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22 juin 2013

Susan Rice, un atout dans le jeu d'Obama


Gilles Vandal
historien,
Ph.D.
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Balado: Le monde en perspective




Nouveauté. Écoutez en baladodiffusion les rencontres qu'animent les professeures Isabelle Lacroix et Karine Prémont sur des questions qui touchent les enjeux démocratiques, les relations internationales ou les modes de scrutin. Des rencontres de 20 minutes dans un style simple et ouvert avec des spécialistes, des personnes présentes sur le terrain et aussi des étudiantes et étudiants de second cycle.

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Réélection de Barack Obama à la présidence des États-Unis

Au début du mois, le président Barack Obama a annoncé la nomination de Susan Rice comme conseillère à la sécurité nationale américaine, en remplacement de Tom Donilon qui va quitter son poste le 1er juillet. Le président Obama a aussi annoncé que Samantha Power allait remplacer Mme Rice comme ambassadrice des États-Unis à l'ONU. Avec les nominations au début de l'année de John Kerry au secrétariat d'État, Chuck Hagel à la Défense et John Brennan à la C.I.A., la composition de l'équipe d'Obama en sécurité nationale pour son deuxième mandat est ainsi complétée.

Susan Rice a occupé un premier poste important dans l'administration Clinton en tant qu'assistante au secrétaire d'État pour les affaires africaines, alors qu'elle n'avait que 33 ans. En 2007, Mme Rice fut un des premiers spécialistes en sécurité nationale à soutenir la candidature de Barack Obama. C'est elle qui a ensuite dirigé l'équipe de politique étrangère de Barack Obama en 2007 et 2008, lors de sa première campagne pour la présidentielle. Or, le candidat Obama se démarqua tout au long de sa campagne par une approche posée et équilibrée. Après l'élection de 2008, elle a été responsable de la formation de l'équipe de sécurité nationale pour le premier mandat d'Obama. Il l'a ensuite nommée au poste d'ambassadrice à l'ONU.

Considérée comme une des personnes les plus brillantes et les plus accomplies au sein de l'administration américaine, Mme Rice s'est démarquée en tant qu'ambassadrice à l'ONU par sa capacité de promouvoir les intérêts américains. Non seulement elle a démontré une grande capacité de travailler à la fois avec les Européens, les Chinois et les Russes, mais elle a aussi montré qu'elle avait des talents pour construire et diriger une équipe. Entre-temps, elle a développé une expertise sur des dossiers délicats comme la Corée du Nord, l'Iran et la Syrie.

Au nom du président

Au sein de l'administration Obama, aucune personne est aussi proche du président que Susan Rice. Aussi, lorsqu'elle parle, tout le monde sait qu'elle le fait au nom du président. Au cours du premier mandat, elle a démontré une loyauté profonde et inébranlable au président. Elle a accepté de servir de paratonnerre et de dévier vers elle les critiques républicaines concernant les attaques terroristes contre le consulat américain de Benghazi, où l'ambassadeur Stevens et trois autres employés trouvèrent la mort le 11 septembre 2012.

Tout au long de l'automne 2012, les républicains reprochèrent à Mme Rice d'avoir rapporté dans une émission d'affaires publiques des informations qui se révélèrent après coup inexactes. Pourtant, les mêmes sénateurs républicains ont soutenu la nomination de Victoria Nuland comme secrétaire adjoint au Département d'État pour les affaires européennes. Or, cette dernière fut responsable de la modification du rapport sur les attaques de Benghazi en tant que porte-parole du Département d'État. Mme Nuland avait l'avantage d'être mariée à Robert Kagan, un républicain conservateur très connu.

Après les présidentielles de 2012, Susan Rice était considérée comme le premier choix de Barack Obama pour succéder à Hilary Clinton en tant que secrétaire d'État. Confrontée aux attaques virulentes des républicains, Mme Rice a finalement choisi de retirer sa candidature. Barack Obama nomma alors John Kerry comme secrétaire d'État.

Le début du second mandat de Barack Obama fut pour le moins chaotique. Confronté à l'opposition républicaine, il n'a pas réussi à faire adopter son projet de loi sur le contrôle des armes à feu, ni à établir un consensus à long terme sur le déficit budgétaire. Par ailleurs, son administration a été secouée par les controverses entourant l'affaire de Benghazi, la saisie de relevés téléphoniques de journalistes par le Département de la Justice, le contrôle des déclarations fiscales du Tea party par l'IRS, et la collection de données auprès de millions d'enregistrements téléphoniques par l'agence de sécurité nationale. Est-ce que Barack Obama avait encore besoin d'une nouvelle controverse?

Or, la nomination de Susan Rice au poste de conseillère à la sécuritaire nationale ne requiert pas une confirmation du sénat. De plus, Barack Obama a décidé dans son second mandat d'affronter les républicains. Il a proposé la candidature de Chuck Hagel à la Défense, ainsi qu'une série d'autres personnes à différents hauts postes dans son administration en dépit de l'opposition des sénateurs républicains à ces nominations.

Un poste stratégique

Susan Rice est un choix naturel pour le poste de conseiller à la sécurité nationale. Elle bénéficie de l'entière confiance et du soutien du président. Toutefois, être proche du président peut devenir un piège. En tant que conseillère, elle pourrait alors être tentée de passer trop de temps avec le président et de ne pas accorder assez d'importance à sa responsabilité de gestion du CSN. Or, une des fonctions importantes du conseiller consiste à travailler avec son personnel pour formuler des options politiques et présenter des recommandations au président. Et finalement de s'assurer que les politiques approuvées par le président sont mises en oeuvre.

En effet, le poste de conseiller à la sécurité nationale est devenu avec les années très complexe. Le conseiller est confronté à une véritable bureaucratie tentaculaire. Le nombre de fonctionnaires oeuvrant au CSN dépasse maintenant les 400 personnes, soit 30 fois plus que sous l'administration Kennedy et 10 fois plus que sous l'administration Nixon.

Néanmoins, Susan Rice est en mesure de relever ce défi. Elle a montré à l'ONU qu'elle savait diriger une équipe. Ses capacités ont été testées au combat tant dans l'arène de l'ONU que dans la controverse entourant l'affaire de Benghazi. Elle a prouvé qu'elle était capable de faire face à la musique et qu'elle n'avait pas peur de prendre des risques. Finalement, elle a démontré sa capacité de motiver, de coordonner, voire même de discipliner son personnel pour les faire travailler en équipe.

Avec la nomination de Susan Rice, Barack Obama s'est assuré qu'il aurait à ses côtés une conseillère pragmatique qui n'a pas peur de se pencher sur des questions difficiles et qui sera en mesure de lui suggérer une utilisation stratégique de la puissance américaine dans le cadre d'initiatives multilatérales. En ce qui concerne le Canada, cette nomination représente un atout important. En effet, Susan Rice connaît très bien notre pays, puisqu'elle est mariée à un Canadien.



Dernière modification: 2014-03-17 11:28:06

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