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9 septembre 2007

Deuxième Sommet de la Francophonie à Québec en 1987 : Je me souviens ?


Sabrina Bossé
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

octobre
2018
Légalisation du cannabis au Canada

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2015
Élection au Canada du Parti libéral de Justin Trudeau

mai
2011
Réélection au Canada du Parti conservateur de Stephen Harper

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2008
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2000
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1999
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1997
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1995
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1992
Signature de l'Accord de libre-échange nord-américain

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1992
Tenue d'un référendum au Canada sur l'entente de Charlottetown

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Échec de l'accord constitutionnel du lac Meech au Canada

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1989
Création de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique

novembre
1988
Réélection au Canada du Parti progressiste-conservateur de Brian Mulroney

septembre
1987
Ouverture du deuxième Sommet de la Francophonie

Du 2 au 4 septembre 1987 se tenait à Québec le second Sommet de la Francophonie, réunissant près d'une quarantaine de pays ayant en commun la langue française. C'est sous la présidence du premier ministre du Canada, Brian Mulroney, que les représentants des gouvernements prenaient part à la rencontre. Des pays comme la France, le Mali et le Rwanda ainsi que des provinces canadiennes comme le Québec et du Nouveau-Brunswick étaient présents pour ces trois journées d'activités. Le but : établir les bases de la Francophonie.

Bien que l'idée de créer une Francophonie «institutionnelle» mijote depuis plusieurs années, c'est à Paris en 1986, avec la tenue du premier Sommet de la Francophonie, que s'est concrétisé le souhait de plusieurs dirigeants francophones, notamment celui du président sénégalais Léopold Senghor, promoteur de l'idée depuis les années 1960. Au fil des ans, les institutions de la Francophonie ont évolué. Avec la création de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en 1997, les sommets, comme celui de Québec, sont devenus la clef de voûte permettant l'atteinte d'un objectif bien défini : assurer un rayonnement du français à l'échelle planétaire.

Selon les données de l'OIF pour l'année 2007, 55 États et gouvernements sont actuellement membres en plus des 13 États ayant reçu le statut d'observateurs (2). Contexte international oblige, l'OIF ne s'arrête pas à promouvoir uniquement la langue française ; elle est aussi un outil « de plus en plus politique [voulant] jouer un rôle dans le cadre de la mondialisation en cours, principalement pour soutenir la diversité linguistique et culturelle (1)», faire la promotion de la paix, de la démocratie et des droits de l'Homme.

La place du Québec

Le second Sommet de la Francophonie se déroule alors que le contexte politique québécois connaît des bouleversements. Après une période de fortes tensions entre les deux paliers de gouvernements (référendum sur la souveraineté de 1980, rapatriement de la Constitution), l'élection d'un gouvernement fédéraliste à Québec et la prise de pouvoir par les Conservateurs de Brian Mulroney en 1984 viennent adoucir les relations. Ce dernier démontre une plus grande ouverture face au Québec. Son prédécesseur, Pierre Elliott Trudeau, avait catégoriquement refusé une participation du Québec au premier Sommet à Paris et ce, malgré la tentative du Président français, Valéry Giscard d'Estaing, de le convaincre en déclarant qu'«il est inacceptable que le Québec, deuxième peuple francophone au monde, ne puisse y participer (3)».

En accordant au gouvernement québécois le droit de participer au Sommet de la Francophonie, Brian Mulroney fit d'une pierre deux coups : d'une part il mit un baume sur le nationalisme québécois en crise en assurant au Québec une visibilité internationale et, d'autre part, il solidifia les relations franco-canadiennes ébranlées depuis le célèbre «Vive le Québec libre ! » de Charles de Gaulle en 1967. C'est avec le drapeau québécois et la désignation «Canada-Québec» que le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, prit part au Sommet de Québec. Ayant le statut d'observateur intéressé, il eut la possibilité de participer aux conférences et de «présider le second volet des travaux [portant] sur la coopération et le développement (4)».

Je me souviens ?

Selon le journal Le Monde, ces trois journées de rencontres se sont soldées par des débats approfondis, des propos modérés et une vision optimiste entourant les cinq grands thèmes discutés à savoir l'agriculture, l'énergie, le développement technologique, ainsi que la culture et les communications, secteurs prioritaires pour la Francophonie (5). Même si le Sommet de Québec n'a que très peu marqué la mémoire collective, cette deuxième rencontre a permis de solidifier les bases établies. Qualifié de véritable «rampe de lancement (6)» par le président sénégalais, Abdou Diouf, le Sommet de Québec a par exemple permis l'adoption du logo officiel et fixé de façon régulière la tenue des Sommets tous les deux ans. Pour la première fois, les pays membres abordèrent des sujets allant au-delà de leurs propres frontières, notamment en critiquant le conflit au Moyen-Orient et l'apartheid en Afrique du Sud.

Même si la rencontre de Québec n'a pas marqué l'histoire, elle a contribué à institutionnaliser et façonner la Francophonie à travers le monde. Le prochain Sommet est prévu pour 2008... à Québec.




Références:

1. PAQUIN, Stéphane. Histoire des relations internationales du Québec. Montréal, VLB éditeur, 2006, p.149.

2. ORGANISATION INTERNATIONALE DE LA FRANCOPHONIE. «États Gouvernements membres de l'Organisation internationale de la Francophonie». [En ligne], www.francophonie.org/oif/membres.cfm, 2000-2007, (page consultée le 9 septembre 2007).

3. PAQUIN, Stéphane. op.cit. p.134.

4. BILAN DU SIÈCLE. « 1 septembre 1987 ? Ouverture à Québec du deuxième Sommet de la Francophonie. [En ligne], http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/ 3380.html, 9 septembre 2005, (page consultée le 9 septembre 2007).

5. ANONYME. «Francophonie an II». Le Monde, lundi 7 septembre 1987, p.1

6. COMITÉ D'ORGANISATION DU SOMMET DE QUÉBEC. Actes de la deuxième Conférence des chefs d'États et de Gouvernement des pays ayant en commun l'usage du français. Québec, Édition La Liberté, 1988, p.300.

Dernière modification: 2007-10-17 15:47:20

-N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.
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