Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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23 November 2013

La saga politique entourant la loi américaine sur les soins de santé


Gilles Vandal
historien,
Ph.D.
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

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Réélection de Barack Obama à la présidence des États-Unis

La loi pour des soins de santé abordables, mieux connue comme l'Obamacare, fut adoptée en 2010. Cette loi doit être mise en oeuvre en 2014 et doit fournir une couverture d'assurance aux 48 millions d'Américains non assurés ou non assurables. Le programme est conçu pour fonctionner à la manière de la loi québécoise sur les assurances médicaments. Tout individu, n'ayant pas d'assurance et qui ne peut pas à obtenir de son employeur, doit en prendre une d'ici le 31 mars 2014. Or, la mise en oeuvre d'Obamacare connaît depuis sa part d'embûches.

En 2010, le parti républicain a voté à l'unanimité contre la loi de santé d'Obama. Puis, les républicains ont tenté pas moins de 40 fois d'abroger ou de paralyser le programme. L'Obamacare occupe aujourd'hui dans la psyché républicaine la place tenue auparavant par le communisme.

Au printemps dernier, la chambre des représentants dominée par les républicains refusa d'octroyer les 554 millions de dollars nécessaires à la création d'un portail devant aider les gens à s'inscrire à une assurance et lancer la campagne de relations publiques. De plus, le portail devait permettre aux Américains d'échanger le cas échéant leur police d'assurance pour obtenir une meilleure couverture. Le département des services sociaux a dû prendre les fonds nécessaires dans ses autres programmes réguliers pour lancer le portail.

Le plus grand défi dans le programme controversé d'Obamacare réside dans l'obligation de s'acheter une police d'assurance individuelle au risque de payer une amende. Cette mesure est perçue comme une taxe régressive par les jeunes gens en santé à faible revenu qui ne sentent pas le besoin d'avoir une assurance.

En 2014, les Américains sans assurance-maladie de base auprès de leur employeur devront magasiner sur le marché pour trouver un plan qu'ils pourront défrayer à l'aide d'un crédit d'impôt. De plus, les gens ayant un revenu se situant sous les 138 % du seuil de pauvreté pourront adhérer au programme Medicaid. Mais en attendant, la pièce la plus importante de l'Obamacare, les échanges d'assurance- maladie pour ceux ayant des assurances limitées, fut offerte à la population le 1er octobre 2013. L'objectif était d'inscrire sept des vingt millions de personnes visées d'ici le 31 mars 2014. Cette opération représentait donc un premier test concernant le fonctionnement de l'Obamacare.

Près de la moitié des États ont choisi d'assumer la tâche du processus des échanges. Or, après un mois, seulement 106 185 personnes se sont inscrites pour changer d'assurance et seulement 27 000 ont pu le faire par l'entremise du site fédéral healthcare.gov qui s'occupe des inscriptions dans 36 états. Toutefois, ce cafouillage entourant présentement l'Obamacare n'est pas dû aux républicains. L'administration Obama ne peut que se blâmer elle-même.

Les personnes responsables du déploiement du site n'avaient pas l'expérience nécessaire pour gérer une opération aussi complexe faisant appel à plus de 50 producteurs différents de logiciels et devant fonctionner comme s'ils faisaient partie d'un ensemble unique. La création du portail représentait un travail très technique. Il n'est pas évident que le gouvernement avait les compétences pour diriger une telle opération. Bien plus, l'administration Obama n'avait pas désigné un responsable unique ou nommé un tsar pour superviser le déploiement.

Au lieu d'offrir un portail en ligne complet pour les personnes non assurées et celles désirant magasiner en ligne pour vérifier si elles devaient changer de police d'assurance, le site internet est devenu un symbole de l'échec de l'Obamacare. La plupart des visiteurs du site healthcare.gov découvrent qu'il est difficile de s'identifier, reçoivent constamment des messages d'erreurs, font face à de longs retards ou voient leurs profils enregistrés disparaître.

De plus, 90 % des demandeurs qui se qualifient au programme de Medicaid voient leurs demandes rejetées. Pire encore, un million d'Américains ont appris qu'ils allaient perdre leur police d'assurance ou qu'ils devraient payer beaucoup plus cher pour la conserver. Décidément, la mise en oeuvre du site d'Obamacare rencontre un mur.

Pourtant, l'administration était consciente dès 2010 que sans une campagne de sensibilisation bien ciblée, il y avait des risques de problèmes majeurs. Mais l'administration a attendu au printemps 2013 pour enclencher le processus de concevoir le portail. Quatre mois est un temps très court pour réaliser une opération aussi complexe. Des représentants démocrates ont exprimé leur appréhension dès le printemps 2013 sur le risque d'un déraillement.

Un président Barack Obama, frustré et furieux, a dû présenter à la mi-novembre ses excuses aux Américains pour les ratés du système. Il a promis que le portail deviendrait opérationnel d'ici le 30 novembre. Pour ce faire, l'administration a fait appel à des experts informatiques.

Pour le moment, les républicains savourent les échecs continus dans le déploiement du portail qui leur donnent du carburant pour attaquer Obama et sa réforme des soins de santé. Pour leur part, les démocrates, ayant à l'horizon les élections de mi-mandat de 2014 et les élections présidentielles de 2016, sont nerveux.

À la mi-novembre, 15 sénateurs démocrates devant aller aux urnes en 2014 ont rencontré Barack Obama pour discuter du brouhaha entourant l'Obamacare. Par ailleurs, 39 démocrates de la chambre des représentants votèrent le 15 novembre avec les républicains pour un report d'un an de la mise en oeuvre de la réforme de santé d'Obama.

En politique, la perception est souvent aussi importante que la réalité. La gestion de la crise entourant la mise en oeuvre de l'Obamacare a représenté depuis deux mois un cauchemar en relations publiques. L'administration Obama est la cible de plaisanteries nationales. Le dommage est réel. Mais cela ne signifie pas qu'Obamacare va échouer.

L'Obamacare apparaît aujourd'hui comme un fiasco monumental qui est en train de paralyser tout l'agenda du deuxième mandat de Barack Obama. Pourtant, ce dernier avait voulu faire de l'Obamacare la pièce maitresse de sa présidence. Présentement, l'approbation par le public américain de sa gouvernance (39 % favorable et 54 % défavorable) est au même niveau qu'elle l'était pour George W. Bush à la même période dans sa présidence. Reste à savoir si le gâchis entourant l'Obamacare entachera l'héritage de Barack Obama comme cela représenta le cas pour George W. Bush avec l'ouragan Katrina.



Dernière modification: 2014-03-17 12:57:33

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