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19 janvier 2016

La longue agonie de Forza Italia


Gabrielle Trottier
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

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2019
Élections au Parlement européen

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Tenue d’élections législatives en Italie

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Élection du pape François

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Élections législatives en Italie

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Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Silvio Berlusconi

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Décès du pape Jean-Paul II

juin
2004
Tenue d'élections au Parlement européen

mai
2001
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Silvio Berlusconi

Depuis plusieurs années, le parti politique italien de Silvio Berlusconi, Forza Italia, a vécu plusieurs échecs, tant au niveau électoral que dans les sondages d'opinion publique. Les résultats en défaveur de Berlusconi suscitent des interrogations quant à son avenir politique (1).

Une coalition centrée sur Berlusconi

Forza Italia est une formation politique italienne ayant vu le jour en 1994 sous l'impulsion de Silvio Berlusconi, l'homme d'affaires le plus riche du pays (2). Le leader-fondateur de Forza Italia est l'unique artisan du succès de son parti. Berlusconi détermine lui-même sa ligne de parti et ses objectifs (3). D'ailleurs, son hégémonie au sein de Forza Italia lui a permis d'être premier ministre à deux reprises (1994, 2001 à 2006) (4).

Ce parti a vécu de nombreuses modifications au cours des 20 dernières années, formant notamment des alliances avec la Ligue du Nord et l'Alliance nationale. Néanmoins, l'idéologie de cette formation libérale et réformatrice a toujours été au centre droit de l'échiquier politique (5).

D'un point de vue économique, Forza Italie priorise l'entreprise privée et une économie de marché (6). Pour ce qui est des affaires étrangères du pays, Berlusconi est sceptique à l'égard de l'intégration européenne de l'Italie et il réprime l'immigration clandestine par de nouvelles mesures d'expulsion des migrants illégaux (7).

Une impopularité appuyée par des chiffres

Forza Italia connaît un déclin observable dans les résultats des élections, au sein même de son parti et dans les sondages d'opinion publique. Les diverses élections montrent la longue chute du parti au fil des années. En 2008, la formation de Berlusconi a remporté 47 % des voix aux élections générales (9). Lors des élections européennes de 2009, le Peuple de la Liberté, le nom de Forza Italia à cette époque, a obtenu 35,2 % des suffrages. En mai 2014, le parti n'a soutiré que 16,8 % des votes. Enfin, lors des élections régionales et municipales de 2015, Forza Italia n'a décroché que 10,7 % du suffrage. C'est le Parti démocrate de centre gauche, dirigé par Matteo Renzi, qui a remporté les élections avec 40,8 % des voix (10).

Alors que l'électorat de Forza Italia mincit, l'équipe de Berlusconi suit la même mouvance. En effet, le 29 juillet 2015, il y eut une démission presque simultanée de 10 parlementaires de Forza Italia, dont un ancien ministre et certaines figures influentes au sein du parti (11). Denis Verdini, l'ancien chef du parti et le concepteur du pacte avec Renzi, a décidé de quitter pour créer un nouveau mouvement politique. D'autres députés décidèrent de suivre les traces de Verdini et de fonder les Conservateurs et les Réformistes. Cette désertion a affecté la ferveur parlementaire du parti et une part de son électorat (12).

Selon un sondage réalisé en 2015 par La Republica, il ne reste que 11 % des électeurs qui soutiennent la formation de Berlusconi. C'est le plus médiocre appui de l'électorat à l'égard du parti depuis sa création (13).

Selon le politologue Giovanni Orsina, Matteo Renzi est allé chercher les votes des anciens partisans de Forza Italia. Le Parti démocrate de Renzi se serait emparé du vote des gens déçus des promesses et des réformes non réalisées par Berlusconi (14).

