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25 mars 2007

Plus d'Européennes en politique, mais sans mesures coercitives


Elsa Laurens
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

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On entend souvent dire qu'il faut plus de femmes en politique, car elles sont sous-représentées. Malgré le fait qu'elles forment 52 % de la population européenne, les femmes occupent en effet beaucoup moins de 50 % des sièges dans les Parlements européens. De plus, au sein du Parlement européen, seulement 30 % des 732 députés sont des femmes (1). Comment régler ce « déséquilibre politique » ? Certains avancent : « Il faut mettre en place des mesures coercitives, il faut faire de la discrimination positive pour les femmes ! ». Eh bien, je dis non à la discrimination positive. Beaucoup de féministes risquent de ne pas être d'accord avec cette position, mais la discrimination positive n'est pas un moyen valable, à plus ou moins long terme, pour faire en sorte qu'il y ait plus de femmes en politique.

L'exemple français

Certain pays d'Europe ont mis en place des mesures coercitives pour aider les femmes à se présenter. En France, par exemple, la « loi du 6 juin 2000 contraint les partis politiques à compter moitié de candidates pour les élections qui ont lieu au scrutin de listes (municipales, régionales, européennes et sénatoriales dans les départements qui élisent plus de quatre sénateurs) » (2). Cette loi fait en sorte qu'aux législatives, les partis qui n'ont pas au moins 48 % de femmes candidates sont pénalisés financièrement (3). En toute logique, les grands partis français ont les moyens de payer ces amendes, alors que les petits partis, qui sont moins à l'aise financièrement, se voient défavorisés par cette mesure. De plus, malgré cette loi, la France est encore loin de l'égalité qu'elle désire (4).

Les législateurs, en prenant des mesures coercitives pour favoriser les femmes en politique, veulent parvenir à court terme à une parité entre hommes et femmes (5). C'est bien beau tout cela, mais il faut faire attention. Il s'agit seulement d'une parité de candidatures et non de résultats. Or, comme nous l'avons mentionné plutôt, les résultats ne sont pas présents en France.

Non à la discrimination positive

En tant qu'électeur, choisissez-vous une femme pour ses qualités personnelles ou pour sa qualité de femme ? Figure-t-elle sur une liste de candidats en position d'éligibilité pour ses compétences ou parce que c'est obligatoire ?

La population devra voter pour une femme au lieu de voter pour la compétence d'une personne, voilà ce qu'amène la discrimination positive. Est-ce mieux ? Pas du tout, on va privilégier le sexe à la compétence. Oui, il faut plus de femmes en politique ; oui, il en manque ; oui, la politique c'est un milieu masculin ; oui, la présence des femmes en politique est un indicateur de leur rôle dans une société et du degré de démocratie dont elle s'est dotée. Mais ce n'est pas une raison pour mettre en place de la discrimination positive pour favoriser les femmes. Si l'on dit oui à la discrimination positive pour les Européennes, faudra-t-il en faire autant pour les Noirs ou les musulmans que l'on retrouve en grand nombre ? En ouvrant la porte à cela, on ne peut que l'entrebâiller.

Si l'on met en place, en Europe, de la discrimination positive en faveur des femmes, une question me vient à l'esprit : quand y mettra-t-on fin ? Lorsque nous aurons atteint la parité dans tous les Parlements des pays européens et au Parlement européen? Après l'abolition de cette mesure, est-ce qu'il y aura tout de même autant de femmes? Personne n'est en mesure de donner des réponses à ces questions.

Changement de mentalité

À l'évidence, il reste un gros travail à faire pour éduquer les gens à comprendre que le sexe n'a rien à voir avec la capacité d'exceller en politique. Il faut aussi travailler fort du côté de l'éducation de la population quant à la tolérance. Pour s'en convaincre, on n'a qu'à entendre les remarques sexistes, racistes ou discriminatoires durant les élections (6).

Il est à noter que, sans de grandes mesures coercitives, un récent rapport adopté par le Parlement européen met en évidence que « le nombre de femmes députées n'a cessé d'augmenter au cours des années, de 17,5 % en 1979 à 30,33 % en 2004 ». (7) Voilà un exemple d'un changement de mentalité qui s'est fait au fil des ans. Mieux vaut laisser les choses se faire par elles-mêmes. Les mentalités vont changer avec les générations, il ne faut pas chercher à les bousculer.

En somme, il n'y a pas vraiment de solution miracle quant à l'augmentation du nombre d'Européennes en politique. L'éducation et l'évolution vont faire en sorte que les femmes seront plus portées à s'investir en politique. Nous avons en exemple Ségolène Royal qui se présente à l'élection présidentielle française. Il y a aussi Angela Merkel, chancelière de l'Allemagne, ou encore Tarja Halonen, présidente de Finlande. Le plus important, c'est qu'il faut toujours avoir à l'esprit qu'il vaut mieux voter pour une personne compétente peu importe son sexe, au lieu de voter pour une femme par obligation.




Références:

(1) « Plus de femme dans la politique internationale ». Parlement Européen. http://www.europarl.europa.eu/news/expert/infopres... 16 novembre 2006. Page consultée le 16 février 2007.

(2) Sans auteur. « Les femmes et la vie politique ». http://www.parcoursciviques.org/journees/8_mars/do... Novembre 2005. Page consultée le 23 mars 2007.

(3) Loc. cit.

(4) Loc. cit.

(5) Loc. cit.

(6) Loc. cit.

(7) « Toujours plus de femmes députées mais l'accès aux postes à responsabilités reste problématique » Parlement Européen. http://www.europarl.europa.eu/news/expert/infopres... 18 janvier 2007. Page consultée le 16 février 2007.

Dernière modification: 2007-05-02 09:40:16

-N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.
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