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29 octobre 2011

Les succès de Barack Obama en politique étrangère seront-ils suffisants ?


Gilles Vandal
historien,
Ph.D.
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Balado: Le monde en perspective




Nouveauté. Écoutez en baladodiffusion les rencontres qu'animent les professeures Isabelle Lacroix et Karine Prémont sur des questions qui touchent les enjeux démocratiques, les relations internationales ou les modes de scrutin. Des rencontres de 20 minutes dans un style simple et ouvert avec des spécialistes, des personnes présentes sur le terrain et aussi des étudiantes et étudiants de second cycle.

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Réélection de Barack Obama à la présidence des États-Unis

Depuis son entrée en fonction en janvier 2009, Barack Obama multiplie les succès en politiques étrangères. Non seulement il a redoré l'image des États-Unis dans le monde par sa politique d'ouverture basée sur le multilatéralisme, mais il a fait la démonstration que son approche fonctionne. Depuis, les succès de sa politique se multiplient à un tel point que ses réalisations ont le potentiel de coiffer celles de tous ses prédécesseurs, sauf George H. W. Bush, et ce, depuis la présidence d'Harry Truman après la Deuxième Guerre mondiale. Ses réalisations sont d'autant plus remarquables que les affaires étrangères étaient considérées comme la partie faible de son curriculum en 2008.

Pour n'énumérer que quelques-uns de ses succès: il est le premier président à conclure et à signer un accord sur le désarmement nucléaire en plus de 30 ans. Il a renoué des relations cordiales avec l'Europe. Il a adouci les tensions existant avec la Chine. Il a rétabli la relation spéciale avec le Canada. Il a mis fin avec brio à la guerre en Irak. Il a enclenché le retrait des troupes américaines d'Afghanistan. Il a isolé l'Iran sur la scène internationale et a amené la communauté internationale à lui imposer des sanctions beaucoup plus sévères. Il a mis fin au régime de Khadafi en Libye. Il a soutenu dès le départ le printemps arabe. Il a largement décapité Al-Qaïda, éliminant ses principaux dirigeants, dont Ben Laden. Et j'en passe.

Bien sûr, il n'a toujours pas réussi à fermer le centre de détention de Guantánamo. Il n'a pas mis fin à l'embargo à l'égard de Cuba, ni normalisé les relations avec ce pays. Et il a été incapable jusqu'ici de faire progresser le dossier israélo-palestinien vers un règlement du conflit. Mais lorsque l'on additionne les demi-échecs, ceux-ci ne font pas le poids devant les succès.

La stratégie adoptée par l'administration Obama dans le conflit libyen est considérée maintenant comme un modèle d'intervention. Elle démontre comment les États-Unis peuvent jouer un rôle de premier plan, en concertation avec les autres pays, sans pour autant tenir la première place et avoir l'air arrogant. C'est ce qu'Obama appelle «diriger de l'arrière». Cette stratégie a été très critiquée à ses débuts par les républicains qui considéraient qu'il était trop lent à intervenir et par les démocrates qui voyaient leur pays impliqué dans une troisième guerre. Mais la stratégie Obama vient de faire une nouvelle fois ses preuves.

Quelle est la recette du succès de la méthode Obama? Elle se résume à deux mots: prudence et réalisme. Il maintient l'engagement américain à l'extérieur tout en évitant de se lancer dans des aventures. Sa démarche a permis aux États-Unis de gagner le respect international tout en délivrant des résultats solides. Il a ainsi renforcé de façon incommensurable la position américaine en termes de puissance douce (diplomatie) et dure (militaire).

Le président Obama se démarque particulièrement de son prédécesseur. Ce dernier a déclenché la guerre en Afghanistan pour ensuite laisser cette dernière languir. Il a menacé Al-Qaïda tout en laissant ses dirigeants s'échapper à Tora Bora. Il a contrarié le monde arabe sans remporter de victoire contre l'ennemi. Il a déclenché la guerre en Irak qui s'est transformée en catastrophe. Il a mis en place un programme de torture qui a terni la réputation des États-Unis. En contrepartie, Obama a mis un terme à la torture tout en poursuivant implacablement la guerre au terrorisme. Il a démantelé Al-Qaïda et éliminé ses principaux dirigeants, démontrant beaucoup d'intelligence, de courage et de ténacité. En bref: Obama a fait le travail. En seulement deux ans, il a réussi ce que son prédécesseur n'avait pas réussi à faire en huit ans.

D'ailleurs, un commentateur américain mettait en parallèle la méthode Obama et celle de son prédécesseur. Il notait que pour procéder au renversement de Saddam Hussein, George W. Bush a dépensé un trillion de dollars dans une guerre qui a coûté la vie à plus de 4000 soldats américains. Par contre, Obama a dépensé seulement un milliard de dollars pour se débarrasser de Khadafi sans que cela coûte la vie à un seul Américain. Et le commentateur concluait avec ces mots: «Et cette fois, le monde arabe nous aime aussi.»

Mais dans le climat actuel de polarisation partisane, il ne faut pas espérer voir les républicains reconnaître au président Obama les mérites qui lui reviennent. Ce qui est certain, par contre, c'est que ces derniers ne pourront pas dire qu'il est faible par rapport à la sécurité nationale. Toutefois, les succès d'Obama en politique étrangère ne l'aideront que très peu à assurer sa réélection. La politique étrangère n'est pas la préoccupation principale des Américains. L'élection va se jouer sur l'économie.

À mesure que les élections présidentielles de 2012 approchent, les préoccupations des Américains se centrent davantage sur les problèmes intérieurs. Les succès d'Obama en politique étrangère font peu pour changer des tendances lourdes dans l'électorat américain. Les Américains prennent acte que leur économie est au bord d'une nouvelle récession. Un récent sondage Gallup dévoilait que le chômage représentait la principale préoccupation des Américains dans 32 % des cas, alors que l'économie en général venait en deuxième place avec 31 %. Or, le président Obama n'obtient comme score que 37 % pour sa gestion de l'économie et un taux de désapprobation de 51 %. Son taux d'approbation globale a glissé à 39 %.

Les succès du président Obama sur la scène internationale peuvent renforcer son image de leader décidé exerçant une influence décisive. Mais ceux-ci auront peu d'effet pour changer le vent. Il est confronté à la même situation que le président Bush père. Il est difficile d'être réélu lorsque l'économie va mal. Si Obama a très peu de chance de gagner les élections, son principal espoir d'être réélu pourrait venir des républicains. Ces derniers pourraient perdre les élections en choisissant par exemple un mauvais candidat.



Dernière modification: 2013-03-19 09:59:11

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