De plus, Berlusconi a perdu une portion de son électorat lors de la crise de l'euro de 2011. Le manque de contrôle dont il a témoigné a fait fuir certains de ses partisans. Les scandales qu'il a provoqués concernant sa vie privée ont aussi contribué à son impopularité. Enfin, il y a beaucoup d'électeurs qui contestent le pacte de Berlusconi avec Matteo Renzi sur les réformes constitutionnelles, le Sénat et la loi électorale. Cet accord a amené Berlusconi et son équipe à voter des lois proposées par le gouvernement de Renzi allant à l'encontre de leurs valeurs (15).

Bien que Forza Italia soit en déclin au niveau des résultats électoraux et que le leader-fondateur ne possède plus son siège au Sénat, Berlusconi n'a pas perdu sa notoriété. Possédant la grande entreprise médiatique RAI, Berlusconi a une influence colossale tant au niveau médiatique que financier. Cet homme prospère comprend et connaît l'univers politique de son pays. D'ailleurs, il a déclaré que 2016 lui permettra de faire revenir Forza Italia au pouvoir. Que nous réserve-t-il (16) ?




Références:

(1) L'OBS Monde, « Série de défections dans le parti de Silvio Berlusconi en Italie »,23/09/2015,Rome,http://tempsreel.no... ? en-italie.html, (Page consultée le 15 janvier 2016)

(2) BRIQUET, Jean-Louis, « Le phénomène Berlusconi, crise et recomposition du jeu politique en Italie », 2005, htpp://www.ceri-sciences-po.org, (Page consultée le 15 janvier 2016)

(3) PAOLUCCI, Caterina, « Forza Italia : un non-parti aux portes de la victoire », Critique internationale, n.10, 01/2001, www.cairn.info/revue-critique-internationale-2001-... (Page consultée le 15 janvier 2016)

(4) ALBERTAZZI, Daniele, ROTHENBERG, Nina, « Resisting the Tide: Cultures of Opposition Under Berlusconi (2001-2006) », Continuum, 2009, https://www.academia.edu/12906036/Resisting_the_Ti... (Page consultée le 15 janvier 2016)

(5) Richard, HEUZE, « Berlusconi en campagne : "Italie, relève-toi !" », Le Figaro, 11/08/2008,http://www.lefigaro.fr/international/20... (Page consultée le 18 février)

(6) BRIQUET, Jean-Louis, « Le phénomène Berlusconi, crise et recomposition du jeu politique en Italie », 2005, htpp://www.ceri-sciences-po.org, (Page consultée le 11 janvier)

(7) Ibid.

(8) The Economist, « Not so forza any more », 15/08/2015, Rome, http://www.economist.com/news/europe/21661042-silv... (Page consultée le 17 janvier 2016)

(9) Le Monde, « Élections européennes : les résultats dans chaque pays », 25/05/2014,http://www.lemonde.fr/europeennes-2014/article/ 2014/05/25/les-premieres-projections-pays-parpays_... 146.html # Ore0sTzSDOkCHhfv.99, (Page consultée le 11 janvier 2016)

(10) L'OBS Monde, Op. cit.

(11) The Economist, Op. cit.

(12) L'OBS Monde, Op. cit.

(13) DELOY, Corinne, Élection européenne 2009 : analyse des résultats en Europe et en France, Paris, Fondation gouvernementale pour l'innovation politique, 27/09/2009, http://www.cevipof.com/fichier/p_publication/590/ publication_pdf_dt_elections_europeennes_2009.1.pdf (Page consultée le 17 janvier 2016)

(14) TOSSERI, Oliver, « Matteo Renzi, fossoyeur de la droite italienne », L'Opinion, 5/02/2015, Italie, http://www.lopinion.fr/5-fevrier-2015/matteo-renzi... (Page consultée le 12 janvier 2016)

(15) The Economist, Op. cit.

(16) The Conversation, « Silvio Berlusconi is far from finished in Italian politics», 15/01/2016,http://theconversation.com/silvio-berlu... (Page consultée le 19 janvier 2016)

Dernière modification: 2016-01-28 14:19:57

-N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.
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