21 octobre 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

21 janvier 2007

Madagascar : un entrepreneur réélu à la présidence.


Nicolas Carvajal-Pichette
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

novembre
2016
Ouverture du seizième Sommet de la Francophonie

mars
2009
Renversement du président malgache Marc Ravalomanana

février
1993
Élection d'Albert Zafy à la présidence de Madagascar

juin
1991
Contestation populaire à Madagascar

février
1986
Ouverture du premier Sommet de la francophonie

septembre
1984
Émeutes du «Kung Fu» à Madagascar

décembre
1975
Instauration de la deuxième République à Madagascar

mai
1972
Protestations étudiantes à Madagascar

avril
1971
Soulèvement du Monima et déclenchement d'une crise au Madagascar

mai
1963
Signature de la Charte constituant l'Organisation de l'unité africaine

septembre
1961
Création de l'Union africaine et malgache

juin
1960
Proclamation de l'indépendance de Madagascar

Le 3 décembre 2006, Madagascar, État insulaire situé dans l'Océan Indien, au large des côtes orientales de l'Afrique du Sud, a réélu son chef d'État pour les cinq prochaines années.

Comme toutes les démocraties de ce monde, celle-ci possède un paysage politique varié sur le plan idéologique. On peut en faire un survol grâce aux résultats des dernières élections présidentielles : avec 54,8% des suffrages, Marc Ravalomanana est réélu à la présidence malgache alors que son principal rival, Jean Lahiniriko, l'ancien président de l'Assemblée nationale, a fini avec 11,7% des suffrages. Le reste des 33,5% des voix était réparti entre les douze autres candidats à ces élections (1).

Le Président entrepreneur

Comment M. Ravalomanana a-t-il réussi à obtenir l'appui d'environ 55% des électeurs? En fait, le président sortant a entamé la modernisation de Madagascar. Pendant son premier mandat, il a rebâti la quasi entièreté des infrastructures malgaches (routes, institutions, écoles), redonnant ainsi de la vigueur à son pays. Cependant, ses opposants lui reprochent de s'être occupé uniquement des infrastructures du pays au lieu de se pencher davantage sur les dossiers de la population vivant dans la misère. Ils prétendent que ce choix « économique » individuel de M. Ravalomanana est dû, d'une part, à son manque d'expérience dans la sphère politique et, d'autre part, à sa grande expertise dans le milieu des affaires, lui qui est reconnu comme l'un des plus grands entrepreneurs de Madagascar avec sa grande firme nationale « Tiko » (2).

« L'autoritarisme éclairé » de Marc Ravalomanana, pour reprendre l'expression de Fabienne Pompey du journal « Le Monde » (3), peut être expliqué par le fait que ce dernier possède ses propres chaînes de radio et de télévision sur lesquelles il peut concentrer les publicité sur son parti, ainsi que par une loi qui ne pose aucune limite au financement des campagnes électorales des candidats (4). En plus de ce constat, avec son intérêt mitigé pour les politiques sociales à l'endroit des Malgaches, le Président sortant se place du côté de la droite idéologique nationale. Les autres candidats favorisaient et appuyaient en grande majorité les actions du Président pour la modernisation du pays, mais ne pouvaient supporter son indifférence face à la lutte contre la misère de la population. Cette division entre le pour et le contre des actions du Président, place alors les autres candidats davantage dans une idéologie centriste, à l'intérieur de laquelle on observe la présence de positions idéologiques divergentes (centre-droit, centre-gauche).

Orientations quelque peu similaires

Avec son nouveau quinquennat, M. Ravalomanana met de l'avant son MAP (Madagascar Action Plan) pour faire face aux principaux défis de son pays : la santé et la pauvreté des Malgaches. Dans le MAP, on retrouve principalement les huit engagements que promet le Président, à savoir : une bonne gouvernance, une transformation prometteuse de l'éducation, une favorisation du système de santé, de meilleures infrastructures, un développement rural, l'amélioration de l'économie et du secteur privé, l'environnement et, finalement, l'accentuation de la solidarité nationale (5). Toutefois, plusieurs opposants de Marc Ravalomanana restent encore sceptiques face à ce plan d'action et n'y voient qu'une concentration des efforts étatiques dans les infrastructures et non dans l'aide directe à la population malgache.




Références:

(1) Haute cour constitutionnelle, résultats de l'élection présidentielle du 03 décembre 2006, Madagascar, http://www.hcc.mg/election-2006/resultat-2006.php (page consultée le 20 janvier 2007)

(2) POMPEY, Fabienne, Le Monde, « Continuité en vue à Madagascar », lundi 4 décembre 2006, p. 2

(3) Ibid.

(4) POMPEY, Fabienne, Le Monde, « Madagascar : M. Ravalomanana table sur une réélection dès le premier tour », mercredi 6 décembre 2006, p. 5 (page consultée le 20 janvier 2007)

(5) RÉPUBLIQUE DE MADAGASCAR, Actualités, «Plan d'Action Madagascar 2012 Une feuille de route transformationnelle pour un développement rapide », Madagascar, http:/www.maep.gov.mg/fr/actumap.htm (page consultée le 20 janvier 2007)

Articles consultés

ILONIAINA, Alain, L'Express, «Madagascar: Les grands chantiers de Ravalomanana », Port Louis, 28 décembre 2006, http://fr.allafrica.com/stories/200701030945.html (Consultée le 13 janvier 2007)

Nirina R., Midi Madagasikara, «Madagascar: Ravalomanana réélu au premier tour », Antananarivo, 26 Décembre 2006, http://fr.allafrica.com/stories/200701020884.html (Consultée le 13 janvier 2007)

Dernière modification: 2007-05-02 07:13:22

-N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.
Notes de recherche

Islam et antiaméricanisme: le premier nourrit-il le second?
Une analyse empirique sur la base de l'Arab Barometer de 2013.
Jean-Herman Guay, Sami Aoun et Eugénie Dostie-Goulet.

Le vote des jeunes: les motifs de la participation électorale au Canada
Une analyse empirique sur la base de données recueillies en 2011
Jean-Herman Guay, Anthony Desbiens et Eugénie Dostie-Goulet.

Cohérence idéologique et classes sociales: la pertinence de l'axe gauche/droite
Une analyse empirique sur la base du World Values Survey
Jean-Herman Guay.

Les impacts idéologiques des facteurs sociodémographiques en Amérique latine
Une analyse empirique sur la base du World Values Survey
Laurie Morelli-Valiquette.

Nouveau management public et notation financière souveraine: réévaluation de la prépondérance des valeurs hoodiennes dans la gestion de l'État
Une analyse empirique
Alexandre Millette.

Autres analyses

Madagascar : le nouveau président Andry Rajoelina tient sa revanche
>février 2019


Une élection présidentielle marquante après quatre ans de crise à Madagascar
>février 2014


Retrait de l'aide américaine à trois pays africains : choix opportun?
>janvier 2010


Crise politique à Madagascar : un dénouement incertain
>octobre 2009


Manifestation monstre à Madagascar
>février 2009


Madagascar : un entrepreneur réélu à la présidence.
>janvier 2007


Pour la liste complète de nos bulletins sur l'actualité, consultez la rubrique analyse. Ces bulletins sont rédigés par des étudiants et étudiantes du programme d'Études politiques appliquées de l'Université de Sherbrooke. La recherche et la rédaction sont supervisées par notre rédacteur en chef Serge Gaudreau.

Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019