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29 December 2012

L'héritage en politique étrangère d'Hillary Clinton


Gilles Vandal
historien,
Ph.D.
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

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Après quatre ans, Hillary Clinton quitte le Département d'État. Le président Obama a déjà désigné John Kerry comme son successeur. Le moment est donc propice pour examiner l'héritage que la 67e secrétaire d'État laisse de son passage à la tête de la diplomatie américaine.

Clinton était depuis plus de vingt ans sous les projecteurs de la scène nationale américaine. Ancienne première dame et sénatrice de New York, elle s'était forgée par son franc-parler et ses prises de position controversées la réputation d'une personnalité polarisante.

Après une bataille acrimonieuse pour l'investiture démocrate, Obama a admiré la ténacité d'Hillary Clinton. Aussi, le nouveau président a décidé qu'il avait besoin d'elle dans son équipe en tant que secrétaire d'État. Toutefois, la plupart des observateurs se questionnaient sur la capacité de Clinton de faire équipe avec la nouvelle administration.

Dès le départ, la tâche de la nouvelle secrétaire n'était pas facile. Barack Obama a démontré qu'il voulait être son propre secrétaire d'État. C'est lui qui détermine les priorités de la diplomatie américaine. Dans ce contexte, il aurait été facile pour Mme Clinton de se rebeller et de quitter le navire. Or, elle est non seulement restée, mais elle a réussi à laisser un héritage indélébile.

Lors de son entrée en fonction, Clinton a refusé d'écouter l'avis de Condoleezza Rice, sa prédécesseure, qui lui conseillait de ne pas chercher à en faire trop. Mais la nouvelle secrétaire héritait de deux guerres, des conflits insolubles au Moyen-Orient, des menaces du terrorisme islamiste radical, de danger de la prolifération nucléaire, d'une récession mondiale, de la problématique du changement climatique, etc. Et comme si cela n'était pas assez, un tremblement de terre en Haïti, un tsunami au Japon et les soulèvements arabes de Tunisie à l'Égypte en passant par la Syrie, le Bahreïn et le Yémen, meubla son agenda.

Rompant avec la tradition, elle effectua son premier voyage à l'étranger, non en Europe, mais en Asie. En février 2009, elle visita le Japon, l'Indonésie, la Corée du Sud et la Chine. En cela, elle concrétisait la volonté du président Obama de positionner les États-Unis, face aux puissances émergentes asiatiques, comme une puissance du Pacifique et de maintenir le contrôle des voies maritimes dans la mer de Chine. D'ailleurs, elle fut la première secrétaire, depuis John Foster Dulles en 1955, à visiter la Birmanie (Myanmar).

Hillary Clinton a passé sa carrière à lutter pour l'avancement de l'égalité des sexes. Devenue secrétaire d'État, elle continua à privilégier cette cause. Elle créa un poste de responsable au Département d'État sur les questions de femmes dans le monde et l'implication des femmes dans la fonction publique.

Mais par-dessus tout, Hillary Clinton a incarné à merveille l'approche du pouvoir intelligent que Barack Obama désirait imprégner à la politique étrangère américaine. Clinton a rétabli la crédibilité et le respect de la diplomatie américaine dans le monde. Après l'approche unilatérale de l'administration de George W. Bush, cela n'était pas une mince tâche.

Misant non sur la force des États-Unis, mais sur les valeurs qu'ils représentent, Hillary Clinton a compris que les États-Unis doivent dorénavant travailler en partenariat pour résoudre les problèmes du monde. En cela, elle a démontré une capacité de travailler tout autant avec président chinois Hu Jintao que le premier ministre indien Manmohan Singh.

Contre toute attente, Hillary Clinton a surpris tout le monde par sa grande capacité de travailler en équipe. Elle a su développer dès le départ une relation harmonieuse avec Barack Obama et le personnel de la Maison-Blanche. Elle a ainsi émergé comme un acteur central de l'administration Obama. Au lieu de percevoir le secrétaire de la Défense et le conseiller à la Sécurité nationale comme deux rivaux, Clinton a su forger de manière pragmatique des partenariats avec ces derniers.

La solution Clinton était simple : impliquer le Département d'État dans tout. Mettant l'accent sur l'économie, elle a insisté pour que les ambassades américaines représentent les compagnies américaines oeuvrant à l'étranger. Elle a piloté un forum mondial de lutte contre le terrorisme. Elle a associé le Pentagone à son département dans la mise en place d'une approche bâtie sur la « puissance intelligente » en reliant diplomatie et défense. Et finalement, elle a fait la promotion de la liberté d'internet dans le monde entier.

Avant même l'arrivée du printemps arabe, Clinton avait constaté comment les nouvelles technologies des communications pouvaient changer le paysage politique. En conséquence, elle a mis en place des politiques visant à soutenir les gouvernements disposés à entreprendre des réformes institutionnelles. Elle a ainsi transformé progressivement la politique étrangère américaine en intégrant les nouvelles technologies et les médias sociaux à la diplomatie traditionnelle. L'ère de la diplomatie internet était arrivée. Sous Hillary Clinton, le Département d'État est devenu une force d'innovation.

Globe-trotter infatigable, elle a passé en quatre ans 379 jours à l'extérieur, visitant 110 pays et parcourant 1 500 000 kilomètres, soit plus que tout autre de ses prédécesseurs. Dans la réalité virtuelle d'aujourd'hui, elle considère qu'elle n'avait pas de choix. Elle est ainsi devenue le visage international des États-Unis par sa présence et sa stature.

Comme secrétaire d'État, Hilary Clinton a su gagner le respect des deux partis à Washington. Ceci n'est pas une mince affaire dans le climat de polarisation qui y prévaut. À l'étranger, elle a suscité l'admiration du monde. Elle est considérée aujourd'hui à la veille de son départ comme la femme la plus influente du monde.

Les réalisations d'Hilary Clinton ne sont pas aussi importantes que celles d'Henry Kissinger qui a normalisé les relations avec la Chine ou de James Baker qui a assemblé la coalition contre Saddam Hussein en 1990. Néanmoins, le dossier de Clinton est impressionnant : la libération de la Libye, l'établissement des relations diplomatiques avec la Birmanie et la mise en place d'une coalition contre l'Iran. La seule ombre à son tableau est le fait qu'elle n'a pas réussi à faire progresser les pourparlers de paix israélo-palestinienne.

Clinton hésite toujours à dire si elle va se porter ou non candidate à la présidence des États-Unis en 2016. Son taux d'approbation atteint les 66 %. Mais entre-temps, John Kerry, son successeur, a de grands souliers à chausser pour suivre sa trace.



Dernière modification: 2013-03-18 16:02:14

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