Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

16 décembre 2018

Pays | Statistiques | Années | Événements | Analyses | Biographies | Vidéos | Documents | Glossaire | Notes | Valeurs | Jeux | Recherche

19 January 2016

Élections canadiennes 2015 : le « pari » du Bloc québécois


Catherine Asselin
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

October
2018
Légalisation du cannabis au Canada

October
2015
Élection au Canada du Parti libéral de Justin Trudeau

May
2011
Réélection au Canada du Parti conservateur de Stephen Harper

October
2008
Ouverture du douzième Sommet de la Francophonie

October
2008
Réélection au Canada du Parti conservateur de Stephen Harper

June
2007
Ouverture du Sommet du G8 à Heiligendamm, en Allemagne

January
2006
Élection au Canada du Parti conservateur de Stephen Harper

June
2004
Élection au Canada du Parti libéral de Paul Martin

November
2000
Réélection au Canada du Parti libéral de Jean Chrétien

September
1999
Ouverture du huitième Sommet de la Francophonie

June
1997
Réélection au Canada du Parti libéral de Jean Chrétien

October
1995
Tenue d'un référendum sur la souveraineté du Québec

October
1993
Élection au Canada du Parti libéral de Jean Chrétien

December
1992
Signature de l'Accord de libre-échange nord-américain

October
1992
Tenue d'un référendum au Canada sur l'entente de Charlottetown

June
1990
Échec de l'accord constitutionnel du lac Meech au Canada

November
1989
Création de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique

November
1988
Réélection au Canada du Parti progressiste-conservateur de Brian Mulroney

September
1987
Ouverture du deuxième Sommet de la Francophonie

L'année 2015 fut mouvementée pour le parti du Bloc québécois (BQ). Avec le retour de l'ancien chef Gilles Duceppe, suivi d'une campagne électorale de 78 jours, 2015 demeure une année charnière pour cette formation politique. Récoltant seulement 10 sièges lors des élections du 19 octobre, le Bloc québécois pourrait bien voir son avenir se déterminer prochainement.

La cassure de 2011

Fondé le 15 juin 1991, le Bloc québécois est un parti politique canadien que l'on retrouve uniquement dans la province de Québec. Le parti tire son origine d'un mouvement parlementaire composé de députés fédéraux du Québec qui ont quitté le Parti conservateur et le Parti libéral après l'échec de l'Accord du lac Meech(1). C'est Lucien Bouchard, un ex-député du Parti conservateur, qui est le fondateur du parti.

Le BQ est un parti prônant la souveraineté de la province du Québec. Son principal mandat est de défendre les intérêts du Québec et son autonomie à la Chambre des communes canadiennes. C'est aux élections fédérales de 1993 que le parti connaît sa véritable heure de gloire en devenant l'opposition officielle à Ottawa, remportant 54 sièges et 49,3 % des voix au Québec (2).

Depuis sa formation, le Bloc québécois a toujours obtenu la majorité des sièges au Québec. Cependant, aux élections de 2011, le parti connaît une défaite écrasante. Victime de la « vague orange » néo-démocrate, il obtient seulement 4 sièges à la Chambre des communes. N'ayant pas obtenu le seuil de 12 sièges, le BQ n'est alors même pas considéré comme un parti officiel à la Chambre des communes.

Les élections 2015 se sont avérées comme un espoir de retour pour le parti. Cependant, avec un maigre résultat de 10 sièges et avec la défaite du chef Gilles Duceppe dans sa propre circonscription, le BQ se retrouve encore une fois dans une situation précaire concernant son avenir. Le parti n'a d'ailleurs récolté que 19,3 % des suffrages au Québec, soit la pire performance d'un parti souverainiste à des élections québécoises ou canadiennes depuis 1970(3).

Le paradoxe de la victoire

La situation du Bloc québécois à la suite des dernières élections demeure ambiguë. Lors de la démission de son chef Gilles Duceppe, le 22 octobre dernier, l'ancien politicien a mentionné qu'il quittait ses fonctions avec le « sentiment du devoir accompli (4) ». Il a d'ailleurs estimé que l'élection de 10 députés permettait d'assurer l'avenir du Bloc québécois pour les quatre prochaines années. L'analyse des élections 2015 montre même une campagne sans failles : excellentes présences aux débats télévisés, aucun faux pas médiatique et un travail acharné sur le terrain. La campagne du Bloc, bien qu'exemplaire, aura tout de même donné des résultats décevants (5).

L'avenir du Bloc québécois se caractérise bien plus par une remise en question du nationalisme québécois que par une simple question de popularité politique. Le philosophe Michel Seymour explique d'ailleurs que, bien au-delà des querelles présentes dans les mouvements souverainistes au Québec, il faut avant tout se demander si les indépendantistes sont en mesure de tenir compte de la diversité culturelle et du caractère multiple de l'identité québécoise(6). Le problème s'avère bien plus une redéfinition de la stratégie indépendantiste du Québec.

Les élections 2015 sont toutefois teintées d'un contexte social et politique particulier. L'immense soutien des Québécois à l'équipe du Parti libéral du Canada de Justin Trudeau se définit dans le contexte particulier d'une forte volonté de changement, à la suite à 9 ans de règne conservateur avec le gouvernement de Stephen Harper. Pour l'instant, il s'agira pour le Bloc québécois de trouver un nouveau chef qui pourra tenter de relancer le parti pour les prochaines élections 2019 (7).




Références:

(1) ENCYCLOPÉDIE CANADIENNE. Bloc Québécois, [en ligne], http://encycclopediecanadienne.ca/fr/article/bloc-... , (page consultée le 9 janvier 20 16).

(2) Ibid.

(3) ARSENAULT, Julien. « Gilles Duceppe quitte la direction du Bloc québécois », Le Devoir, 22 octobre 2015, [en ligne], http://www.ledevoir.com/politique/quebec/453284/gi... (page consultee le 9 janvier 2016).

(4) FORTIER, Marco. « Le Bloc à la croisée des chemins », Le Devoir, 21 octobre 2015 [en ligne], http://www.ledevoir.com/politique/canada/453115/le... (page consultée le 9 janvier 2016)

(5) Ibid.

(6) SEYMOUR, Michel. « Quel avenir pour l'indépendantisme québécois? », arts - lettres - sciences humaines, n°199,2004, [en ligne], http://www.erudit.org/culture/spirale1048177/spira... (page consultée le 9 janvier 2016).

(7) CASTONGUAY Alex. « L'avenir politique de Thomas Mulcair, du Bloc québécois et du Parti conservateur », l'Actualité, 21 octobre 2015, [en ligne], http://www.lactualite.com/actualites/politique/les... (page consultée le 14 janvier 2016).

Dernière modification: 2016-01-25 11:43:04

-N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.

Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour visionner la vidéo d'introduction
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016