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23 February 2013

Les États-Unis dans une autre tourmente budgétaire


Gilles Vandal
historien,
Ph.D.
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

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Dans les prochains mois, le gouvernement américain sera confronté à quatre obstacles budgétaires majeurs : les coupes budgétaires automatiques débutant le 1er mars, le dépôt du budget du président à la mi-mars, la fin du financement des programmes fédéraux le 27 mars et le relèvement du plafond de la dette le 18 mai. Tel est l'échéancier insensé fixé par le Congrès en août 2011.

Cet échéancier a été défini par le Congrès dans le but de s'assurer que les États-Unis procèdent à une réduction de 1200 milliards (1,2 trillion) de dollars du déficit américain sur dix ans afin que le poids de la dette fédérale n'augmente pas par rapport au PIB américain. Dans le processus, le budget américain deviendrait même équilibré au bout de la période. Or, pour ce faire, les républicains excluent toute augmentation des recettes fiscales. Pour eux, la seule solution est de procéder à des coupes budgétaires.

Le 1er mars, les départements et organismes fédéraux seront assujettis à des compressions automatiques de 85 milliards de dollars étalés sur sept mois. Comme ces coupures touchent uniquement les programmes discrétionnaires, 55 milliards doivent provenir du budget de la défense et 30 milliards des programmes domestiques. En effet, des programmes comme Medicare, Medicaid et la sécurité sociale, qui relèvent de dépenses obligatoires, sont protégés.

La proposition du budget présidentiel devait être déposée le 4 février. Mais les négociations entourant la crise du précipice fiscal en décembre 2012 ont reporté ce dépôt au 18 mars. Cela donne peu de temps au Congrès pour débattre du plan du président et déterminer les priorités des dépenses, les coupures possibles et l'augmentation des recettes fiscales.

Or, sans une entente, le financement du gouvernement prendra fin le 27 mars. Les opérations du gouvernement fédéral, à l'exception des services essentiels, cesseraient donc le 28 mars. Le gouvernement américain estime que 800 000 employés fédéraux seront invités à demeurer chez eux et ne recevront plus leur salaire. En ce qui concerne les troupes américaines, ces dernières, y compris celles en zone de guerre, cesseront de recevoir leurs salaires à partir du 8 avril. Et finalement, la rémunération des membres du Congrès sera gelée jusqu'à ce qu'une entente sur le budget soit conclue.

De plus, le Congrès a fixé le relèvement de la dette au 18 mai. Présentement, le trésor américain est autorisé à emprunter pour effectuer ses paiements. Mais, sans un accord, le plafond de la dette fédérale sera établi le 19 mai à son niveau actuel de 16 394 milliards de dollars.

Apprendre des erreurs des Européens

Les compressions budgétaires demandées par les républicains représentent une approche qui a été adoptée en Europe par plusieurs pays depuis 2008. Loin de s'améliorer, la situation économique et financière de la Grande-Bretagne, la Grèce, le Portugal ou l'Espagne s'est plutôt détériorée. D'ailleurs, le FMI arrivait à cette conclusion en janvier dernier. Les États-Unis seraient-ils capables de tirer des leçons de ces exemples et éviter de commettre les mêmes erreurs que les pays européens? Peu d'observateurs y croient.

Dans un avant-goût de ce qui s'en vient, le Pentagone a procédé au début février à la mise à pied de 46 000 travailleurs contractuels et a réduit d'un jour par semaine les horaires de son personnel civil. D'autres organismes, comme l'administration de l'aviation fédérale et le service des parcs nationaux, ont aussi procédé à la réduction du temps de travail pour des dizaines de milliers de leurs employés.

La région de Washington sera en premier lieu très touchée. Après tout, la masse salariale dans la capitale fédérale est passée, entre 2002 et 2013, de 23 milliards de dollars à 42. Le taux de consommation dans la région diminuera largement avec la perte des salaires.

Au plan national, les compressions automatiques qui entreront en vigueur le 1er mars vont entraîner un ralentissement important de la croissance économique. Il est estimé que ces coupes vont entraîner la perte d'un million d'emplois. Ces compressions automatiques vont produire au minimum une réduction du PIB de 0,7 % en 2013 et de 2 % en 2014. Or cela ne porte que sur la première phase. Si la paralysie du gouvernement fédéral dure, la crise va s'amplifier. Les États-Unis pourraient facilement retourner en récession.

Les bonnes nouvelles

Présentement, l'économie américaine prend du mieux. Le secteur de la construction est en expansion après six ans de crise et la création d'emplois s'améliore. Mais la seule chose dont l'économie américaine n'a pas besoin, c'est une crise que les États-Unis s'infligeraient eux-mêmes. La présente crise budgétaire américaine, découlant d'un blocage politique à Washington, risque fort de provoquer un effondrement de la confiance. Or, dans une économie axée sur la consommation, cela peut avoir un effet catastrophique. Au lieu d'embaucher, les entreprises vont se mettre à licencier leurs employés.

Face à cette crise appréhendée, le président Barack Obama a démontré une volonté de négocier une entente élargie. Il veut mettre fin à cette gouvernance de crise où tous les deux ou trois mois, la fragile reprise économique américaine est menacée par une nouvelle crise budgétaire.

Mais Obama a déclaré que tout accord devrait être équilibré et que la réduction du déficit ne peut pas simplement être réalisée sur le dos des personnes âgées ou des jeunes qui poursuivent des études universitaires.

Or, déjà John Boehner, un républicain et président de la chambre, a opposé une fin de non-recevoir à Obama.

Le président Obama propose une approche équilibrée entre recettes fiscales et réductions des dépenses. De plus, il bénéficie de l'appui du public américain. Selon lui, des économies pourraient être réalisées au niveau de l'assurance-maladie et la sécurité sociale. Les prochaines semaines vont tester la capacité des républicains d'être pragmatiques.

Pour le moment, une crise majeure semble inéluctable. Il y a de part et d'autre au Congrès un niveau d'agressivité et de refus de compromis. Certains démocrates veulent régler leur compte avec les républicains. Dans la perspective des élections de novembre 2014, ce sont les républicains qui ont le plus à perdre.



Dernière modification: 2013-03-18 15:05:40

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