Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

12 décembre 2018

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22 November 2016

Les États-Unis : les impacts un an après la COP21


Chloé Beaudin
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

November
2018
Élections de mi-mandat aux États-Unis

July
2018
Rencontre à Helsinki entre le président des États-Unis, Donald Trump, et le président russe Vladimir Poutine

June
2018
Tenue d’un sommet entre le président américain Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-un

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2018
Intensification d’une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine

December
2017
Annonce du président américain Donald Trump sur Jérusalem

September
2017
Ouragans sur les Caraïbes

August
2017
Déferlement des ouragans Harvey et Irma sur le sud des États-Unis

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Adoption d’un décret exécutif sur l’immigration aux États-Unis

January
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Assermentation de Donald Trump à la présidence des États-Unis

November
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Élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis

September
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Apparition de l'ouragan Matthew

June
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Attentat meurtrier dans une boîte de nuit d'Orlando, aux États-Unis

March
2016
Début de la visite du président américain Barack Obama à Cuba

January
2016
Dévoilement de données confirmant l'établissement d'un record de chaleur en 2015

October
2015
Signature du Partenariat transpacifique à Atlanta, aux États-Unis

December
2014
Annonce des présidents des États-Unis et de Cuba sur les relations entre leurs pays

November
2014
Entente entre les États-Unis et la Chine sur la lutte aux changements climatiques

September
2014
Tenue d'une marche en faveur de la lutte aux changements climatiques

November
2012
Réélection de Barack Obama à la présidence des États-Unis

Du 30 novembre au 12 décembre 2015, la France a accueilli et présidé la 21e Conférence-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21) (1). Au total, 196 délégations, soit 195 États et l'Union européenne, se sont réunies afin de débattre des enjeux climatiques mondiaux. Parmi ces pays, quelques-uns sont particulièrement importants; un de ceux-là, les États-Unis.

De Genève en 1979 à Paris en 2015

Au cours des 36 dernières années, plusieurs conférences mondiales sur le climat ont eu lieu. Quelques-unes d'entre elles ont été déterminantes.

La première conférence mondiale en matière climatique remonte à 1979 à Genève, en Suisse (2). À cette occasion, l'Organisation météorologique mondiale (OMM), le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) et le Conseil international des unions scientifiques (CIUS) fondent le Programme de recherche climatologique mondial.

En 1988, se tient la création du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Ce dernier est mandaté par l'OMM et le PNUE pour évaluer périodiquement l'état des connaissances sur les changements climatiques. En 1990, ce groupe fait son premier rapport dans lequel il déclare la responsabilité humaine dans les turbulences climatiques (3). Ce document permet l'élaboration de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Celle-ci est une avancée notable et est encore utilisée aujourd'hui.

En 1992, le Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, au Brésil, est une étape cruciale dans les négociations climatiques internationales avec la signature de la Convention-cadre onusienne. Elle a été ratifiée par 195 pays et l'Union européenne et est entrée en vigueur le 21 mars 1994 (4).

À partir de 2011, la communauté internationale traduit sa volonté d'agir collectivement par la constitution de la plate-forme de Durban. Cet espace a pour mandat de rassembler tous les pays, développés et en développement, afin de travailler un instrument juridique applicable à tous les États parties à la Convention sur le climat des Nations Unies (5). Dès lors, les acteurs internationaux mettent la table pour arriver à un accord multilatéral concluant en matière de changements météorologiques.

Puis, les conférences de Varsovie, en 2013, et de Lima, en 2014, ont fait la préparation de la COP21 de Paris, en 2015. Ces conférences appelaient les États à communiquer leurs contributions en matière d'émission de gaz à effet de serre (GES) avant la conférence parisienne.

Dans la cadre de la COP21, les États ont élaboré et négocié le tout premier accord universel pour le climat, soit l'accord de Paris (6). Celui-ci répond à certains enjeux climatiques par la création d'objectifs mondiaux à respecter via les efforts et engagements des États parties.

L'accord de Paris a comme principal objectif de permettre de contenir l'augmentation de la température mondiale. Il vise à réfréner celle-ci à 2 degrés Celsius, voire même de la limiter à 1,5, d'ici la fin du siècle. Un autre objectif est d'aider les pays en voie de développement à réduire leurs émissions de GES. La plupart du temps, ces pays ne possèdent pas les habiletés et les capacités requises pour y arriver eux-mêmes, donc l'entraide est de mise (7). Ce traité est au coeur de la COP21 dont le but ultime est de lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions.

L'accord a été conclu le 12 décembre 2015. En date du 22 avril 2016, 175 États l'avaient signé. Cependant, en droit international, lorsqu'un État signe un tel document, il n'y est pas encore lié. De fait, il ne le sera que lorsqu'il l'aura ratifié.

Pour son entrée en vigueur, le seuil de ratification était double, soit 55 États représentant 55 % des émissions de GES (8). L'accord de Paris est entré en vigueur le 4 novembre 2016. Bien que son application soit dans l'intérêt de la communauté mondiale, il aura fallu quelque 11 mois pour qu'il devienne effectif. Il semble donc que les États souhaitent voir progresser la lutte aux changements climatiques, mais sans sortir de leurs zones de confort.

