Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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18 February 2014

La route transsaharienne est sur la bonne voie


Marc-Olivier Grandmaître
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

April
2007
Attentats terroristes en Algérie

April
2001
Début du « printemps noir » en Algérie

September
1999
Tenue d'un référendum sur la politique d'amnistie en Algérie

September
1998
Création du Groupe salafiste pour la Prédication et le Combat en Algérie

November
1995
Élection de Liamine Zéroual à la présidence de l'Algérie

February
1995
Émeute dans la prison de Serkadji, en Algérie

February
1992
Proclamation de l'état d'urgence en Algérie

January
1992
Démission du président algérien Chadli Bendjedid

October
1988
Émeutes en Algérie

November
1982
Manifestation islamiste d'envergure en Algérie

April
1980
Début du «printemps berbère» en Algérie

February
1979
Élection de Chadli Bendjedid à la présidence de l'Algérie

April
1975
Visite en Algérie du président français Valéry Giscard d’Estaing

October
1973
Début du premier «choc pétrolier»

September
1973
Tenue d'une conférence des pays non-alignés à Alger

January
1971
Implantation d'une réforme agraire en Algérie

August
1967
Ouverture d'un sommet des pays arabes à Khartoum

June
1965
Renversement du président Ahmed Ben Bella en Algérie

October
1963
Déclenchement de la guerre des sables entre le Maroc et l'Algérie

C'est dans le cadre du forum ministériel africain, qui se tenait du 9 au 13 décembre 2013 à Tunis, que la Banque africaine de développement (BAD) a remis le projet de l'autoroute transsaharienne sur la table africaine. En effet, avec le financement de 184 millions de dollars qui a été accordé dans le but de concrétiser la construction des 9022 kilomètres d'asphalte, le corridor transafricain, rejoignant Alger à Lagos ainsi que Dakar à Djibouti, semble prendre du galon auprès des institutions, organisations et gouvernements concernés (1).

C'est dans l'esprit de l'atteinte des objectifs établis par le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) que le projet reprend vie. Parmi ses aspirations, la nécessité de relier les membres de l'Union africaine afin de maximiser les échanges commerciaux, la disponibilité des services et l'intégration régionale du continent africain sont prédominantes (2).

Des motivations essentiellement économiques

Invoqué dans les années 1960, le dessein d'une route transsaharienne est mis de l'avant dans le but de renforcer les échanges économiques entre les États du Sahel et ceux du Maghreb (3). À l'époque, l'Algérie envisage un déploiement économique sur une grande partie du continent. C'est sous la tutelle des Nations unies que le programme prend son envol (4).

Le projet revêt, dès ses débuts, un caractère national important pour les six pays touchés, soit le Nigeria, l'Algérie, le Mali, la Tunisie, le Niger et le Tchad. En effet, ceux-ci entrevoient, à travers la création de cet axe nord-sud, la possibilité d'ouvrir leurs marchés nationaux. Ce plan d'envergure ambitionne à réduire le coût des transports et à procurer de meilleures conditions de vie aux populations éloignées en leur donnant accès aux services sociaux de base. À cela s'ajoute l'une des motivations premières, c'est-à-dire le renforcement de l'aspect sécuritaire du continent, et ce, spécifiquement dans toute la région du Sahara (5). Bref, nous pouvons dire que l'objectif global qui émane de l'aménagement de ce réseau routier est de rehausser le niveau de vie des habitants de la zone d'impact du projet par l'entremise de la stimulation économique et de l'expansion des services qui en découle.

Une construction qui avance à pas de tortue

Malgré les bienfaits fondamentaux suscités par la construction de cette route, les avancées demeurent restreintes. Selon Mohamed Ayadi, secrétaire général du Comité de liaison de la Transsaharienne (CLRT), « la route transsaharienne ne sera pas achevée de sitôt (6)». Il souligne cependant l'avancement en Algérie et au Niger. Toujours selon ses dires, le Mali et le Tchad seraient, de leur côté, limités par leur situation financière et politique précaire. Il tire pourtant son chapeau aux 1131 kilomètres de bitume qui ont vu le jour au Nigeria.

L'instabilité économique et le manque de financement ne sont pourtant pas les seuls responsables du retard de la transsaharienne. La situation dans le Sahel, particulièrement au Mali, s'avère un frein de taille à l'accouchement du programme.

Toutefois, la toute récente aide financière octroyée par la BAD permettra, d'une part, la construction de 565 kilomètres de route, reliant la branche centrale de l'autoroute aux voies tchadiennes. D'autre part, elle financera l'instauration d'un pont de 543 mètres sur le fleuve Niger dans la région de Farié (7).

