depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Même si beaucoup d'Américains, surtout les Républicains, pensent que l'on ne doit rien faire en ce qui concerne GM, pour Obama, la situation est claire. Plus d'un million d'emplois sont en jeu. On ne peut pas laisser GM aller en faillite. Une faillite qui aurait pour effet d'annuler tous les efforts effectués pour relancer une économie déjà très fragile.

Renflouer GM représente un pari très risqué. Une analyse américaine sur les faillites démontre que seulement 3 % des entreprises qui ont fait faillite dans les 14 dernières années ont été capables de se restructurer en moins de 90 jours. Or, GM est beaucoup plus complexe que ces entreprises.

Des choix douloureux

L'administration Obama est disposée à acheter pour 30 milliards de dollars en nouvelles actions dans GM. Le gouvernement va ainsi posséder 61 % des avoirs de la compagnie. Mais en contrepartie, GM doit faire des choix douloureux au niveau de sa gestion, de ses salariés, de ses retraités et de ses fournisseurs.

Le plan est adopté rapidement avec la collaboration des syndicats, des fonds de pension et des banques. GM décide de fermer 16 de ses 47 usines et de se délester de ses marques Hummer, Saturne, Saab et Pontiac. De plus, le nombre de concessionnaires aux États-Unis seulement est réduit de 6246 à 3605. Les coupures sont dramatiques. GM s'est amputée de plus de 40 % de ses activités.

Mais rapidement, les résultats sont au rendez-vous. Durant les trois premiers trimestres de 2010, GM a dégagé des profits de deux milliards de dollars par trimestre. Elle a réduit sa dette de 46 à 8 milliards de dollars. Si, en 2008, elle perdait 4000 dollars par voiture, GM fait maintenant 2000 dollars de profits pour chaque auto produite.

Entre-temps, GM a remboursé au trésor américain 9,5 milliards de dollars. La mise en vente des actions de GM en bourse le 18 novembre dernier a par ailleurs permis au gouvernement américain de récupérer un autre 15 milliards. Le porte-parole de la Maison-Blanche affirme que le trésor américain aura récupéré en 2012 les 50 milliards que les administrations Bush et Obama ont injectés dans GM depuis l'automne 2008.

L'administration Obama a donc toutes les raisons d'être fière de cette histoire à succès. Après tout, elle a réussi à sauver l'industrie automobile américaine et à protéger dans le processus plus d'un million d'emplois directs et indirects. Contrairement à l'opinion des économistes néolibéraux américains, le sauvetage de GM démontre qu'un gouvernement peut faire la différence et avoir un impact positif au plan économique.

En dépit de cela, les électeurs américains ne se sont pas montrés reconnaissants le 2 novembre dernier. C'est dans des États comme l'Illinois, l'Indiana, le Michigan et l'Ohio que le plan de sauvetage de l'industrie automobile a eu les effets les plus tangibles. Pourtant, les électeurs ont voté dans chacun de ces États massivement pour les Républicains. La politique a parfois un caractère ingrat.



Dernière modification: 2013-03-21 15:23:28

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