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12 février 2019

L'Afrique du Sud compte donner une orientation pacifiste au Conseil de sécurité


Valeria Pecoraro
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Balado: Le monde en perspective




Nouveauté. Écoutez en baladodiffusion les rencontres qu'animent les professeures Isabelle Lacroix et Karine Prémont sur des questions qui touchent les enjeux démocratiques, les relations internationales ou les modes de scrutin. Des rencontres de 20 minutes dans un style simple et ouvert avec des spécialistes, des personnes présentes sur le terrain et aussi des étudiantes et étudiants de second cycle.

Au fil du temps

février
2018
Démission du président sud-africain Jacob Zuma

mai
2014
Réélection du Congrès national africain de Jacob Zuma en Afrique du Sud

décembre
2013
Décès de l'ex-président sud-africain Nelson Mandela

juin
2010
Présentation de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud

mai
2009
Élection de Jacob Zuma à la présidence de l'Afrique du Sud

mai
2008
Attaques xénophobes en Afrique du Sud

juillet
2007
Présentation de la journée Live Earth

août
2002
Ouverture d'un sommet sur le développement durable à Johannesburg

juin
1995
Conquête de la Coupe du monde de rugby par l'Afrique du Sud

mai
1994
Élection de Nelson Mandela à la présidence de l'Afrique du Sud

juin
1991
Abolition des dernières lois ségrégationnistes en Afrique du Sud

mars
1990
Proclamation d'indépendance de la Namibie

février
1990
Libération de Nelson Mandela en Afrique du Sud

décembre
1988
Signature à New York d'un traité sur le conflit en Angola

septembre
1984
Élection de Pieter Botha à la présidence de l'Afrique du Sud

juin
1976
Émeutes à Soweto en Afrique du Sud

décembre
1967
Première greffe cardiaque de l'histoire

août
1962
Arrestation de Nelson Mandela

mars
1960
Émeute à Sharpeville, en Afrique du Sud

Le 8 juin 2018, l'Afrique du Sud a été élue pour occuper un siège à titre de membre non-permanent au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, du 2 janvier 2019 au 31 décembre 2020. Avec l'Afrique du Sud ont aussi été élues l'Allemagne, la Belgique, l'Indonésie et la République dominicaine (1).

Un peu d'histoire

Durant la dernière partie du XXe siècle, l'Afrique du Sud s'est vue isolée sur la scène internationale par des sanctions économiques (2). Celles-ci ont été imposées à cause de l'apartheid, un système de discrimination raciale, grâce auquel la minorité caucasienne détenait la majorité des privilèges sur la majorité noire.

Or, depuis la réalisation des premières élections libres et démocratiques en 1994, le pays s'est beaucoup ouvert sur la scène internationale. Preuve de cela est le fait que ce ne sera pas la première, mais la troisième fois que l'Afrique du Sud siégera au Conseil de sécurité. La première fois était en 2007-2008. La deuxième fois était pendant la période 2011-2012 (3).

Depuis plusieurs années, on considère la possibilité de créer deux nouveaux sièges de membres permanents pour l'Afrique du Sud et pour l'Allemagne (4). On pourrait expliquer cette possibilité par le fait que, malgré leurs passés sombres, les deux pays sont considérés des puissances régionales. Toutefois, il faut bien préciser qu'aucune action concrète n'a été prise pour y arriver.

Le melting pot du Conseil de sécurité de l'ONU

Le Conseil de sécurité des Nations unies est l'organe exécutif des Nations unies (ONU). Il est composé de cinq membres permanents et 10 membres non-permanents. Les cinq membres permanents sont les cinq pays gagnants de la Seconde Guerre Mondiale : les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Russie (ancienne Union soviétique) et la Chine. Les 10 autres membres non-permanents sont élus pour siéger pour une période de deux ans. Selon le site web de l'ONU, ces 10 sièges sont déterminés selon une répartition géographique : « cinq pour les États d'Afrique et d'Asie, un pour les États d'Europe orientale, deux pour les États d'Amérique latine et des Caraïbes, deux pour les États d'Europe occidentale et les autres États (5). »

Cette course à l'élection a été un peu intéressante. Au départ, Israël avait proposé sa candidature comme un des deux États d'Europe occidentale. Toutefois, l'appui était tellement faible, que le gouvernement israélien a préféré retirer sa candidature avant le premier tour avant d'être humilié (6).

Il est important de mettre en relief une différence fondamentale avec l'Assemblée générale de l'ONU. Malgré le fait que les deux organes peuvent adopter des textes de résolution, ce ne sont que les résolutions adoptées par le Conseil de sécurité qui ont un caractère contraignant sur le plan juridique (7). De plus, ce n'est que le Conseil de sécurité qui approuve des interventions militaires. C'est aussi cet organe des Nations unies qui a le pouvoir d'imposer des sanctions économiques et d'organiser des interventions des Casques bleus, les fameuses missions de maintien de la paix de l'ONU.

Il faut savoir que pour qu'un pays soit élu au sein du Conseil de sécurité, il doit obtenir le vote des 2/3 des 193 États membres des Nations unies (8). Cette année, dans les groupes Asie-Pacifique et Afrique ont été élus l'Afrique du Sud et l'Indonésie. Le premier a été élu avec 183 votes et le deuxième avec 144 votes. Pour leur part, la République dominicaine et l'Allemagne ont été élus avec 184 votes, tandis que la Belgique l'a été avec 181 votes (9).

Dans cette élection, la candidature de l'Afrique du Sud a été votée en bloc par tous les membres de l'Union africaine (10).

