Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

9 décembre 2018

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8 April 2014

La conquête spatiale au XXIe siècle: où en sont la Chine et les États-Unis?


Bruno-Charles Proulx
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

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Réélection de Barack Obama à la présidence des États-Unis

Ce n'est pas d'hier que les êtres humains tentent de comprendre le monde qui les entoure. Ceux-ci se sont souvent tournés vers le ciel pour expliquer le monde. Ce n'est toutefois qu'au XXe siècle que la conquête spatiale s'amorçait. La récente entrée dans le troisième millénaire semble une bonne occasion pour se questionner sur l'état actuel des programmes spatiaux.

Le programme spatial chinois

Après la Deuxième Guerre mondiale, la conquête spatiale était l'affaire, principalement, des deux grandes puissances de l'époque: les États-Unis et l'Union soviétique. De nos jours, le nombre d'États ayant un programme spatial est nettement supérieur. Tout comme durant la Guerre froide, la capacité pour un État d'envoyer des satellites dans l'espace et, encore plus, de mener à bien des vols habités sont des façons pour lui de montrer au reste du monde le niveau technologique avancé qu'il a atteint. La conquête spatiale peut, en ce sens, être considérée comme un indicateur de puissance.

Pour la Chine, les projets spatiaux chinois sont: « [...]la preuve du succès du Parti communiste qui a transformé ce pays, autrefois éprouvé par la famine, en puissance mondiale (1)». Selon l'auteur Jayan Panthamakkada Acuthan: «[...]la première mission spatiale chinoise habitée en 2003 constitue un événement important. Une telle prouesse technologique renforce son pouvoir et sa capacité de négociation au niveau international(2).»

Le gouvernement chinois prévoit envoyer un Chinois sur la Lune et également construire une station spatiale avant 2020. Un autre projet important du programme spatial chinois est de fabriquer des fusées qui pourraient transporter jusqu'à 25 tonnes et qui fonctionneraient grâce à une énergie non polluante (3). Les ambitions chinoises relèvent-elles de la science-fiction? La Chine a-t-elle les moyens de ses ambitions? La question du financement du programme spatial chinois ne semble pas poser problème. Toutefois, il est fort possible qu'il y ait un ralentissement de la cadence. En effet, il semble que le nombre élevé de projets soit difficile à coordonner (4).

Les États-Unis: de grandes ambitions, peu de moyens

Selon Serge Brunier, de la revue Science et vie, le gouvernement américain ne considérerait pas la conquête spatiale comme une de ses priorités. Ce dernier s'appuie sur la tendance à la baisse des sommes allouées au programme spatial américain. Pour 2012, c'était environ 0,6% du budget américain qui était prévu pour ce programme, alors que, dans les années 1960, le financement était situé entre 2% et 4% (5).

Le désir du gouvernement américain d'envoyer de nouveau des Américains sur la Lune en 2020 est considéré comme réalisable advenant une augmentation des sommes allouées. Toutefois, étant donné la tendance, plusieurs projets doivent déjà être reportés.

Une solution à cette baisse de financement du programme spatial a été proposée par l'équipe du président Barack Obama. La proposition est de privatiser la quasi-totalité des vols spatiaux. Le pari est que la concurrence entre les entreprises offrant le service de vol spatial entraînera une baisse des coûts pour le transport des personnes et du matériel. Le gouvernement américain pourrait alors possiblement maintenir ses objectifs liés à la conquête spatiale, sans avoir à augmenter considérablement ses dépenses.

En 2010, deux compagnies offraient le service de transport de matériel et ont obtenu un contrat: Space X et Orbital Sciences. Orbital Sciences n'avait toutefois pas réussi à faire décoller une fusée. Étant donné la complexité des vols spatiaux, il est à se demander à quel moment il y aura assez d'entreprises, offrant ce type de service, pour que les coûts des voyages spatiaux baissent considérablement (6).

Destination Mars : dans 3, 2, ... Mars One

Depuis le premier pas sur la Lune, la construction de la station spatiale internationale et l'envoi de plusieurs appareils pour mieux comprendre l'univers, l'atteinte de la planète Mars par des astronautes semble être le prochain défi à relever dans le domaine de la conquête spatiale.

Malgré la baisse du financement mentionnée plus tôt, le gouvernement américain prévoirait un vol habité qui orbitera autour de Mars vers 2035 et l'envoi d'astronautes sur cette planète autour de 2040 (7). Ces réalisations demeurent éloignées dans le temps. En ce moment, en 2014, le robot Curiosity de la National Aeronautics and Space Administration (NASA) parcourt la planète rouge afin d'y effectuer des analyses qui permettront d'accroître nos connaissances à propos de cette planète (8). Cette étape est un pas de plus qui mènera éventuellement au premier pas sur Mars.

Pour ce qui est de la Chine, elle prévoit envoyer un véhicule qui y atterrirait avant 2030. Celui-ci ne serait toutefois pas habité. Après avoir extrait des matières du sol martien, le véhicule retournerait sur Terre (9).

