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29 mars 2016

Un nouveau marché qui change l'automobile en Europe


Philippe Cordeau
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

juillet
2011
Attentats contre des cibles politiques en Norvège

janvier
1995
Entrée de l'Autriche, la Finlande et la Suède dans l'Union européenne

avril
1987
Dépôt du Rapport Brundtland sur l'environnement

août
1975
Signature à Helsinki d'un accord sur la sécurité en Europe

janvier
1973
Entrée du Royaume-Uni, de l'Irlande et du Danemark dans la CEE

janvier
1972
Signature des traités d'adhésion du Royaume-Uni, de l'Irlande, du Danemark et de la Norvège à la CEE

novembre
1966
Session constituante du tribunal Russell sur les crimes de guerre au Viêt Nam

septembre
1961
Début des travaux de l'Organisation de coopération et de développement économiques

janvier
1960
Création de l'Association européenne de libre-échange

décembre
1959
Signature d'un traité international protégeant l'Antarctique

septembre
1957
Décès du roi Haakon VII de Norvège

mai
1949
Création du Conseil de l'Europe

avril
1949
Création de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord

avril
1948
Création de l'Organisation européenne de coopération économique

janvier
1948
Entrée en vigueur de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce

février
1946
Élection de Trygve Lie au poste de secrétaire général des Nations unies

En Europe, le marché de l'automobile électrique ne cesse de s'accroître. La majorité des pays de ce continent détiennent un marché de l'automobile électrique assez grand ou qui débute son envol. Compte tenu que l'essence y coûte presque le double du Canada, les Européens doivent se tourner vers ce marché pour répondre à leurs besoins. Par contre, puisque cette technologie est récente, les automobiles conventionnelles sont toujours dominantes. D'ailleurs, il ne faut pas oublier que le développement de ce nouveau marché peut avoir des effets qui sont évidemment positifs, mais aussi négatifs. En ce sens, pour comprendre ce sujet, il sera important de l'aborder sous différents angles.

Un marché de l'automobile électrique varié

Pour illustrer notre propos, voici trois modèles tirés de trois pays différents. D'abord, l'Espagne est le deuxième exportateur de voitures électriques en Europe et il est le douzième au monde (1). Le marché espagnol de la voiture électrique est prometteur et on y voit plusieurs bonnes occasions d'affaires à moyen et long terme. L'Espagne a une grande occasion dans le domaine et l'optimiste population espagnole soutient le développement de ce marché (2). En effet, selon une étude réalisée par Deloitte, 82 % des Espagnols seraient prêts à s'acheter une voiture électrique, contrairement à 69 % pour le reste de l'Europe (3). Le gouvernement espagnol subventionne jusqu'à 5 000 euros l'achat d'une voiture électrique et diminue les tarifs de consommation de l'électricité la nuit (4).

Un autre cas, la France, est le plus gros marché de l'automobile électrique en Europe. En effet, Renault représente une voiture électrique sur cinq vendue en Europe (5). Tout comme l'Espagne, la France encourage l'achat de ces voitures en offrant des subventions de 6 300 euros (6). De plus, le marché de l'automobile électrique ne cesse de s'accroître en France. Chaque année, on y voit une augmentation d'environ 50 % pour les voitures électriques et 60 % pour les voitures hybrides (7).

Enfin, la Norvège est le pays où l'on trouve le plus grand nombre de voitures électriques par habitant au monde, soit une personne sur six (8). La Norvège est le pays qui encourage le plus la conduite de ce type de véhicule. En effet, le gouvernement norvégien a éliminé les taxes sur les voitures électriques, mais a gardé celles sur les voitures à combustible (9). De plus, ceux qui achètent une voiture électrique en Norvège peuvent se stationner n'importe où et circuler gratuitement dans les voies réservées au transport en commun (10). Le ministre du Transport norvégien a affirmé que c'est plus facile pour lui d'encourager ce type de transport, car la Norvège possède un surplus d'électricité grâce aux barrages hydro-électriques et aux éoliennes (11). Selon lui, il serait difficile pour le reste de l'Europe d'adopter cette politique puisque le marché de l'automobile traditionnelle est beaucoup trop important dans ces pays (12).

La technologie du futur qui débute

Comme nous l'avons mentionné, les voitures électriques sont nouvelles, y compris leur technologie. Par contre, celle-ci ne cesse de s'améliorer et devient de plus en plus efficace. Aujourd'hui, il existe 4 types de voitures écologiques. D'une part, il y a les véhicules hybrides en parallèle qui ont deux moteurs. Ceux-ci ont un moteur à combustion interne et un moteur électrique pour les courtes distances (13). Ensuite, il y a les véhicules hybrides rechargeables, où l'on combine les deux types de moteurs avec une batterie rechargeable (14). De plus, il y a les véhicules avec une batterie à combustible : « Ces voitures ont un moteur électrique dont l'énergie provient d'une réaction chimique dans une batterie à combustible (15). » Finalement, les véhicules électriques purs sont les derniers types. Ceux-ci fonctionnent entièrement avec un moteur électrique et comprennent une génératrice pour recharger la batterie (16).

