Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

27 mai 2018

Pays | Statistiques | Années | Événements | Analyses | Biographies | Vidéos | Documents | Glossaire | Notes | Valeurs | Jeux | Recherche

8 October 2013

Une économie florissante en Angola


Catherine Goulet-Paradis
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

April
2002
Signature à Luanda d'un accord sur la paix en Angola

November
1994
Signature à Lusaka d'un accord de paix sur la guerre civile en Angola

September
1992
Tenue d'élections législatives et présidentielle en Angola

December
1988
Signature à New York d'un traité sur le conflit en Angola

May
1984
Annonce du boycott des Jeux olympiques de Los Angeles par l'Union soviétique

September
1979
Décès du président angolais Agostinho Neto

November
1975
Proclamation d'indépendance de l'Angola

November
1975
Intervention cubaine en Angola

Avec une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 20 % en 2012 selon le Fonds monétaire international (FMI), l'Angola se situe au 4e rang mondial pour la croissance économique et au 1er rang sur le continent africain (1). Depuis quelques années, l'Angola suit une évolution marquée dans plusieurs secteurs économiques, notamment la production de pétrole ainsi que l'exploitation de diamants.

Des chiffres prometteurs

Colonie portugaise depuis le 16e siècle, devenue indépendante en 1975, l'Angola est un pays marqué par de nombreux conflits armés ainsi qu'une instabilité politique. À la suite de l'indépendance, 27 années de guerre civile ont ravagé le pays. Un accord de paix, signé en 2002, a contribué à la remise sur pied de l'industrie locale, à l'amélioration constante des infrastructures et à la reconstruction par étapes du pays. Depuis, six années de paix durable ont influencé l'évolution économique de l'Angola (2).

L'Angola est actuellement le 3e plus grand producteur de pétrole en Afrique après le Gabon et le Nigeria (3). Son principal partenaire commercial est de loin la Chine, suivie par le Japon et le Royaume-Uni. La production de pétrole constitue la principale activité économique du pays. Celle-ci représente à elle seule 85% du PIB, tandis que la production de diamants en constitue 5%.

Un autre secteur important se doit d'être mentionné. Il ne contribue pas de manière importante aux fluctuations du PIB, mais est la principale source de subsistance des populations locales. Il s'agit de l'agriculture. Le climat et la topographie permettent l'exploitation de grandes surfaces à longueur d'année.

La situation économique de l'Angola est sur une pente ascendante depuis maintenant près de 10 ans. Les trois principales composantes de son PIB sont l'agriculture à 10,2%, l'industrie à 61,4% ainsi que les services à 28,4% (4). Le PIB a progressé à un rythme de 7,9% en 2012, comparativement à 3,9% en 2011, et la prévision de croissance pour 2014 demeure stable à 7,8% (5). Selon le Fonds monétaire international, une hausse de près de 10% de son PIB a été enregistrée en 2010.

Une situation particulière

Plusieurs facteurs sont à la base du cheminement pro-actif de l'Angola en matière économique. D'abord, la prise en charge instantanée des programmes de reconstruction du pays à la suite de la guerre civile ainsi que le développement de la capitale, Luanda, mais également des villes avoisinantes. Ces mesures ont eu un impact direct, permettant au pays de reprendre rapidement le contrôle de son économie et de fixer des objectifs de développement et d'investissements à long terme (7).

De plus, l'Angola a mis en place un programme de réformes stratégiques du FMI qui lui a permis de «renouer avec la stabilité économique, améliorer sa situation budgétaire, stabiliser le cours de sa devise ainsi que faire reculer l'inflation (8)». Tous ces facteurs ont grandement contribué au succès économique ainsi qu'aux avancées dans le domaine énergétique. Le pays a été en mesure de réduire sa dette intérieure puis a fait un long bout de chemin quant à la transparence et la responsabilité budgétaire.

L'exploitation du pétrole a eu des effets bénéfiques sur tous les autres secteurs économiques, stimulant l'économie et les investissements étrangers. Le sous-sol regorge d'autres ressources comme le fer, le marbre, le granite et le quartz, mais leur exploitation demeure minime comparativement à celle du pétrole. Celle-ci contribue néanmoins à la diversification de l'économie.

Les retombées sur le peuple?

