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17 novembre 2007

Il y a dix ans, la Hongrie disait oui à l'OTAN


Nadia Hajji
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

avril
2018
Tenue d’élections législatives en Hongrie

octobre
2016
Référendum en Hongrie sur le plan de répartition des immigrants de l'Union européenne

juin
2009
Début des élections législatives au Parlement européen

juin
2004
Tenue d'élections au Parlement européen

avril
2003
Annonce de l'adhésion de dix pays à l'Union européenne

juillet
1997
Annonce de l'intégration de la Hongrie, la Pologne et la République tchèque au sein de l'OTAN

avril
1990
Tenue d'élections multipartites en Hongrie

octobre
1989
Proclamation de la nouvelle République de Hongrie

mai
1988
Départ du premier secrétaire du Parti socialiste ouvrier hongrois, Janos Kadar

mai
1984
Annonce du boycott des Jeux olympiques de Los Angeles par l'Union soviétique

août
1975
Signature à Helsinki d'un accord sur la sécurité en Europe

juin
1958
Exécution de l’ex-président du conseil hongrois Imre Nagy

novembre
1956
Écrasement d'une insurrection en Hongrie

mai
1955
Signature du pacte de Varsovie

Il y a dix ans, le 16 novembre 1997, les Hongrois disaient «oui» par voie référendaire à l'adhésion de leur pays à l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN). Quelques mois auparavant, le 9 juillet 1997, la Hongrie avait été retenue avec la Pologne et la République tchèque pour adhérer à cette alliance militaire lors du Sommet de Madrid.

L'OTAN aux portes de l'ex-Union soviétique

Dès la dissolution du Pacte de Varsovie en 1991, qui suivit l'effondrement de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), des États d'Europe centrale et de l'Est avaient manifesté leur volonté d'entrer dans l'OTAN. Encouragée par les États-Unis, l'Alliance atlantique créait alors le Conseil de coopération nord-atlantique qui entreprenait des études en prévision de son élargissement aux anciens pays du bloc de l'Est.

La première étape a été celle du Sommet de Madrid, qui avait par ailleurs entraîné le rejet de neuf autres candidatures, notamment des pays aux ressources financières insuffisantes (Roumanie, Bulgarie, Slovaquie, Slovénie, Macédoine, Albanie) et les pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie). En effet, malgré l'acception de trois anciens pays communistes, l'OTAN restait tout de même prudente face aux pays baltes qui appartenaient à l'ancienne URSS.

Lors du référendum de 1997, près de 65% des Hongrois s'étaient montrés enthousiastes à l'adhésion de leur pays à l'OTAN (1). Le Sommet de Washington, en avril 1999, marquait l'entrée officielle de la Hongrie ainsi que de la Pologne et de la République tchèque dans l'Alliance atlantique (2). La décision de l'OTAN de s'étendre vers cette Europe anciennement communiste devait annoncer une ère nouvelle dans les relations internationales.

Pour une zone de stabilité

Par son élargissement vers l'Europe centrale, l'objectif de l'OTAN était d'étendre la zone de stabilité continentale. Selon János Martonyi, ministre hongrois des Affaires Étrangères entre 1998 et 2002: «le gouvernement hongrois attribue une grande importance à la coopération régionale ayant pour objectif la réduction des nouveaux types de risques pour la sécurité» (3). Dès lors, la présence de l'OTAN dans la région devait amoindrir les risques de conflits locaux, mais aussi le crime organisé, le trafic de drogue, le terrorisme international et le commerce illégal des armes.

Les événements tragiques qui s'étaient déroulés au Kosovo en 1999 mettaient aussi en évidence l'importance d'une institution aussi efficace que l'OTAN pour la sécurité régionale. Rappelons qu'entre le 24 mars et le 10 juin 1999, l'OTAN procédait à des frappes aériennes sur la Serbie pour la contraindre de retirer ses troupes du Kosovo.

C'est ainsi qu'en se joignant à l'OTAN, la Hongrie affirmait sa volonté de contribuer au maintien de la paix et au renforcement de la sécurité dans cette région dévastée par des problèmes ethniques, politiques et économiques. Pour János Martonyi, l'adhésion à l'OTAN représentait un moyen efficace pour lutter contre les menaces, ce qui était «l'intérêt et même le devoir de chaque État démocratique (4)».

Tout un défi pour la Hongrie

Mais si la Hongrie désirait appartenir à l'Alliance atlantique, ce n'était pas seulement par crainte de l'insécurité régionale. C'était avant tout pour faire profiter la population hongroise de la prospérité et du développement économique qu'une telle alliance pouvait permettre. En effet, la Hongrie voyait en l'OTAN l'opportunité d'accéder à la stabilité, qui en retour favoriserait la coopération économique avec des investisseurs étrangers. De plus, la Hongrie pouvait profiter du processus de l'élargissement de l'OTAN pour renforcer la coopération avec ses voisins.

La Hongrie devait entamer une ère nouvelle: celle du développement. D'ailleurs, parmi les critères établis pour son admission à l'OTAN, figuraient l'établissement d'un système politique démocratique et celui d'une économie de marché authentique (5). Sans oublier que l'ancien pays communiste devait aussi réformer son matériel militaire avec l'acquisition d'un équipement moderne occidental. L'entrée à l'OTAN avait donc un coût assez élevé pour le nouvel adhérant, qui n'ignorait cependant pas que tel était le prix à payer pour passer dans le camp occidental.




Références:

(1) MONNERAT, Ludovic. «50 ans après sa création, l'OTAN s'élargit à l'Est en accueillant trois anciens adversaires». Check Point, [document électronique], Monde, 13/3/1999. http://www.checkpoint-online.ch/ (consulté le 17/11/2007)

(2) L'HUMANITÉ. «OTAN. La Hongrie, la Pologne et la République tchèque». L'Humanité, [journal électronique], International, 15/2/1999. http://www.humanite.fr/ (consulté le 1/11/2007)

(3) MARTONYI, János. «La Hongrie a repris sa place dans le monde». Le Forum franco-allemand, [revue électronique], Article, 1999. http://www.leforum.de/ (consulté le 17/11/2007)

(4) loc. cit.

(5) OTAN. «Interview». OTAN, [revue de l'OTAN électronique], Vol. 49, No. 1, 29/5/2001, p. 22-23. http://www.nato.int/docu/revue/ (consulté le 17/11/2007)

Dernière modification: 2007-11-23 08:46:45

-N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.
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