Le plus coûteux de cette technologie est la batterie rechargeable qui vaut environ la moitié du prix de la voiture (17). Toutefois, les véhicules électriques ont une meilleure rentabilité énergétique lorsqu'on les compare aux voitures conventionnelles. En effet, une voiture électrique coûte environ 1,5 euro aux 100 kilomètres, tandis qu'une voiture hybride conventionnelle coûte environ 6 euros pour la même distance parcourue (18).

Enfin, on constate que certaines flottes de transport en commun commencent l'intégration de la technologie hybride et électrique dans les autobus en Europe (19).

Une technologie pas complètement verte

Les véhicules électriques sont souvent perçus comme 100 % verts et propres, ce qui est faux. En effet, si les voitures électriques étaient produites autant que les voitures à combustion, il y aurait des impacts environnementaux négatifs, en plus des impacts positifs à court terme (20).

En premier lieu, les voitures électriques ne produisent pas de polluants lorsqu'elles sont opérationnelles. Par contre, la production de ce type de véhicule pollue plus que la construction des voitures traditionnelles à moteur explosif (21). Ce phénomène s'explique par le fait que les voitures électriques demandent beaucoup d'énergie pour être produites, entraînant une hausse de la demande en électricité. Cette hausse de la demande augmenterait l'utilisation du charbon, qui n'est pas une énergie propre malgré qu'elle est peu coûteuse (22).

De plus, le modèle et la durée de vie de la batterie vont grandement affecter l'empreinte écologique des voitures électriques. En ce sens, la durée de vie d'une batterie et l'énergie qu'elle consomme pour fonctionner vont grandement affecter la demande en électricité. Alors, plus que l'on vide la batterie, plus on la recharge et plus on augmente la demande d'une énergie qui est souvent produite d'une façon non écologique (23).

Finalement, une recherche de l'European Topic Centre on Air and Climate Change a conclu qu'étant donné que la Chine et l'Inde polluent énormément avec le charbon, les voitures électriques réduiraient à peine les émissions de gaz à effet de serre (GES) au niveau mondial (24). Par contre, si l'on regarde uniquement en Europe, qui détient une diversité dans son mode de production de l'électricité, les voitures électriques diminueraient la production des GES d'environ 60 % comparée aux voitures conventionnelles (25). Enfin, des pays comme la France, l'Autriche et l'État de la Californie, aux États-Unis, pourraient atteindre une réduction des GES plus grande que 60 % si les voitures conventionnelles étaient remplacées par des voitures électriques (26).

Pour conclure, on peut constater que les voitures électriques ont un bel avenir, sachant que la technologie ne cesse de s'améliorer et que ce type de transport a une excellente empreinte écologique. Malgré certains défauts minimes, les points positifs sont beaucoup plus importants. Certains pays en Europe encouragent l'achat de ces véhicules verts. Des pays comme la Norvège découragent même les gens de s'acheter une voiture conventionnelle. Pourrions-nous même voir, dans le futur, des gouvernements qui interdisent ce type de véhicule?




Références:

(1) GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, fiche marchée du véhicule électrique en Espagne, [En ligne] : https://www.economie.gouv.qc.ca/objectifs/informer... (page consultée le 21 mars 2016)

(2) Ibid.

(3) Ibid.

(4) Ibid.

(5) BURGAN. Richard, Renault : leader du véhicule électrique en Europe en 2015, Turbo, 20 Janvier 2016, [En ligne]: http://www.turbo.fr/actualite-automobile/792958-re... (page consultée le 21 mars 2016)

(6) FRANCE DIPLOMATIE, France is the largest electric vehicule market in Europe, [En ligne]: http://www.diplomatie.gouv.fr/en/french-foreign-po... (page consultée le 21 mars 2016)

(7) Ibid.

(8) BFM BUISNESS, La voiture électrique progresse en Europe dans un marché encore fragile, 16 juin 2015, [En ligne]: http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/la-voiture... (page consultée le 21 mars 2016)

(9) CASINGE. Ecaterina, Solvik-Olsen : Norway leads on electric cars, 16 février 2015, [En ligne] : http://www.euractiv.com/section/transport/intervie... (page consultée le 21 mars 2016)

(10) Ibid.

(11) Ibid.

(12) Ibid.

(13) GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, Op. cit.

(14) Ibid.

(15) Ibid.

(16) Ibid.

(17) Ibid.

(18) Ibid.

(19) Ibid.

(20) HACKER. Florian et al., Environmental impacts and impact on the electricity market of a large scale introduction of electrics cars in Europe, European Topic Centre on Air and Climate Change, 2009, 169 pages.

(21) Ibid.

(22) Ibid.

(23) Ibid.

(24) Ibid.

(25) Ibid.

(26) Ibid.

Dernière modification: 2016-04-04 07:54:34

-N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.
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