Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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16 octobre 2005

Nomination controversée à la Cour Suprême des États-Unis


Ludovic Blais
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Balado: Le monde en perspective




Nouveauté. Écoutez en baladodiffusion les rencontres qu'animent les professeures Isabelle Lacroix et Karine Prémont sur des questions qui touchent les enjeux démocratiques, les relations internationales ou les modes de scrutin. Des rencontres de 20 minutes dans un style simple et ouvert avec des spécialistes, des personnes présentes sur le terrain et aussi des étudiantes et étudiants de second cycle.

Au fil du temps

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Élections de mi-mandat aux États-Unis

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2018
Rencontre à Helsinki entre le président des États-Unis, Donald Trump, et le président russe Vladimir Poutine

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Tenue d’un sommet entre le président américain Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-un

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Intensification d’une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine

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Ouragans sur les Caraïbes

août
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Déferlement des ouragans Harvey et Irma sur le sud des États-Unis

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2017
Adoption d’un décret exécutif sur l’immigration aux États-Unis

janvier
2017
Assermentation de Donald Trump à la présidence des États-Unis

novembre
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Élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis

septembre
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Apparition de l'ouragan Matthew

juin
2016
Attentat meurtrier dans une boîte de nuit d'Orlando, aux États-Unis

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Début de la visite du président américain Barack Obama à Cuba

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Dévoilement de données confirmant l'établissement d'un record de chaleur en 2015

octobre
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Signature du Partenariat transpacifique à Atlanta, aux États-Unis

décembre
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Annonce des présidents des États-Unis et de Cuba sur les relations entre leurs pays

novembre
2014
Entente entre les États-Unis et la Chine sur la lutte aux changements climatiques

septembre
2014
Tenue d'une marche en faveur de la lutte aux changements climatiques

novembre
2012
Réélection de Barack Obama à la présidence des États-Unis

Le président américain, George W. Bush, a nommé le 3 octobre dernier Harriet Miers comme juge à la Cour suprême des États-Unis. Cette dernière est née le 10 août 1945 à Dallas au Texas. Elle a d'ailleurs pratiquement toujours demeuré dans cet État jusqu'à ce qu'elle aille travailler à Washington, en janvier 2001, pour aider le président fraîchement élu, George W. Bush (1). En effet, elle a été pendant longtemps l'avocate de celui-ci. De plus, elle est une amie personnelle de M. Bush junior depuis qu'ils se sont rencontrés la première fois à un dîner à Austin, Texas, en janvier 1989. L'amitié liant les deux personnages a d'ailleurs amené le président des États-Unis à nommer Mme Miers comme secrétaire du personnel à la Maison-Blanche.

Bien que l'expérience de Mme Miers, en tant qu'avocate et à des postes clés de l'administration publique, ne fasse aucun doute, plusieurs s'interrogent sur ses aptitudes à siéger comme juge à la Cour suprême. En effet, Mme Miers n'a jamais plaidé devant la Cour suprême, et elle n'a en pratique que très peu de connaissances du droit fédéral américain. Les critiques de Mme Miers, pour la plupart d'allégeance démocrate, mais aussi d'allégeance républicaine, disent que sa nomination n'est qu'en fait qu'un bon exemple du copinage pratiqué par George W. Bush dans le processus de sélection des juges de la Cour suprême. Toujours selon eux, ce même processus de nomination est beaucoup trop politisé, partisan, et surtout trop tributaire des opinions politiques des candidats, malgré le fait qu'ils pourraient éventuellement profiter légalement du système, à leur avantage (2).

Cependant, il n'y a pas que les démocrates et les républicains « modérés » qui critiquent le choix de M. Bush. Il y a aussi beaucoup de mécontents au sein de sa base républicaine de droite ultraconservatrice. En effet, plusieurs partisans et supporteurs du chef d'État américain lors des élections présidentielles de 2000 et 2004 se sont dits extrêmement déçus de la nomination de Mme Miers. Ceux-ci désiraient avoir quelqu'un, homme ou femme, avec une pensée totalement conservatrice, et qui afficherait clairement son opinion sur les sujets d'actualité les plus chauds, dont le droit à l'avortement et le mariage gai, ce que la principale intéressée n'aurait pas assez fait selon eux (3).

En plus du fait que les gens n'ont que peu de matière pour se faire une opinion de ce que pense Mme Miers, il y a aussi le fait que les Américains ne connaissent pas son passé. Peu de personnes savent où et quoi elle a étudié, ce qu'elle a fait auparavant comme métier, sa religion - ce qui est très important pour les électeurs Américains-, si elle est mariée, si elle a des enfants, bref, tout ce qui touche à sa vie privée plutôt que ce qui touche à l'avocate.

Comme on peut le voir, la nomination de Mme Miers par M. Bush ne fait pas du tout l'unanimité, et cela dans à peu près toutes les strates de la politique américaine : quand on ne lui reproche pas son expérience, on met en doute l'intégrité du processus de nomination. Mais pourquoi alors Bush va-t-il de l'avant avec cette nomination? Quels sont ses avantages?

On peut avancer comme hypothèse la chute de popularité du président républicain dans les sondages. En effet, George Bush a beaucoup de problèmes à rallier l'opinion des électeurs avec les élections de mi-mandat au Sénat et à la Chambre des représentants qui s'en viennent, surtout avec les problèmes que rencontrent l'Irak. Le référendum sur la Constitution qui se préparant, les violences qui s'y continuent, et les nombreux morts parmi les militaires américains, ne sont rien pour l'aider. De plus, la mauvaise gestion de la crise, par l'administration Bush, après le passage de l'ouragan Katrina, n'a pas aidé le président américain à remonter sa cote de popularité. Aussi, les reproches et les rapprochements alors faits entre cette crise, le manque de moyens de secours, et la guerre en Irak, ont continué de faire couler M. Bush dans les sondages, lui qui était déjà en forte baisse.

La nomination de Mme Miers permet alors à M. Bush d'avoir une personne avec beaucoup de moralité religieuse au sein de la magistrature fédérale, pour contenter la droite religieuse du pays, et une personne qui est capable de faire montre de progressisme dans ses idées, pour apaiser les démocrates opposés à cette nomination.

Bref, le président américain a choisi en Mme Miers une personne capable de faire le travail demandé, mais malheureusement manquant encore d'expérience.




Références:

(1)WIKIPEDIA, Harriet Miers, [En ligne], page consultée le 16 octobre 2005, www.wikipedia.com .

(2) Pascal RICHE, Bush nomme une "pitbull" à la Cour Suprême, Journal Libération, 4 octobre 2005.

(3) Pascal RICHE, Harriet Miers à la Cour suprême, Journal Libération, 5 octobre 2005.

Dernière modification: 2007-05-02 07:13:22

-N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.
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