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1 mars 2018

Retour en force au Mexique : à la conquête d'une présidence autrefois « volée »


Alexandre Marion
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

juillet
2018
Élection d’Andrés Manuel Lopez Obrador à la présidence du Mexique

septembre
2017
Tremblement de terre dévastateur au Mexique

juillet
2012
Élection d'Enrique Pena Nieto à la présidence du Mexique

juin
2009
Confirmation d'une pandémie de grippe A (H1N1) par l'OMS

juillet
2006
Élection de Felipe Calderon à la présidence du Mexique

juillet
2000
Élection de Vicente Fox à la présidence du Mexique

janvier
1994
Début du soulèvement des Indiens du Chiapas, au Mexique

décembre
1992
Signature de l'Accord de libre-échange nord-américain

juillet
1988
Élection de Carlos Salinas de Gortari à la présidence du Mexique

septembre
1985
Tremblement de terre meurtrier au Mexique

juillet
1982
Élection de Miguel de la Madrid Hurtado à la présidence du Mexique

août
1980
Signature du traité de Montevideo entre les pays de l'Alalc

juin
1975
Ouverture d'une conférence internationale sur les femmes à Mexico

octobre
1968
Répression d'une manifestation étudiante sur la Place des trois cultures à Mexico

février
1960
Signature du traité de Montevideo créant l'Association de libre-échange de l'Amérique latine

décembre
1959
Création de la Banque interaméricaine de développement

mars
1948
Création de l'Organisation des États américains

septembre
1947
Signature du Traité interaméricain d'assistance réciproque à Rio de Janeiro

L'élection présidentielle de 2018 pourrait bien être la bonne. En effet, Andres Manuel Lopez Obrador (AMLO) décide de revenir en force pour obtenir le siège présidentiel qu'il croyait avoir remporté en 2006.

Un vétéran de la politique

Diplômé en sciences politiques et en administration publique, AMLO débute sa carrière politique en 1976 (1). Après avoir été membre du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), le parti au pouvoir, il aide à la création du Parti de la Révolution démocratique (PRD) en 1989. Il en devient le chef de 1996 à 2000. Par la suite, il devient le premier gouverneur élu dans le district fédéral, la « mairie de Mexico », de 2000 à 2005. Fervent militant de la démocratie, il instaure des mesures de transparence pendant son mandat, une première au Mexique.

Ensuite, il quitte la mairie pour se présenter à la présidence du pays en 2006 et en 2012 sous la bannière du PRD. Il arrive second dans les deux élections successives (2). Suivant sa défaite de 2006, il crée le Mouvement de régénération nationale, plus connu sous l'acronyme MORENO, en 2011, dans le but de soutenir sa candidature de 2012. Il ne le fait toutefois certifier comme parti politique qu'en 2014 dans le but de se présenter de nouveau à la présidence en 2018.

Très progressistes pour le Mexique, les idées d'AMLO portent majoritairement sur l'amélioration des services pour les citoyens, l'aide financière pour les étudiants, les personnes âgées, les mères monoparentales et pour les gens souffrant de déficience intellectuelle et physique (3).

Des élections qui ont mis le feu aux poudres

Même ceux qui croient dans les chances d'AMLO ne peuvent oublier l'élection présidentielle de 2006, marquée par un climat très instable, notamment à cause de ses résultats. En effet, alors que tous voyaient la victoire d'AMLO comme évidente, des procédés plutôt frauduleux sont venus changer les règles du jeu (4). Manipulation de votes et attaques politiques déloyales : tout a été vu lors de cette élection de 2006 pour empêcher le candidat de la gauche de remporter la présidence. Même un appel au Tribunal électoral du Pouvoir judiciaire de la Fédération (TEPJF) n'a pas pu rétablir la situation (5).

