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30 mars 2013

Les États-Unis et la menace nord-coréenne


Gilles Vandal
historien,
Ph.D.
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

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Depuis deux ans, la Corée du Nord a multiplié les menaces à l'égard des États-Unis et de la Corée du Sud. L'escalade de la rhétorique et des actions agressives s'est accentuée depuis la mort de Kim Jong-il en décembre 2011. Il y a eu la tenue d'un test de missile en mars 2012. Le lancement d'une fusée en avril 2012. Un appel à la guerre sainte contre Séoul en août 2012. L'annonce d'un missile pouvant frapper le territoire américain en octobre 2012. L'annonce, en décembre 2012, de la mise en place d'une roquette à longue portée. La décision de tenir en février 2013 un nouveau test nucléaire. En mars 2013, la suspension de l'armistice de 1953 et la menace de lancer une attaque nucléaire préventive contre les États- Unis et la Corée du Sud. Dans une vidéo de propagande, la Corée du Nord menace même de détruire la Maison- Blanche. Presque aucune journée ne passe sans une nouvelle déclaration virulente de la Corée du Nord.

Quels sont les risques d'un affrontement militaire? Les États-Unis ont-ils raison de s'inquiéter? Pourquoi la Corée du Nord fait-elle ces menaces aujourd'hui?

La Corée du Nord a concentré une grande puissance militaire conventionnelle le long de sa frontière sud. En plus de posséder des milliers de canons et de chars, Pyongyang dispose de milliers de missiles balistiques capables de transporter des explosifs puissants à des centaines de kilomètres. Or elle menace d'enterrer Séoul, la capitale du Sud, dans une mer de feu. Pour démontrer son sérieux, Pyongyang a annoncé qu'elle considérait nulle l'armistice de 1953 qui avait mis fin à la guerre de Corée.

Or la guerre de Corée, qui a débuté en juin 1950, a causé la mort de 1,2 million de Coréens dans le Sud, un million dans le Nord, en plus d'entraîner la mort de 600 000 soldats chinois et de 36 500 soldats américains.

Forces inégales

Bien que la frontière entre les deux Corées soit aujourd'hui la zone la plus militarisée au monde, une guerre avec la Corée du Nord ne pourrait pas durer longtemps et aboutirait inévitablement à une défaite de la Corée du Nord. Après tout, Pyongyang dispose de moins de 30 jours de réserves de carburant.

Les analystes estiment que Pyongyang possède présentement six bombes nucléaires. Toutefois, elle est encore loin d'avoir la technologie pour lancer un missile avec une ogive nucléaire. Si les armes nucléaires nord-coréennes ne peuvent pas frapper dans l'immédiat le territoire américain, elles pourraient potentiellement être larguées par avion sur le territoire sud-coréen.

En réplique, Washington a annoncé le 15 mars dernier le déploiement de 14 missiles intercepteurs supplémentaires sur la côte ouest américaine, s'ajoutant aux 30 déjà en place. Les nouveaux intercepteurs seront opérationnels en 2017. Cette annonce reflète la préoccupation croissante des États-Unis vis-à-vis le programme de missiles nord-coréens. Washington ne veut prendre aucun risque devant une attaque éventuelle de Pyongyang.

Les États-Unis disposent déjà de 28 000 soldats en Corée du Sud. L'armée de la Corée du Sud, avec 700 000 réguliers, est l'une des plus modernes et puissantes du monde. Or, face à la menace nord-coréenne, Washington et Séoul ont annoncé la tenue d'exercices militaires conjoints. La participation des énormes bombardiers B-52 en provenance de la base de Guam, soulignant l'engagement américain de protéger de son parapluie nucléaire la péninsule coréenne, rappelle les pires moments de la guerre froide.

De plus, le Conseil de sécurité de l'ONU a réagi au test nucléaire nord-coréen de février 2013 en adoptant à l'unanimité une résolution qui durcissait les sanctions économiques imposées au régime de Pyongyang.

Washington refuse de jouer le jeu de Pyongyang. L'administration Obama a pris les mesures défensives nécessaires. Elle est prête à négocier avec les Nord-Coréens. Mais Pyongyang a déclaré récemment que son programme nucléaire n'était pas négociable.

Armes nucléaires

Depuis 15 ans, Washington a tenté de restreindre les programmes de missiles et d'armes nucléaires nord-coréens en échange d'une aide économique. D'ailleurs, l'administration américaine s'est engagée dans des pourparlers à six avec le Nord. Mais ces pourparlers se sont arrêtés en 2007 devant le refus de Pyongyang de renoncer à ses armes nucléaires. Pyongyang se comporte comme si elle désirait avoir à la fois le beurre et l'argent du beurre.

Pour les observateurs attentifs de la situation nord-coréenne, on assiste à un comportement inquiétant. Plusieurs analystes considèrent que cette posture agressive est le résultat d'une volonté du jeune leader Kim Jong-Un, âgé seulement de 29 ans, de consolider son pouvoir. Contrairement à son père qui s'appuyait sur l'armée, le pouvoir du jeune Kim gravite autour de l'appareil du parti communiste.

Néanmoins, Kim Jong-Un ne peut pas se maintenir au pouvoir sans le soutien de l'armée. Il a restructuré cette dernière et promu certains généraux. Son équipe croit qu'en devenant nucléaire, la Corée du Nord sera respectée par la communauté internationale. En devenant une puissance nucléaire, non seulement alors l'armée sera satisfaite, mais la Corée du Nord cesserait d'être un État paria.

Même selon les normes nord-coréennes, les déclarations et les gestes agressifs de Kim Jong-Un sont hautement provocants. Ils font monter la tension dans la péninsule coréenne. Pour l'administration Obama, la Corée du Nord représente un véritable casse-tête.

Le lancement de missiles et le récent test nucléaire ont brisé les espoirs de nouveaux pourparlers. Décidément, la Corée du Nord n'est plus celle d'il y a dix ans. Washington doit prendre acte de la nouvelle situation et formuler une nouvelle stratégie.

Ce qui complique la situation est le caractère imprévisible du comportement nord-coréen. Pire encore, les dirigeants nord-coréens ne pensent pas que leur comportement soit agressif. Au contraire, ils croient qu'ils sont victimes d'une grande injustice. Dans cette différence de perception réside un réel danger de dérapage. Or personne ne veut d'une nouvelle guerre en Corée.



Dernière modification: 2014-03-17 11:24:32

-N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.
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