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23 novembre 2011

Crise des dettes souveraines


Khalid Adnane
économiste,
enseignant à l'École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

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En quelques semaines seulement, nous avons assisté à trois changements de gouvernements dans la zone euro. Tour à tour, George Papandréou, Silvio Berlusconi et maintenant José Luis Rodriguez Zapatero ont dû quitter leurs fonctions, faute de résultats concrets pour leurs populations respectives. La question se pose alors: dans le contexte actuel de la crise euro et de la fragilité de leurs économies, les remplaçants peuvent-ils faire mieux? Peut-être, mais à court terme, l'équation des choix déchirants demeurera la même!

Fragiles, pour des raisons différentes

Premièrement, il est difficile de tracer un contour commun aux économies de la Grèce, de l'Italie et de l'Espagne, hormis leur fragilité (et bien que celle-ci se traduise différemment).

En fait, dans ce triangle, la Grèce fait figure du pays le plus mal en point. Son économie est peu ouverte, peu diversifiée et elle porte sur ses épaules une dette colossale de presque 160% du PIB, que seuls les spéculateurs «hardis» se montrent encore intéressés à financer.

Pour sa part, l'Italie ne représente pas de danger en termes de solvabilité financière et son potentiel économique n'est pas mis en doute. Cependant, ce qui la fragilise, c'est plutôt son service de la dette qui ne cesse d'augmenter à des niveaux insoutenables. Ceci aura pour effet de peser lourd dans la gymnastique des choix budgétaires, surtout que les réformes promises, en particulier la lutte à la fraude fiscale, ne se concrétisent pas comme prévu.

Quant à l'Espagne, il est évident qu'elle supporte une dette beaucoup moins lourde que celle de la Grèce ou de l'Italie: 68,1% du PIB contre celle de l'Italie à 120% et celle de la Grèce à 157%. Cependant, le marasme économique qui y règne depuis 2008 constitue une inquiétude de premier ordre: une croissance économique au point neutre, un déficit de plus de 6% et surtout, un taux de chômage à presque 22%, soit plus du double de la moyenne de la zone euro. D'ailleurs, chez les 16-24 ans, un jeune sur deux est sans emploi, ce n'est donc pas un hasard que l'Espagne - à travers la place Puerta Del Sol - ait été le berceau du mouvement des indignés.

Un changement devenu nécessaire

En ce sens, la nécessité de changement dans ces pays (comme en Irlande et au Portugal avant) n'était plus une surprise et devenait une sorte de passage obligé. Devant une situation de quasi blocage économique, les populations de ces pays se sont tournées vers une autre alternative, dans l'espoir que des recettes nouvelles et des façons de faire différentes permettraient l'arrivée de meilleurs jours.

En Grèce et en Italie, ce changement a été opéré grâce à la pression combinée des marchés et des groupes d'opposition à l'intérieur (qui ont su mobiliser la colère populaire). Résultat: les premiers ministres Papandréou et Berlusconi, jugés impuissants à réaliser les réformes, ont été poussés à la porte au profit d'un leadership nouveau, en les personnes de Loucas Papademos et Mario Monti.

En Espagne, la population s'est exprimée en fin de semaine en exigeant elle aussi un renouveau qui permettrait de mettre en branle les réformes nécessaires. Ainsi, l'arrivée du nouveau premier ministre conservateur Mariano Rajoy marque un nouveau départ pour la population espagnole qui pense qu'avec la grande majorité dont il dispose, il aura les coudées franches pour mettre en place son programme. Ce qui permettrait enfin une reprise économique.

Encore des sacrifices...

Toutefois, que ce soit en Grèce, en Italie ou en Espagne, les changements réels n'arriveront pas instantanément. D'une part, les marchés ne lèveront pas de sitôt leurs inquiétudes face aux dettes de ces pays et continueront d'exiger d'eux une prime de risque élevée. D'autre part, les réformes envisagées par les nouveaux leaders prendront du temps à se mettre en place et leurs impacts ne se feront pas sentir à court terme. Enfin, sans les efforts et les sacrifices des populations elles-mêmes, rien ne pourra se réaliser. Le nouveau premier ministre espagnol n'a pas manqué de le rappeler dès l'annonce de sa victoire en précisant qu'il n'y aura pas de miracle.

En fait, c'est une question de dialectique économique à laquelle les dirigeants et les populations devront se faire: opter pour un choix au détriment d'un autre comporte des contraintes et des sacrifices. Pour paraphraser Milton Friedman, l'économiste le plus célèbre des années 80, cet exercice de choix exige de la cohérence parce qu'on ne peut vouloir avoir un chat et espérer qu'il aboie...



Dernière modification: 2013-03-18 13:22:21

-N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.
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