Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

12 décembre 2018

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11 July 2015

Le syndrome électoral de McGovern


Gilles Vandal
historien,
Ph.D.
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

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Avec plus de quinze candidats engagés dans leurs primaires et sans aucun qui se démarque vraiment, le parti républicain semble avoir peu de chance de l'emporter contre Hillary Clinton lors des présidentielles de 2016. Pire encore, les candidats républicains sont engagés dans une sorte de bataille de rues où ils multiplient les déclarations incendiaires. Dans ce contexte, une victoire démocrate semble encore plus possible. À moins que le parti démocrate soit rattrapé par le syndrome McGovern.

Rappelons l'histoire. En 1972, le parti démocrate formait le parti dominant aux États-Unis. Il aurait dû alors remporter les présidentielles. C'est pourquoi l'équipe de Nixon jugeait nécessaire de mettre sur pied une stratégie illégale qui a mené au scandale du Watergate. Pourtant une telle stratégie n'était pas nécessaire. Les démocrates se sont battus eux-mêmes.

Emportés par leur opposition à la guerre du Vietnam et leur hostilité vis-à-vis le président Nixon, les démocrates ont choisi finalement George McGovern comme leur porte-étendard. En tant que champion de la cause libérale, McGovern a embrassé la lutte pour la justice sociale et économique, en plus de se positionner comme le candidat de la paix. Toutefois, McGovern est apparu trop radical pour la majorité des Américains. En conséquence, les électeurs américains ont réélu Richard Nixon dans un raz-de-marée.

La question se pose donc à savoir si le parti démocrate pourrait revivre en 2016 le syndrome de McGovern. Présentement, Hillary Clinton domine largement dans les sondages. Parmi les trois candidats qui ont choisi de la défier, seul Bernie Sanders compte vraiment. Un grand nombre de libéraux démocrates, désespérant de voir Elizabeth Warren se présenter, se sont repliés sur sa candidature.

Cette décision des libéraux démocrates n'est pas surprenante. Après tout, Sanders est le seul socialiste de tout le Congrès américain. Sa campagne, en plus de comporter un agenda ultra progressiste, se démarque par un style très populiste qui attire les foules et donne un air d'authenticité à sa candidature.

Centrant son message sur la réduction du fardeau fiscal de la classe moyenne par une augmentation de l'aide fédérale pour la garde des enfants et l'éducation, Sanders dénonce aussi les banques de Wall Street et le 1 % qui ne paient pas une part équitable d'impôts. De plus, il promet de dépenser un trillion de dollars afin de créer 13 millions d'emplois. Finalement, il propose de doubler le salaire minimum, le faisant passer à 15 $ l'heure. Ses propositions sont si radicales, dans le contexte américain, que plusieurs observateurs parlent déjà d'une « révolution Sanders » pour décrire l'émergence de Bernie Sanders comme force politique.

Toutefois, la candidature de Sanders est confrontée à des obstacles immenses. Il ne dispose pas d'une puissance machine nationale comme Hillary Clinton. En fait, il n'a presque pas d'organisation politique. De plus, ses prises de position indépendantes lui ont aliéné l'establishment du parti démocrate.

Sanders a donc peu de chance de remporter l'investiture démocrate. La majorité des démocrates sont conscients que ses politiques de gauche ne seraient pas acceptables pour l'électorat américain en général. Après tout, c'est au centre que les élections américaines se gagnent ou se perdent.

Néanmoins, par son message et par ses qualités charismatiques, Sanders crée de véritables maux de tête aux organisateurs de la campagne de Clinton. Cette dernière se rappelle d'un certain Barack Obama à qui on ne donnait pas de chance de l'emporter. Elle ne veut pas répéter les erreurs de 2008.

Mme Clinton sait que Sanders représente son adversaire le plus coriace.

Ce faisant, Sanders est en train de façonner les primaires démocrates autour des questions de justice économique et de l'équité, forçant ainsi Hillary Clinton à abandonner le centre politique qu'elle désirait occuper.

Ne désirant pas s'aliéner les démocrates libéraux, Clinton est donc forcée de se positionner de plus en plus à gauche sur des questions comme la protection des droits des homosexuels, les droits de vote, les condamnations pénales, l'égalité salariale pour les femmes, l'établissement d'un congé familial payé, les sanctions contre ceux qui déposent leurs avoirs dans des abris fiscaux et l'immigration. Ces prises de position fournissent des munitions pour décrire Hillary Clinton comme une libérale extrémiste que les républicains pourront utiliser lors des élections générales.

Pour l'instant, Hillary Clinton a su éviter le syndrome McGovern. Mais l'entrée éventuelle en scène du vice-président Joe Biden qui doit annoncer en août s'il pose ou non sa candidature pourrait changer la donnée. Mme Clinton devrait alors partager le centre avec ce dernier. La menace de Sanders pourrait devenir alors encore plus sérieuse.



Dernière modification: 2015-07-13 15:34:37

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