Malgré ces avancées importantes au sein de l'économie africaine et mondiale pour l'exploitation des richesses de son sous-sol, l'Angola continue d'être considéré comme un pays sous-développé. Le taux de mortalité infantile figure parmi les plus hauts tandis que l'espérance de vie se situe parmi les plus basses à l'échelle planétaire (9). Un important clivage économique se creuse entre la ville et la campagne où, selon les Nations unies, 58 % de la population vit sous le seuil de la pauvreté (10). D'ailleurs, l'Angola demeure dans le bas du classement de l'indice de développement humain (IDH), à la 148e place sur 187 pays (11).

L'économie de l'Angola demeure très dépendante du pétrole et une diversification de celle-ci est nécessaire afin d'assurer une stabilité pour les années à venir. Dans cette optique, un fonds souverain a été créé par l'État, le Fundo soberano d'Angola, afin de contrer les répercussions de la volatilité des cours du pétrole. Celui-ci a reçu l'aval du FMI et était lancé à 5 milliards américains en 2012.

Perspectives d'avenir encourageantes

Le succès économique des dernières années suscite l'intérêt de plusieurs investisseurs étrangers, ce qui profite à l'économie angolaise et continue de la stimuler. Par exemple, la Chambre de commerce États-Unis-Angola, une organisation sans but lucratif qui a comme objectif de promouvoir le commerce et les investissements entre l'Angola et les États-Unis (12). La chambre croit sincèrement que « L'Angola possède le potentiel de devenir un des pays les plus prospères d'Afrique (13).»

L'avenir de l'Angola est prometteur et la modernisation toujours un objectif pour l'État. Les spécialistes voient dans ce pays une source fiable d'investissements futurs étant donné ses améliorations constantes au niveau des indicateurs socio-économiques et l'abondance des ressources naturelles (14). D'ailleurs, les spécialistes de la Chambre de commerce Angola-États-Unis soutiennent avec ferveur qu'ils s'attendent à ce que les investisseurs étrangers placent plus de 50 milliards dans l'industrie du pétrole au cours des six prochaines années en Angola.




Références:

1. US-ANGOLA CHAMBER OF COMMERCE. «Who we are and our mission», [En ligne], http://www.us-angola.org/ (page consultée le 5 octobre 2013)

2. loc. cit.

3. EMBASSY OF ANGOLA. «Economy», [En ligne], http://www.angola.org/index.php?page=economy, (page consultée le 5 octobre 2013).

4. loc. cit.

5. PERSPECTIVE ÉCONOMIQUE EN AFRIQUE. «Angola», [En ligne], 6 septembre 2013,http://www.africaneconomicoutlook.org/fr/pays... (page consultée le 5 octobre 2013).

6. CENTRAL INTELLIGENCE AGENCY. «The world factbook: Angola», [En ligne], 22 août 2013, https://www.cia.gov/library/publications/the-world... (page consultée le 5 octobre 2013).

7. US-ANGOLA CHAMBER OF COMMERCE, op. cit.

8. PERSPECTIVE ÉCONOMIQUE EN AFRIQUE, op. cit.

9. THE ECONOMIST. «Flight from Angola», [En ligne], http://www.economist.com/node/12079340?story_id=12079340, (page consultée le 5 octobre 2013).

10. PERSPECTIVE ÉCONOMIQUE EN AFRIQUE, op. cit.

11. US-ANGOLA CHAMBER OF COMMERCE, op. cit.

12. US-ANGOLA CHAMBER OF COMMERCE, op. cit.

13. ALL AFRICA. « L'investissement étranger aide à moderniser l'économie angolaise», [En ligne], 2 octobre 2013, http://fr.allafrica.com/stories/201310030004.html, (page consultée le 5 octobre 2013).

14. ALL AFRICA. « L'Angola a un avantage en termes d'attraction de l'IDE dans la SADC», [En ligne], 1er octobre 2013, http://fr.allafrica.com/stories/201310020805.html, (page consultée le 5 octobre 2013).

Autre référence

ALL AFRICA. «Les réserves de pétrole estimées à 12,667 milliards de barils», [En ligne], 2 octobre 2013, http://fr.allafrica.com/stories/201310021517.html, (page consultée le 5 octobre 2013).

Dernière modification: 2013-10-14 10:35:50

-N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.

Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour visionner la vidéo d'introduction
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016