Oncle Sam invité à se retrousser les manches

Les États-Unis sont les deuxièmes plus grands pollueurs mondiaux, en matière d'émission de GES (9). Les principaux émetteurs de ce gaz sont dans l'ordre la Chine avec 23,2 %, les États-Unis avec 12,64 %, l'Inde avec 6,3 %, la Russie avec 4,9 %, l'Indonésie avec 4,3 % et le Japon avec 2,6 %. Bien qu'aujourd'hui les États-Unis figurent au second rang, ils ont été « premiers de classe » pendant plusieurs années dans la production de GES. Par exemple, en 2014, environ 42 États émettaient individuellement plus de GES que 50 pays en voie de développement réunis (10).

Le rôle de Washington dans l'accord de Paris était déterminant dans la « balance climatique ». D'une part, parce que les États-Unis ont été, et sont encore, de grands pollueurs mondiaux. Donc ratifier cet accord devenait quasiment une tâche qui leur incombait. D'autre part, parce que la ratification américaine permettait de faire avancer le processus d'entrée en vigueur de ce traité. Celui-ci était conditionnel à la ratification d'au minimum 55 pays totalisant 55 % des émissions de GES. Les États-Unis en représentent 12,64 %, soit un peu moins du cinquième requis. Ils font donc partie des pays essentiels pour la concrétisation de ce traité.

Face aux changements climatiques de plus en plus perceptibles et en raison de leurs hauts niveaux de production de GES, les États-Unis ont ratifié l'accord de Paris le 3 septembre 2016, à l'occasion du Sommet du G20 à Hangzhou, en Chine (11). De plus, l'impact et l'engagement du président Barack Obama, à l'approche de la fin de ses mandats, sont certainement des facteurs incontournables dans cette ratification.

Une contribution américaine timide

Dans la foulée de la COP21, les États-Unis ont été le 32e pays à annoncer leurs contributions nationales. Ils se sont engagés à réduire leurs émissions de GES de 26 à 28 % d'ici 2025, par rapport au niveau de 2005 (12). Toutefois, cette année-là, ils ont connu un pic d'émission de ce gaz. Il semble donc qu'ils se sont donné un objectif d'envergure réduit à la base. De plus, la réduction proposée couvre tous les types de GES et inclut tous les secteurs de l'économie, dont le secteur forestier et l'usage des sols. Ils se sont également engagés à ne pas faire usage des crédits de carbone internationaux (13).

Selon les observateurs, en tant que 2e contributeur mondial d'émission de GES, la collaboration des États-Unis à l'accord de Paris est insuffisante au regard de leurs capacités économiques et technologiques, ainsi que de leurs responsabilités face aux changements climatiques (14). Selon Célia Gautier, responsable des politiques européennes au Réseau action climat, aucune action des États parties à l'accord n'a été faite cette année pour atteindre les objectifs fixés lors de la COP21 (15).

Presque une année après cette conférence, les États-Unis ne semblent pas opérer de changements nationaux afin de répondre à la réduction d'émission de GES escomptée. De plus, l'élection présidentielle du républicain Donald Trump amène de nombreuses interrogations quant à l'implication américaine dans l'accord de Paris, voire même des inquiétudes pour l'avenir climatologique mondial.




Références:

1. Ségolène Royal, La COP21, Gouvernement.fr, 4 novembre 2016, http://www.gouvernement.fr/action/la-cop-21, (Page consultée le 13 novembre 2016).

2. COP21, Du 30 novembre au 12 décembre à Paris, http://www.cop21.gouv.fr/comprendre/cest-quoi-la-cop21/, (Page consultée le 13 novembre 2016).

3. Loc. cit.

4. Loc. cit.

5. Loc. cit.

6. Ségolène Royal, op. cit.

7. Novethic, Accord de Paris, http://www.novethic.fr/climat/accord-de-paris.html, (Page consultée le 13 novembre 2016).

8. Ségolène Royal, op. cit.

9. Alexandre Pouchard, COP21 : les contributions des États sur le climat, Le Monde.fr, 30 novembre 2015, http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/0... (Page consultée le 14 novembre 2016).

10. Le Saviez-Vous ?, Top 10 : les pays les plus polluants au monde, 25 novembre 2014, http://lesaviezvous.info/top-10-les-pays-les-plus-... (Page consultée le 13 novembre 2016).

11. Organisation des Nations unies, Collection des Traités, Nations Unies, 13 novembre 2016, https://treaties.un.org/Pages/ViewDetails.aspx?src... (Page consultée le 13 novembre 2016).

12. Alexandre Pouchard, op. cit.

13. Ma COP21, États-Unis contribution nationale pour la COP21, http://macop21.fr/contributions/united-states/, (Page consultée le 14 novembre 2016).

14. Loc. cit.

15. Florian Bardou, Neuf mois après la COP21, où est passé « l'esprit de Paris » ?, Libération, 31 août 2016, http://www.liberation.fr/planete/2016/08/31/neuf-m... (Page consultée le 13 novembre 2016).

Dernière modification: 2016-11-28 07:52:47

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