Les projets américains et chinois relativement à la planète Mars ne laissent pas supposer que des humains aillent y habiter avant beaucoup de temps. Il y a toutefois une entreprise qui a pour objectif de voir ce projet se concrétiser dans un futur tout de même assez rapproché. En effet, la fondation Mars One compte littéralement coloniser Mars. Les instigateurs de ce projet prévoient envoyer les premiers humains en 2024. Selon le site internet de la fondation, plus de 200 000 personnes auraient manifesté leur intérêt pour faire partie des premiers colons de la planète rouge (10).

Il y a à ce jour 1000 candidats qui ont été sélectionnés. Sur ce nombre, seulement 24 personnes seront retenues pour participer à ce projet. Ces 24 personnes seraient divisées en groupes de 4 personnes et envoyées sur Mars à intervalle de deux ans (11). Pour financer le projet, plusieurs objets promotionnels sont en vente. Le plus surprenant est que la fondation compte faire de cette mission une téléréalité pour s'autofinancer (12).

Les coûts estimés de l'établissement du premier groupe sont de 6 milliards de dollars. Selon Serge Brunier, cette estimation est insensée. Ce dernier explique que le programme de la station spatiale internationale a coûté 100 milliards de dollars (13). Il semble donc pratiquement impossible que ce projet se concrétise si l'on se fie aux estimations de coûts de la fondation Mars One.

La faisabilité du projet est de plus mise en doute pour des questions de santé. Les éventuels participants seraient soumis à l'apesanteur durant une longue période avant de s'installer sur Mars. Après s'être installés, le rayonnement solaire représenterait un risque énorme pour eux, car l'atmosphère martienne ne protège pas de celui-ci (14).

Plusieurs questions restent en suspens relativement à la conquête spatiale. Avec la pléthore de problèmes auxquels sont confrontés les êtres humains sur leur planète, la pertinence de certaines missions spatiales peut certainement être mise en doute. Probablement qu'une plus grande coopération internationale dans ce domaine permettrait une meilleure coordination des programmes spatiaux et, par le fait même, une plus grande efficience.




Références:

1) AFP et Le Monde.fr. « La Chine dévoile un ambitieux programme spatial », Le Monde, , [En ligne], 30 décembre 2011, http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/... (page consultée le 24 mars 2014)

2) PANTHAMAKKADA ACUTHAN, Jayan. « Le programme spatial chinois: compétition ou coopération », Perspectives chinoises, [En ligne], 10 octobre 2006, http://perspectiveschinoises.revues.org/931, (page consultée le 24 mars 2014)

3) AFP et Le Monde.fr. op. cit.

4) KACHINE, Vassili. « La Chine pourrait réduire ses programmes spatiaux », La voix de la Russie, [En ligne], 25 décembre 2013, http://french.ruvr.ru/2013_12_25/La-Chine-pourrait... (page consultée le 31 mars 2014)

5) BRUNIER, Serge. « Mais où va la NASA? », Science et vie, [En ligne], 1 décembre 2012, http://www.science-et-vie.com/2011/12/01/mais-ou-v... (page consultée le 31 mars 2014)

6) FENOGLIO, Jérôme. « Barack Obama veut privatiser la conquête spatiale et dégraisser la NASA », Le Monde, [En ligne], 17 février 2010, http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/01/b... (page consultée le 24 mars 2014)

7) NOMBLOT, Bernard. « Espace: le nouveau programme spatial américain », science actualité.fr, [En ligne], 16 avril 2010, http://www.universcience.fr/fr/science-actualites/... (page consultée le 31 mars 2014)

8) WEBSTER, Guy. « NASA Mars Rover's Next Stop Has Sandstone Variations », NASA, [En ligne], 24 mars 2014, http://marsprogram.jpl.nasa.gov/news/whatsnew/inde... (page consultée le 30 mars 2014)

9) AFP. « La Chine envisage une mission vers Mars », Le Figaro.fr, [En ligne], 10 octobre 2012, http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/10/10/97001... (page consultée le 31 mars 2014)

10) MARS ONE. « Human Settlement on Mars », Mars One, [En ligne], http://www.mars-one.com, (page consultée le 24 mars 2014)

11) AFP et Radio-Canada. « 1000 candidats sélectionnés pour le projet Mars One », Radio-Canada, [En ligne], 2 janvier 2014, http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/science/2014/... (page consultée le 24 mars 2014)

12) SEIBT, Sébastian. « Mars One: Plus d'un millier de candidats en lice pour coloniser Mars », France 24, [En ligne], 2 janvier 2014, http://www.france24.com/fr/20140102-mars-one-candi... (page consultée le 31 mars 2014)

13) BRUNIER, Serge. « Mars One: grand-guignol sur la planète rouge », Science et Vie, [En ligne], http://www.science-et-vie.com/2014/03/13/mars-one-... (page consultée le 24 mars 2014)

14) SEIBT, Sébastian. op. cit.

Dernière modification: 2014-04-14 07:42:44

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