Les opinions sont mitigées face au projet de construction de l'autoroute transocéanique réunissant la côte est du
Brésil et la côte ouest du
Pérou. L'achèvement du projet, qui fut élaboré conjointement par les
présidents du
Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva, du
Pérou, Alejandro Toledo et de la
Bolivie, Eduardo Rodriguez, coûtera près de 2 milliards de dollars et aboutira à la construction d'une route de 1 200 km(1).
Deux écoles de pensée se confrontent quand il s'agit de discuter des bienfaits et des méfaits du projet. Premièrement, il y a le milieu politique qui se réjouit des répercussions économiques que le projet amènera. Par contre, les organisations écologistes lancent un cri d'alarme face aux conséquences environnementales.
Tout d'abord, il faut comprendre le climat politique qui règne en Amérique latine afin de saisir l'impact dudit projet. Le 8 décembre 2004, douze
présidents du continent ont donné naissance à la Communauté Sud-Américaine des Nations (CSN) qui vise la création d'une Amérique latine unie, suivant le modèle de l'Union européenne (2). Ainsi, le
président Lula da Silva indique, le 8 septembre 2005, lors de l'inauguration du projet : « Aujourd'hui, nous commençons l'intégration physique de nos Nations (3)». L'autoroute permettra d'accroître les échanges entre les trois pays concernés de près de 1 milliard de dollars par année. De plus, elle permettra à la
Bolivie d'avoir un accès aux deux océans.
Malgré ces avantages politiques et économiques, le
président du
Venezuela, Hugo Chavez, reste sceptique face aux vertus de cette autoroute. Ayant participé à l'élaboration de la CSN, il considère l'intégration «doit être politique et non placée sous le signe du néo
libéralisme; l'économie doit venir après pas avant (5)». Afin de saisir le sens de cette citation, nous devons nous placer dans le contexte de la CSN qui vise l'intégration du continent. À cet égard, le
président Chavez indique que la réussite du projet de la CSN réside d'abord dans les accords politiques, l'élimination des divergences d'opinions et non dans la construction de routes.
En ce qui concerne les groupes environnementaux, la situation semble beaucoup moins reluisante. Le tracé de l'autoroute passe au travers de la forêt amazonienne et, à plus forte raison, de la province péruvienne de Madre de Dios. Cette région est l'une des plus riche en biodiversité de toute la planète. Elle comporte environ 850 espèces d'oiseaux et 200 espèces de mammifères. Les craintes majeures des écologistes sont reliées aux coupes illégales de bois, à la déforestation pour faire place à des champs servant au bétail et aux plantations de soya, la destruction de la biodiversité et au déplacement de populations indigènes (6).
Ils ont de bonnes raisons de croire que leur craintes sont fondées car les
gouvernement du
Pérou et du
Brésil ont eux mêmes signalé que le développement économique passait outre les considérations écologiques. Ainsi, le diplomate brésilien Mena-Goncalves a clairement indiqué que la destruction de la forêt amazonienne était un prix que son
gouvernement était prêt a assumer et à rajouté « Malgré le fait que personne ne veut paver la forêt amazonienne, elle ne devrait tout de même pas être considérée comme un gigantesque zoo(7) ». En ce qui concerne les coupes illégales, le
gouvernement brésilien a lui-même avoué que près de 80% des coupes en Amazonie étaient illégales (8). Cela indique donc que le
gouvernement est incapable de surveiller les opérations des entreprises forestières (9). Finalement, l'une des préoccupations majeures des groupes environnementaux réside dans la quasi absence de considérations environnementales ainsi que d'un plan environnemental dans l'élaboration du projet d'autoroute transocéanique.
(1) Prensa Latina, Lima, le 8 septembre 2005, Peru, Brazil and Bolivia Inaugurate Inter Oceanic Works, en ligne :
[hyperlien] : LE MONDE, Article publié le 09 Décembre 2004, L'Amérique du Sud en quête d'unité, en ligne :
(3)'> [hyperlien] CARLA SALAZAR, The Associated Press, vendredi le 9 septembre 2005, $810M South American Highway Project
Begins, en ligne:
[hyperlien] op. cit. Le Monde
(5) op. cit. Le Monde
(6) Guardian Newspapers, 12 septembre 2004, Road Sparks Alarm for Brazil Rainforest, Brazil and Peru have announced a £363m plan for a highway to link Brazil's Amazon basin to the Pacific, raising concerns about further devastation in the rainforest.
(7) Tyler Bridges, Chronicle Foreign Service, Friday, November 5, 2004 Bridge to link Brazil, Peru -- and 2 oceans
Highway through Amazon seen as threat to rain forest, en ligne:
[hyperlien] Greenpeace, Amazon, en ligne:http://www.greenpeace.org/international/campaigns/forests/amazon
(9) op. Cit. Tyler Bridges
Dernière modification: 2007-05-02 07:13:22.0
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