Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

18 décembre 2018

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27 August 2011

Le leadership de Barack Obama tenu en échec


Gilles Vandal
historien,
Ph.D.
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

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Annonce des présidents des États-Unis et de Cuba sur les relations entre leurs pays

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Entente entre les États-Unis et la Chine sur la lutte aux changements climatiques

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Tenue d'une marche en faveur de la lutte aux changements climatiques

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2012
Réélection de Barack Obama à la présidence des États-Unis

Lors de son entrée en fonction en janvier 2009, le président Barack Obama a été confronté à une série de crises majeures. Sa première année a été marquée par un branle-bas incessant: mise en place d'un plan de sauvetage de l'économie, relance de l'industrie automobile, réforme de la santé, retrait des troupes d'Irak et engagement plus poussé en Afghanistan.

La réponse à ces crises représentait la démonstration d'un leadership exceptionnel. Mais depuis, le président semble avoir perdu sa magie et son leadership semble s'essouffler.

En fait, depuis quelques semaines, le président Obama voit son leadership, voire même son manque de leadership, critiqué de toute part. La situation est d'autant plus ironique qu'il y a seulement quelques mois, après l'élimination de Ben Laden, il voguait allégrement vers la victoire dans les présidentielles de 2012.

La déception quant à la performance du président Obama est réelle et profonde. Le taux d'approbation du président Obama a chuté la semaine dernière, en ce qui le concerne, à un creux historique. Un sondage Gallup montrait qu'il se situait pour la première fois en bas de 40 %. Entre-temps, un sondage Ipsos révélait que 73 % des Américains croyaient que le pays allait dans la mauvaise direction. Un nombre croissant d'Américains considèrent la présidence d'Obama comme un échec. Chez les indépendants, un électorat critique à toute élection, Barack Obama ne reçoit plus que 34 % d'appui. Bien pire, l'appui chez les démocrates a chuté à 72 %. Qu'est-ce qui a donc pu survenir pour que nous assistions à un revirement aussi soudain et important de la situation?

Oui, bien sûr, la situation économique est un facteur important. En effet, la situation économique aux États- Unis stagne depuis le début de la présente année. Les rapports mensuels concernant l'emploi, la croissance économique ou le degré d'optimisme des Américains ne sont pas très encourageants.

Par ailleurs, il y a eu la négociation sur la dette et la décote des États-Unis par l'agence Standard & Poor's.

Pris entre républicains et démocrates

Il ne faut pas oublier non plus la droite républicaine et le Tea Party. Après tout, ces derniers mènent depuis plus d'un an une campagne « insidieuse » contre Obama, marquée souvent de fausses accusations sur son éligibilité ou son certificat de naissance. Ils ne cessent de critiquer le président pour son supposé manque de leadership. Ils ont même réussi à coller à Obama l'image qu'il est responsable de tous les maux du pays.

Par contre, si Obama rejette cette image, ils l'accusent de ne rien faire, sauf de blâmer les autres pour son incompétence.

Face à la rhétorique hyperpartisane de la droite républicaine, Obama trouve une rhétorique toute aussi partisane chez la gauche démocrate. Dans le processus, Obama est mis sur la défensive. Il est forcé de renoncer à sa promesse d'être un président d'espoir et de changement. Obama tire son expérience de leadership d'abord comme organisateur communautaire. Son style repose sur une approche de consensus. Entre deux positions, Obama, un libéral modéré, recherche le compromis. Mais cette approche fonctionne que si les deux côtés sont parties prenantes à une négociation de bonne foi.

Or, il appert que la droite républicaine et la gauche démocrate ne sont pas de bonne foi. Les membres du Tea Party n'ont aucun désir de travailler avec les démocrates. Obama avait promis de changer le ton à Washington. Mais la polarisation partisane fait en sorte que les extrémistes des deux partis n'ont aucun avantage à collaborer. Ils ont repoussé la branche d'olivier que le président leur tendait. Dans ce contexte, le système politique américain est dans une impasse.

La crise sur la dette peut être analysée dans cette perspective. En juillet dernier, John Boehner, le président républicain de la chambre, a laissé le Tea Party fixer l'agenda sur la dette. Après avoir menacé les États-Unis d'être en défaut de paiement si sa position ne passait pas, Boehner a fièrement annoncé qu'il avait obtenu 98 % de ce qu'il voulait sur la question de la dette. Il s'est montré intransigeant et Obama a cligné des yeux.

Capital de sympathie

Par ailleurs, les républicains poursuivent un autre objectif. Le sénateur Mitch McConnell, le leader de la minorité républicaine au sénat, a clairement fait savoir que son principal objectif politique était de s'assurer qu'Obama ne fasse qu'un mandat comme président.

C'est dans ce contexte que depuis un an les dirigeants républicai ns décrivent le président Obama comme quelqu'un qui est détaché des préoccupations économiques des Américains ordinaires, qui n'est préoccupé, en dépit de la crise économique, qu'à jouer au golf et à prendre des vacances. Pourtant, le public américain a tendance, sondage après sondage, à blâmer plus les républicains de la chambre qu'Obama pour l'impasse à Washington. Obama bénéficie encore d'un important capital politique. Il doit savoir utiliser ce capital de sympathie à bon escient.

En 2009, dans la bataille entourant la réforme de la santé, Obama a démontré qu'il possédait le courage et les convictions nécessaires pour faire avancer un dossier. Il doit retrouver le même esprit. Puisque les républicains ne veulent pas collaborer, Obama doit prendre le leadership et indiquer clairement la direction qu'il veut donner à l'Amérique. Comme Truman avant lui, il doit assumer sa fonction et affirmer que « c'est ici que la responsabilité commence ».

S'il veut être réélu, il n'est pas encore trop tard. Après tout, la cote de popularité d'Obama est plus élevée que celle de Ronald Reagan à la même période dans son premier mandat. Mais face aux prises de position intransigeantes des éléments extrémistes des deux partis, il est nécessaire pour Obama de changer son style de leadership. Sinon, il risque de voir sa base s'effriter encore davantage et de perdre ensuite l'élection de 2012.



Dernière modification: 2013-03-21 14:20:35

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