AMLO en est même venu à instaurer un « gouvernement légitime » pour jeter les bases d'une « structure territoriale pour une nouvelle organisation » qui mènera éventuellement à la création du MORENO (6). Finalement, après différents mouvements et diverses coalitions, ce sujet est toujours très chaud pour AMLO et le motive grandement à se représenter à la présidence (7).

Un contexte politique difficile pour AMLO

Les points chauds entourant la politique internationale mexicaine se résument à un nom : Donald Trump. L'ombre de celui-ci plane, que ce soit en ce qui a trait à la réforme des taxes américaines, qui mettent un poids important sur les entreprises du Mexique ou de la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (8).

Sur le plan intérieur, une hausse du taux de criminalité, une gronde populaire sur une corruption omniprésente et une économie plutôt faible sont les principaux problèmes (9). Ainsi, la présence d'un candidat populaire avec des idées plus progressistes rend perplexes les multiples investisseurs. Ceux-ci retardent leurs investissements dans le pays avant d'avoir l'heure juste sur les nouvelles règles du jeu en cas de victoire d'AMLO. Cette situation pourrait engendrer un climat plutôt instable si ces nouvelles règles ne conviennent plus aux investisseurs. C'est ce que craint notamment Jorge G. Castañeda, un ancien politicien et écrivain.

En janvier 2018, Andres Manuel Lopez Obrador est le meneur dans les intentions de vote (10). Il affrontera José Antonio Meade du PRI, qui a été désigné par Enrique Peña Nieto comme son successeur selon une ancienne tradition mexicaine. Un appui qui peut facilement être un couteau à double tranchant vu le faible appui (26 %) accordé à Peña Nieto.




Références:

(1) AMLO, « Semblanza », URL http://lopezobrador.org.mx/semblanza/ (Page consultée le 1er mars 2018)

(2) BUFFE, Patrick-John, « Mexique: Morena, le nouveau parti officiel de Manuel Lopez Obrador », RFI, 20 juillet 2014, URL http://www.rfi.fr/ameriques/20140720-mexique-moren... (Page consultée le 1er mars 2018)

(3) AMLO, Op. Cit.

(4) CAROIT, Jean-Michel, « Andres Manuel Lopez Obrador : "On me vole la présidence" », LeMonde.fr, 24 août 2006, URL http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2006/08/24... (Page consultée le 1er mars 2018)

(5) Loc. Cit.

(6) COMBES, Hélène, « Chapitre 2 / Quand la gauche mexicaine gouverne... sans gouverner. L'expérience du « gouvernement légitime », dans « La Gauche en Amérique latine, 1998-2012 » de Olivier DABÈNE, Cairn.info, Pages 75 – 104, URL https://www.cairn.info/la-gauche-en-amerique-latin... (Page consultée le 1er mars 2018)

(7) Loc. Cit.

(8) KISSI, Dawn, « Populist Mexican presidential candidate Lopez Obrador spooking investors as NAFTA talks heat up », CNBC, 28 janvier 2018, URL https://www.cnbc.com/2018/01/26/mexican-populist-l... (Page consultée le 1er mars 2018)

(9) G. CASTAÑEDA, Jorge, « A Perfect Storm Is Coming to Mexico », The New York Times, 10 janvier 2018, URL https://www.nytimes.com/2018/01/10/opinion/mexico-... (Page consultée le 1er mars 2018)

(10) THE AMERICAS, « José Antonio Meade is the PRI's candidate for Mexico's presidency », The Economist, 30 novembre 2017, URL https://www.economist.com/news/americas/21731873-r... (Page consultée le 1er mars 2018)

Dernière modification: 2018-03-19 11:50:33

-N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.
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Pour la liste complète de nos bulletins sur l'actualité, consultez la rubrique analyse. Ces bulletins sont rédigés par des étudiants et étudiantes du programme d'Études politiques appliquées de l'Université de Sherbrooke. La recherche et la rédaction sont supervisées par notre rédacteur en chef Serge Gaudreau.

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