Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

16 décembre 2018

Pays | Statistiques | Années | Événements | Analyses | Biographies | Vidéos | Documents | Glossaire | Notes | Valeurs | Jeux | Recherche

25 August 2012

Le financement électoral américain : un atout majeur pour les républicains


Gilles Vandal
historien,
Ph.D.
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

November
2018
Élections de mi-mandat aux États-Unis

July
2018
Rencontre à Helsinki entre le président des États-Unis, Donald Trump, et le président russe Vladimir Poutine

June
2018
Tenue d’un sommet entre le président américain Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-un

March
2018
Intensification d’une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine

December
2017
Annonce du président américain Donald Trump sur Jérusalem

September
2017
Ouragans sur les Caraïbes

August
2017
Déferlement des ouragans Harvey et Irma sur le sud des États-Unis

January
2017
Adoption d’un décret exécutif sur l’immigration aux États-Unis

January
2017
Assermentation de Donald Trump à la présidence des États-Unis

November
2016
Élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis

September
2016
Apparition de l'ouragan Matthew

June
2016
Attentat meurtrier dans une boîte de nuit d'Orlando, aux États-Unis

March
2016
Début de la visite du président américain Barack Obama à Cuba

January
2016
Dévoilement de données confirmant l'établissement d'un record de chaleur en 2015

October
2015
Signature du Partenariat transpacifique à Atlanta, aux États-Unis

December
2014
Annonce des présidents des États-Unis et de Cuba sur les relations entre leurs pays

November
2014
Entente entre les États-Unis et la Chine sur la lutte aux changements climatiques

September
2014
Tenue d'une marche en faveur de la lutte aux changements climatiques

November
2012
Réélection de Barack Obama à la présidence des États-Unis

Or, la Cour Suprême des États-Unis déclara caduques en janvier 2010 toutes les lois limitant le financement électoral qui avaient été adoptées depuis un siècle. La cour statua à cinq contre quatre que la liberté d'expression garantie par le Premier Amendement empêche le gouvernement de réglementer le discours politique. Cette décision permettait aux entreprises et gens fortunés de contribuer sans restriction aux campagnes électorales.

Contrairement aux partis politiques et des candidats, les PACs et autres groupes indépendants ont dorénavant le droit d'accepter des contributions illimitées. Bien plus. Ils n'ont besoin qu'un personnel limité et peuvent dépenser la quasi-totalité des sommes qu'ils ont ramassés en publicité politique. Les super PACs ont donc la possibilité d'influencer fortement une campagne sans pour autant s'immiscer directement dans celle-ci.

Les candidats sont toujours régis par la loi électorale. Ils doivent faire rapport sur les contributions reçues et les sommes dépensées. Toutefois, les PACs sont devenus un moyen pour les candidats de contourner les limites imposées aux riches donateurs. Cela est devenu particulièrement évident depuis de la décision de la Cour de 2010.

Les conséquences de cette décision ne se firent pas attendre. Lors des élections de mi-mandat de 2010, de riches donateurs républicains voulurent profiter des changements à la réglementation électorale et influencer par leurs contributions les résultats de nombreuses luttes serrées au niveau du Congrès. Les candidats du Tea Party bénéficièrent en particulier de ces largesses.

Entre janvier et mai 2012, le comité de réélection d'Obama a collecté en contributions électorales 450 millions de dollars, comparé à 400 millions par le comité de Romney. Mais depuis qu'il a vu sa nomination assurée en mai, Romney a été beaucoup plus apte à engranger les millions qu'Obama. Il a recueilli 78 millions en juin, comparé à 60 millions pour Obama. En juillet, il a reçu 101 millions en contributions, comparé à 75 millions pour Obama. Les donateurs républicains qui se sont ralliés à sa candidature ont fait peser leur influence.

Mais l'avantage de Romney dépasse largement les contributions que son comité électoral perçoit. Il faut aussi tenir compte des sommes recueillies par des super PACs républicains. Au cours des deux premiers mois de 2012, deux douzaines de personnes et sociétés ont versé chacun plus d'un million de dollars à différents PACs républicains. Mais ce n'était qu'un début. Entre-temps, plusieurs riches donateurs républicains ont versé de larges contributions à des groupes qui ne sont pas tenus de divulguer leurs identités à la Commission électorale fédérale.

Un groupe de bailleurs de fonds conservateur est dirigé par les frères Charles et David Koch qui possèdent la troisième fortune des États-Unis. Ces derniers se sont engagés collecter 200, voire même 400 millions de dollars, pour financer une campagne indépendante contre le président Obama dont ils opposent les politiques environnementales.

Aure exemple, en juin dernier, Sheldon Adelson versa 10 millions au groupe Restaurons notre avenir, un groupe qui a endossé Mitt Romney. Adelson, un juif américain opposé aux politiques d'Obama à l'écart d'Israël, a déclaré au magazine Forbes qui envisageait dépenser 100 millions pour battre Obama.

Les PACs républicains indépendants sont en mesure de lever des sommes illimitées auprès des donateurs anonymes pour financer des campagnes de publicité télévisées anti-Obama dans des États-clefs. Un seul de ces groupes indépendants, représentants par des intérêts pétroliers riches, a lancé une campagne négative contre Obama de 400 millions de dollars. Face à cette situation, le comité d'Obama semble impuissant.

À date, les super PACs favorables à Obama ont réussi à attirer très peu de donateurs d'un million de dollars ou plus. Les collecteurs de fonds pro-démocrates sont tout simplement écrasés par leurs rivaux républicains.

En 2008, Obama avait déclassé McCain en collectant 750 millions, provenant surtout de petites contributions, comparé à 370 millions pour son rival malheureux. Mais avec la décision de la Cour Suprême, cette situation n'a pas de chance de se reproduire.

D'ailleurs, certains politicologues américains estiment que six milliards de dollars seront dépensées au cours des présidentielles de 2012, comparés à moins de 1.5 milliard en 2008. Or, une large partie de ces sommes proviendraient de donateurs anonymes qui peuvent s'immiscer discrètement dans la campagne électorale grâce à l'arrêt de la Cour Suprême.

Les super PACs apparaissent comme une influence majeure dans la campagne présidentielle américaine de 2012. Ces comités indépendants peuvent influencer une élection en diffusant des publicités favorable à un candidat ou défavorable à un autre sans endosser ouvertement un candidat. Ainsi, les PACs bénéficient d'une large liberté d'action. Les publicités fausses et négatives, comme celle du Swift Boat Veterans for Truth de 2004, risque fort de devenir la nouvelle norme.

Ce faisant, ce qui est en jeu dépasse la simple réélection d'Obama. La démocratie américaine devient de plus en plus à la remorque des petits groupes très fortunés. Si ce phénomène perdure, le système politique américain se transformera inévitablement en un système oligarchique. La démocratie ne sera plus alors qu'une façade pour cacher le jeu occulte de grands intérêts financiers.



Dernière modification: 2013-03-18 15:18:11

-N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.

Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour visionner la vidéo d'introduction
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016