Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

17 décembre 2018

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27 December 2014

Barack Obama et le syndrome du canard boiteux


Gilles Vandal
historien,
Ph.D.
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

November
2018
Élections de mi-mandat aux États-Unis

July
2018
Rencontre à Helsinki entre le président des États-Unis, Donald Trump, et le président russe Vladimir Poutine

June
2018
Tenue d’un sommet entre le président américain Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-un

March
2018
Intensification d’une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine

December
2017
Annonce du président américain Donald Trump sur Jérusalem

September
2017
Ouragans sur les Caraïbes

August
2017
Déferlement des ouragans Harvey et Irma sur le sud des États-Unis

January
2017
Adoption d’un décret exécutif sur l’immigration aux États-Unis

January
2017
Assermentation de Donald Trump à la présidence des États-Unis

November
2016
Élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis

September
2016
Apparition de l'ouragan Matthew

June
2016
Attentat meurtrier dans une boîte de nuit d'Orlando, aux États-Unis

March
2016
Début de la visite du président américain Barack Obama à Cuba

January
2016
Dévoilement de données confirmant l'établissement d'un record de chaleur en 2015

October
2015
Signature du Partenariat transpacifique à Atlanta, aux États-Unis

December
2014
Annonce des présidents des États-Unis et de Cuba sur les relations entre leurs pays

November
2014
Entente entre les États-Unis et la Chine sur la lutte aux changements climatiques

September
2014
Tenue d'une marche en faveur de la lutte aux changements climatiques

November
2012
Réélection de Barack Obama à la présidence des États-Unis

Lors de son deuxième mandat, un président américain assiste souvent impuissant à la diminution graduelle de son influence politique. Cela est particulièrement vrai après les élections de mi-mandat. Toute l'attention des observateurs et commentateurs devient rivée à la course pour sa succession. Depuis plus d'un demi-siècle, les politologues américains ont recours à l'analogie du « canard boiteux » pour décrire ce phénomène.

La première moitié du second mandat d'Obama a été marquée par une attitude systématique d'obstruction des républicains. Il en résulta un bras de fer entourant l'adoption du budget américain en octobre 2013 qui paralysa pendant plusieurs semaines l'administration américaine.

Mais l'équipe Obama fut aussi victime de ses propres erreurs. Pour ne citer qu'un exemple, la mise en application du programme de santé, connu sous le nom d'Obamacare, fut très difficile parce que l'administration Obama avait mal préparé sa stratégie.

Par la suite, le président Obama se montra d'une très grande prudence, comme s'il marchait sur des oeufs. Obama s'est senti alors contraint et frustré par les demandes provenant des candidats démocrates en difficulté.

Obama devait se montrer discret pour ne pas faire tanguer le navire. Plusieurs candidats démocrates lui demandèrent même de ne pas faire campagne dans leurs États. Mais cette stratégie n'a pas changé d'un iota les résultats. De fait, les électeurs américains montrèrent leur insatisfaction en novembre 2014 en renforçant la majorité des républicains à la chambre et en leur permettant de prendre contrôle du Sénat.

En conséquence, le président Obama apparaissait de plus en plus faible. Ceci se refléta dans les sondages, alors que le taux d'insatisfaction à l'égard d'Obama baissa en bas des 40 %. Au début de l'automne, la Maison Blanche apparaissait n'avoir aucun plan clair pour permettre à Barack Obama de rebondir.

La situation devint telle que même chez les démocrates on se demandait ce qu'il était advenu avec Barack Obama? Plusieurs avaient tourné la page et espérait le retour d'Hillary Clinton.

Pourtant, c'est un président Obama transformé qui est apparu après les élections du début novembre. Depuis près de deux mois, Barack Obama a pris des décisions à un rythme frénétique. Loin de mettre la pédale douce sur ses différends avec les républicains, il se comporte comme un dirigeant qui est en mission et qui est déterminé à obtenir rapidement des résultats. Il sait qu'il n'a plus à composer avec de futurs échéanciers électoraux.

Passant outre le fait que les républicains vont contrôler les deux chambres du Congrès avec des fortes majorités, le président Obama n'hésite pas à utiliser ses pouvoirs exécutifs de manière agressive.

Ainsi, face à un Congrès qui refusait d'adopter une nouvelle loi sur l'immigration, Obama décida d'agir unilatéralement.

Il n'hésita pas à recourir à tous les leviers du pouvoir exécutif pour empêcher la déportation de cinq millions d'immigrants illégaux.

Alors que les républicains menaçaient de paralyser l'administration américaine, Obama a joué du coude à la fin novembre pour forcer l'adoption d'un budget de 1.1 trillion de dollars afin de couvrir les dépenses régulières jusqu'au 30 septembre 2015.

Sur la question de l'environnement, non seulement il refuse toujours d'entériner le projet d'oléoduc Keystone, mais il a conclu une importante entente avec la Chine. Ce faisant, les deux pays ont tracé les grandes lignes directrices environnementales pour lutter efficacement contre le changement climatique.

Entre-temps, l'administration Obama définit, avant même que le dossier Sony fasse les manchettes des journaux, de nouvelles règles pour assurer l'indépendance d'internet et protéger les industries américaines contre la piraterie informatique.

À la mi-décembre, Obama surprit la communauté internationale en annonçant la mise en place d'un processus de normalisation des relations avec Cuba. Ce faisant, il mettait fin à une politique de plus de cinquante ans d'antagonisme entre les deux pays.

Entre-temps, les dernières données économiques viennent donner raison à Barack Obama. Après avoir hérité de la pire récession depuis la grande crise des années 1930, Obama a réussi à mettre l'économie américaine sur les rails de la croissance. Alors que les économies du Brésil, de la Chine, de la Russie et de l'Europe sont confrontées à un sérieux ralentissement, les États-Unis connaissent à la fin de 2014 un rythme de croissance de 5 %, ce qui ne s'était pas produit depuis 2003. De plus, le taux de chômage a été réduit à 5,8, soit au niveau de 2007. Décidément, l'économie américaine se porte bien.

Oui, bien sûr, il reste encore beaucoup à faire pour Obama au cours des deux prochaines années. Obama désire toujours amener le Congrès à hausser le salaire minimum de 7,25 à 10 dollars. Il est aussi déterminé à fermer le camp de détention de Guantanamo Bay. Par ailleurs, il cherche toujours à réaliser un accord avec l'Iran concernant son désarmement nucléaire. Finalement, même s'il a cherché à désengager les États-Unis du Moyen-Orient, l'État islamiste montre que le monde a plus que jamais besoin des États-Unis pour lutter contre le terrorisme.

Néanmoins, Barack Obama a démontré ces dernières semaines qu'il pouvait être un canard actif. Il ne s'est pas effondré après la raclée politique que le parti démocratique subi en novembre. Utilisant tous les pouvoirs de sa fonction, il a démontré par une série de coups de circuit qu'il était encore un joueur incontournable.

Avec le recul et en tenant compte des embuches auxquelles il a été confronté, il est déjà possible de conclure que Barack Obama va laisser sa marque comme un très grand président américain.

Par ailleurs, dans un nombre important de dossiers, il a établi l'agenda pour l'élection présidentielle de 2016. Qu'ils soient démocrates ou républicains, les différents candidats devront se positionner par rapport aux politiques définies par son administration.



Dernière modification: 2015-03-16 11:03:13

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