Plusieurs tronçons de la route sont inachevés et parfois même non entamés. À ce propos, nous pouvons mentionner certaines sections principales telles que le segment Assamaka - Arlit ou encore l'axe Ngouri - Frontière, qui s'étendent du Niger au Tchad et qui demeurent incomplets (8).

Des retombées économiques difficilement perceptibles

Moyamed Ayadi aurait affirmé en avril 2013 que la route transsaharienne n'est pas rentable pour l'Algérie. Il semblerait que la majorité, soit près de 80% des échanges commerciaux de l'Algérie, soient entretenus avec son pays voisin, la Tunisie. De ce fait, l'Algérie ne se renflouerait pas en empruntant l'axe Alger-Lagos et le 3 milliards de dollars déjà investi ne serait pas rentable, du moins, jusqu'à présent (9).

Conçue en partie pour desservir les Hauts plateaux, la route ne paraît pas à elle seule satisfaire les attentes en matière de redressement économique. La création d'instances favorisant les échanges commerciaux et renforçant les liens économiques s'avère donc indispensable (10). Malgré cela, encore une fois selon le responsable tunisien du CLRT, la route bénéficierait aux relations entretenues par le Niger et le Nigeria puisque « 20% du volume du commerce extérieur nigérien se fait avec le Nigeria (11)».

Aujourd'hui, le Comité de liaison de la Transsaharienne fait face au problème de la rentabilité du projet. Sa création, axée précisément sur le défi de l'efficience de la route, rend compte du chemin qu'il reste à paver. Les retards socio-économiques demeurent à atténuer et l'aménagement d'un réseau complet n'est pas chose faite (12). La rentabilité est jusqu'à présent confuse, mais avec l'aide des bailleurs de fonds internationaux et l'engagement des institutions et gouvernements concertés, la consolidation du projet semble en voie de se concrétiser.




Références:

(1) GROUPE DE LA BANQUE AFRICAINE DE DÉVELOPPEMENT. « AFDB Allocates US$ 184.79 Million to Multinational Trans-Sahara Highway Project», 13 décembre 2013, [En ligne], http://www.afdb.org/fr/news-and-events/article/afd... (Page consultée le 16 février 2014).

(2) KARIM, Joseph. « Bank approves $185M for trans-Sahara Highway», Travel Digest, 19 décembre 2013, [En ligne], http://www.traveldigest.com.ng/index.php/en/2014-0... (Page consultée le 16 février 2014).

(3) ALGÉRIE 1. « La Transsaharienne sera transformée en autoroute Nord-Sud», 28 août 2013, [En ligne], http://www.algerie1.com/actualite/la-transsaharien... (Page consultée le 16 février 2014).

(4) PERDRIX, Philippe. « Transsaharienne : Alger-Lagos d'une seule traite», Jeune afrique, 29 août 2013, [En ligne], http://www.jeuneafrique.com/Articles/Dossier/JA269... (Page consultée le 16 février 2014).

(5) TRADEMARK SOUTHERN AFRICA. «Trans-Sahara Highway : appraisal report», 17 décembre 2013, [En ligne], http://www.trademarksa.org/news/trans-sahara-highw... (Page consultée le 16 février 2014).

(6) RADIO ALGÉRIENNE.« Le manque de financement retarde la transsaharienne», 3 décembre 2013, [En ligne], http://www.radioalgerie.dz/fr/component/tag/route-... (Page consultée le 16 février 2014).

(7) GROUPE DE LA BANQUE AFRICAINE DE DÉVELOPPEMENT. Op.Cit.

(8) LE POINT ÉCONOMIQUE. « 2 milliards de dollars pour les projets routiers de la transsaharienne», 30 avril 2013, [En ligne], http://www.lepointeco.com/algerie/2-milliards-de-d... consultée le 17 février 2014).

(9) ALGÉRIE FOCUS. « À quoi sert la route Transsaharienne». 28 août 2013, [En ligne], http://www.algerie-focus.com/blog/2013/08/algerie-... (Page consultée le 17 février 2014).

(10) BENREGUIA, Salah. « La problématique de la rentabilité de la route transsaharienne en ligne de mire», Djazairess, 28 août 2013, [En ligne], http://www.djazairess.com/fr/latribune/86991 (Page consultée le 17 février 2014).

(11) ALGÉRIE 1. Op. Cit.

(12) LE SOIR D'ALGÉRIE. « La modernisation lancée, en attendant sa valorisation économique», 29 août 2013, [En ligne], http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2013/08/29/... (Page consultée le 17 février 2014).

Dernière modification: 2014-02-24 07:59:04

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