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27 June 2015

Les républicains n'aiment pas Rand Paul


Gilles Vandal
historien,
Ph.D.
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

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Depuis un an, une dizaine de républicains ont annoncé leur candidature pour les présidentielles de 2016. Aucun candidat n'a réussi à prendre une avance marquée et chacun rivalise pour promouvoir sa vision personnelle de l'avenir de l'Amérique. Pourtant, il y a une chose sur laquelle ils s'entendent tous : leur haine de Rand Paul.

Que cela soit Marc Rubio, Lindsey Graham, ou Rick Perry, ces candidats sont engagés dans une dénonciation forcenée et souvent vicieuse du sénateur du Kentucky. Cette obsession contre un membre de leur propre parti est pour le moins frappante. Un tel dénigrement d'un membre de son propre parti ne s'était pas vu depuis des décennies. Pourquoi cet acharnement contre Paul? Il faut noter que ces attaques sont presque exclusivement concentrées sur ses prises positions en politique étrangère.

D'ailleurs, même John McCain, l'ancien candidat républicain aux présidentielles de 2008, se joint au dénigrement de Rand Paul. Récemment, il affirma récemment que le sénateur du Kentucky était le pire candidat possible, tout parti confondu, sur la question de sécurité nationale. Selon McCain, en s'opposant à une intervention en Syrie, en rejetant l'idée que l'État islamique puisse représenter une menace pour les États-Unis et en déclarant que l'Iran ne représentait pas une menace pour Israël, Rand Paul démontre qu'il possède une mauvaise compréhension des questions de sécurité nationale américaine.

Le sénateur du Kentucky est perçu comme dangereux, parce que, lié à la tradition intellectuelle libertarienne, il serait trop isolationniste. Mais ce que ses adversaires républicains reprochent véritablement à Rand Paul, c'est son rejet du consensus béat en faveur d'une expansion des politiques de sécurité nationale. Il n'hésite pas à promouvoir un réalisme conservateur et à faire preuve de courage politique en prenant des positions fortement impopulaires au sein de son propre parti.

Les différences entre Rand Paul et ses collègues républicains débordent largement une question de style. Ce qui rend mal à l'aise ses adversaires républicains, ce que Rand Paul soulèvent des questions de substance. Que ce soit son opposition à l'extension du Patriot Act, à l'existence de méga fichiers d'enregistrements téléphoniques sur les Américains, à la politique d'assassinats ciblés de citoyens américains ou son soutien à la levée de l'embargo sur Cuba, Rand Paul soulève des questions inconfortables qui dérangent la classe politique américaine.

Contrairement aux positions des républicains, Rand Paul incite les autorités à Washington à la prudence dans leurs interventions au Moyen-Orient, en Asie centrale et dans le reste du monde. Il interpelle son parti et les Américains pour que ces derniers tirent des leçons adéquates sur les interventions militaires américaines des deux dernières décennies. Il note que celles-ci n'ont fait que de déstabiliser davantage les pays du Moyen-Orient. Ces interventions, en suscitant la montée de mouvements radicaux islamistes ont eu des conséquences perverses.

Aux critiques de la droite républicaine, Paul rétorque que les États-Unis ont besoin d'une politique étrangère qui reconnaît les limites de la puissance américaine. Pour ce faire, il propose l'éjection dans son parti d'un bon sens de réalisme conservateur pour remplacer l'aventurisme militaire inspiré des néoconservateurs. D'ailleurs, Rand Paul n'hésite pas à déclarer que celles-ci viennent de «gens qui se sont trompés sur toute la question de politique étrangère au cours des deux dernières décennies».

D'ailleurs, Rand Paul n'est pas complètement isolationniste. Il croit que les États-Unis ont un rôle important à jouer dans le monde et qu'ils doivent être prêts à contrer par la force toute menace qui serait dirigée contre eux. Toutefois, il ne perçoit pas la guerre comme la seule solution.

Citant Bismarck, il affirme que la politique est d'abord l'art du possible. En ce sens, les dirigeants américains doivent mener une politique étrangère qui reconnaisse que les États-Unis ne peuvent pas refaire le monde à leur image. Le recours à la guerre est justifié uniquement lorsque les États-Unis sont attaqués ou menacés et lorsqu'ils ont épuisé toutes les autres mesures.

Si Rand Paul a soutenu la guerre en Afghanistan, parce que cette dernière était juste à la suite des attentats du 11 septembre, il exprime par exemple son opposition à celle de Libye. Cette dernière guerre, soutenue par Barack Obama, a été menée sans l'approbation du Congrès ou du peuple américain. Non seulement, elle n'était pas dans l'intérêt national américain, mais elle ne poursuivait selon Paul aucun objectif clair. En conséquence, la Libye a sombré dans le chaos et le pays est devenu un sanctuaire et un refuge pour les groupes djihadistes.

En ce sens, Rand Paul interpelle à la fois ses collègues républicains et les Américains en général sur les valeurs fondamentales des États-Unis, leur engagement dans le monde et les critères d'un véritable leadership américain basé sur la primauté du droit et qui privilégierait d'abord la diplomatie. Si les chances de Rand Paul d'être désigné comme porte-étendard du parti républicain sont quasi nulles, tous les Américains, indépendamment de leur allégeance politique, devraient porter une attention à sa vision de la politique étrangère.



Dernière modification: 2015-07-13 15:28:59

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