Le processus de sélection des candidatures se passe très différemment selon la région géographique. Selon un diplomate qui souhaitait rester sous l'anonymat, dans certaines régions, les pays peuvent placer leurs candidatures par ordre d'arrivée (11).

Poursuivre l'héritage de Nelson Mandela

En Afrique du Sud, la nouvelle de la sélection du pays au sein du Conseil de sécurité a été accueillie de manière très favorable. En fait, le président sud-africain Cyril Ramaphosa s'est dit « honoré par la confiance que la communauté internationale a dans (leur) capacité de contribuer dans la résolution des défis globaux (12) ». De plus, le gouvernement sud-africain a déclaré qu'il dédierait son passage au Conseil de sécurité à poursuivre les valeurs de paix du regretté président Nelson Mandela (13).

Dans le pamphlet élaboré par le gouvernement sud-africain, celui-ci décrit clairement quelles sont les politiques appliquées. L'un des objectifs importants du gouvernement de Ramaphosa est d'établir la paix dans le continent africain, de contribuer à résoudre les conflits par le dialogue, la diplomatie et la négociation (14).

Actuellement, le Conseil de sécurité se retrouve plus divisé que jamais. Chaque grande puissance tire le drap de son côté du lit, au détriment des intérêts des autres. Cela fait en sorte que le Conseil de sécurité est pratiquement paralysé sur plusieurs sujets, notamment la Syrie et la guerre civile du Yémen, pour ne nommer que ces deux conflits.

Ce ne sont pas les seuls conflits que les 10 membres non-permanents auront à gérer. Dans la République démocratique du Congo (RDC), les tensions entre le gouvernement et les opposants montent de plus en plus. De plus, dans ce pays a lieu actuellement l'une des pires épidémies d'Ebola des temps récents, ce qui intensifie encore la gravité de cette crise (15).

Maintenant, plusieurs des cinq membres permanents se retrouvent aux prises avec leurs propres problèmes. En effet, le Royaume-Uni est aux prises avec un Brexit bâclé, la Russie avec les sanctions imposées depuis l'annexion illégale de la Crimée et avec le conflit syrien et les États-Unis le sont avec leur politique de « l'Amérique en premier lieu ». D'ailleurs, plusieurs diplomates craignent qu'avec Heather Nauert, qui est entrée en remplacement de Nikky Hailey en tant qu'ambassadrice des États-Unis, cette orientation nationaliste ne s'endurcisse encore plus (16).




Références:

(1) RFI, « ONU: cinq nouveaux membres non permanents du Conseil de sécurité en 2019 », Publié le 08-06-2018 Modifié le 09-06-2018 à 02:22, URL : http://www.rfi.fr/europe/20180608-allemagne-consei... , consulté le 12 février 2019.

(2) Ch. Hefti, E. Staehelin-Witt, « Economic Sanctions against South Africa and the Importance of Switzerland », SNF, URL : http://www.snf.ch/sitecollectiondocuments/nfp/nfp4... , consulté le 12 février 2019.

(3) Departement of International Relations and Cooperation of the Republic of South Africa, « SOUTH AFRICA – A NON-PERMANENT MEMBER OF THE UNITED NATIONS SECURITY COUNCIL 2019 – 2020 », URL : http://www.dirco.gov.za/department/unsc/index.html , consulté le 12 février 2019.

(4) LeVif avec AFP, « Israël renonce à présenter sa candidature au Conseil de sécurité », 4 mai 2018, URL : https://www.levif.be/actualite/international/israe... , consulté le 12 février 2019.

(5) Bibliothèque Dag Hammarskjöld, « Comment les membres non permanents du Conseil de sécurité sont-ils sélectionnés ? », URL : http://ask.un.org/fr/faq/232007 , consulté le 12 février 2019.

(6) 24heures, « Conseil de sécurité: entrée de grandes puissances », 27 décembre 2018, URL : https://www.24heures.ch/monde/conseil-securite-ent... , consulté le 12 février 2019.

(7) BERROD, Nicolas, « A quoi sert encore le Conseil de sécurité de l'ONU ? », Le Parisien, 2 janvier 2019, URL : http://www.leparisien.fr/international/a-quoi-sert... , consulté le 12 février 2019.

(8) Le Point avec AFP, « L'ONU se choisit cinq nouveaux membres pour son Conseil de sécurité », 8 juin 2018, URL : https://www.lepoint.fr/monde/l-onu-se-choisit-cinq... , consulté le 12 février 2019.

(9) Wikipedia, « Élection du Conseil de sécurité des Nations unies de 2018 », URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_du_Con... , consulté le 15 février 2019

(10) Le Point avec AFP, Op. Cit.

(11) Ibid.

(12) IOL, « South Africa assumes seat on UN Security Council », 1er janvier 2019, URL : https://www.iol.co.za/news/politics/south-africa-a... , consulté le 12 février 2019.

(13) Ibid.

(14) Departement of International Relations and Cooperation of the Republic of South Africa, « Continuing the Legacy: Working for a Just and Peaceful World. South Africa – Candidate for Non-Permanent Membership of the United Nations Security Council 2019 – 2020 », URL : http://www.dirco.gov.za/department/unsc/unsc_booklet.pdf , consulté le 12 février 2019.

(15) Organisation mondiale de la santé, « Rapports de situation sur l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo », 1er octobre 2018, URL : https://www.who.int/ebola/situation-reports/drc-2018/fr/ , consulté le 12 février 2019.

(16) 24heures, Op. Cit.

Dernière modification: 2019-02-18 22:25:12

-N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.
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