Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

12 décembre 2018

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4 November 2007

George W. Bush : de héros à zéro ?


Nicolas Laffage-Bouchard
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

November
2018
Élections de mi-mandat aux États-Unis

July
2018
Rencontre à Helsinki entre le président des États-Unis, Donald Trump, et le président russe Vladimir Poutine

June
2018
Tenue d’un sommet entre le président américain Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-un

March
2018
Intensification d’une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine

December
2017
Annonce du président américain Donald Trump sur Jérusalem

September
2017
Ouragans sur les Caraïbes

August
2017
Déferlement des ouragans Harvey et Irma sur le sud des États-Unis

January
2017
Adoption d’un décret exécutif sur l’immigration aux États-Unis

January
2017
Assermentation de Donald Trump à la présidence des États-Unis

November
2016
Élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis

September
2016
Apparition de l'ouragan Matthew

June
2016
Attentat meurtrier dans une boîte de nuit d'Orlando, aux États-Unis

March
2016
Début de la visite du président américain Barack Obama à Cuba

January
2016
Dévoilement de données confirmant l'établissement d'un record de chaleur en 2015

October
2015
Signature du Partenariat transpacifique à Atlanta, aux États-Unis

December
2014
Annonce des présidents des États-Unis et de Cuba sur les relations entre leurs pays

November
2014
Entente entre les États-Unis et la Chine sur la lutte aux changements climatiques

September
2014
Tenue d'une marche en faveur de la lutte aux changements climatiques

November
2012
Réélection de Barack Obama à la présidence des États-Unis

Il reste un peu plus d'un an avant la fin de la présidence de George Walker Bush et sa cote de popularité est maintenant au plus bas. Il est d'ailleurs surprenant de constater qu'il était un des présidents les plus appréciés lors de ses premières années à la tête des Etats-Unis. Aussi, il est intéressant de regarder en arrière voir comment la situation a pu changer aussi radicalement.

Après avoir été élu de justesse en 2000, le président reprend du poil de la bête grâce à l'attitude qu'il adopte face aux attentats du 11 septembre 2001. Sa détermination à combattre le terrorisme par l'invasion de l'Afghanistan et de l'Irak est accueillie favorablement par la population américaine. Cependant, l'entreprise dans laquelle lui et son administration se sont lancés n'obtient pas les résultats escomptés. Si on ajoute à cela plusieurs bévues, il est possible de comprendre pourquoi Bush possède maintenant une des pires cotes de popularité de l'histoire de la présidence aux Etats-Unis. Sera-t-il en mesure de se sortir de cette tendance ? La plupart des analystes sont convaincus que cela est pratiquement impossible.

Après une élection difficile, un début triomphant

Comme nous l'avons mentionné plus tôt, la présidence de Bush n'a pas débuté avec un appui majoritaire de la part des Américains. Il serait plus approprié de mentionner que son élection, à l'automne 2000, s'est terminée sur fond de controverse étant donné la division des résultats électoraux. Une bataille juridique qui dura plus d'un mois fut nécessaire avant que son principal adversaire, le candidat démocrate Al Gore, le reconnaisse vainqueur (1).

Malgré ce départ plutôt difficile, le nouveau président profite d'une hausse de popularité incroyable à la suite des attentats terroristes du 11 septembre 2001. Il passe d'un appui de 51% à 86% en l'espace de quelque temps (2). Cet évènement vient modifier totalement la politique présidentielle. Bush s'aligne de manière plus claire sur les « néo-conservateurs » et propose une réponse dure aux attaques contre son pays. En opposition avec l'isolationnisme qu'il avait prôné durant la campagne électorale, il désire maintenant : « utiliser la super-puissance des Etats-Unis pour intervenir plus activement dans les affaires mondiales et installer la démocratie au Moyen-Orient. (3) »

Toujours sur cette lancée, le président décide d'appuyer la mission de l'OTAN contre le régime des Talibans, en Afghanistan, le 7 octobre 2001. Il se tourne ensuite vers l'Irak et accuse le dirigeant du pays, Saddam Hussein, de financer le terrorisme, de posséder des armes bactériologiques et de développer des armes nucléaires dans le but d'attaquer les Etats-Unis. C'est donc au nom du concept de guerre préventive qu'il décide de déclarer la guerre à l'Irak en 2003. La victoire rapide de l'armée américaine et la chute du régime de Saddam Hussein, le 9 avril de la même année, font en sorte que la population américaine est toujours derrière son président dans une proportion de 70% (4).

Le fait que l'Irak ne soit pas pacifié à la suite de la victoire américaine fait descendre la cote de popularité de Bush, ce qui ne l'empêche pas de se faire réélire pour un deuxième mandat le 2 novembre 2004. Sa victoire contre le candidat démocrate John Kerry est sans équivoque. Il obtient 50,8 % des suffrages contre 48,3% pour son adversaire, en plus de gagner de nouveaux sièges au Sénat et à la Chambre des représentants (5).

Les erreurs du président ne pardonnent pas

En 2005, le président américain fait face à un des plus grands défis de sa carrière politique : l'ouragan Katrina. Une des plus importantes catastrophes naturelles à survenir sur le territoire américain, cet ouragan va détruire une grande partie de la Nouvelle-Orléans. Il occasionne plusieurs pertes de vies humaines, ainsi que beaucoup de dégâts matériels qui impliquent des milliards de dollars en restauration.

Après cet évènement, la population commence à critiquer vivement le président et son administration. En effet, les Américains croient que Bush n'a pas été à la hauteur, qu'il n'a pas réagi adéquatement et qu'il n'a pas délégué les bonnes personnes pour s'occuper des victimes de cette tragédie. De plus, ils comprennent mal pourquoi une grande partie des soldats américains et des fonds nécessaires pour aider leurs compatriotes dans le besoin se retrouvent en Irak. À la suite de cette vague de critiques, le président avoue sa responsabilité dans l'affaire et s'excuse auprès de ses citoyens, mais le dommage est fait. Quelque temps après cet évènement majeur, Bush n'obtient plus que 40% d'appréciation auprès de la population américaine (6).

La guerre en Irak représente certainement le dossier le plus épineux pour le président. Après lui avoir apporté la sympathie de la population américaine, cette initiative commence à le hanter sérieusement. À la suite de sa réélection en 2004, le scénario irakien s'envenime et les troupes s'enlisent au milieu d'un conflit qui est maintenant devenu une guerre civile entre les différentes communautés irakiennes. Les pertes en vies humaines sur le terrain s'alourdissent énormément, tandis que : « les raisons invoquées pour justifier l'entrée en guerre des Etats-Unis sont contestées. (7) » Le conflit irakien devient même un symbole de mensonge et de corruption, car la Maison Blanche s'obstine à ne pas reconnaître ses erreurs dans le dossier. Les scandales des prisons Abu Grhaib et Guantanamo, où les prisonniers sont maltraités et torturés sans respect pour les traités sur les prisonniers de guerre, font extrêmement mal à Bush et son administration. Eux qui invoquaient des motifs de libération et de justice pour légitimer cette guerre, se retrouvent avec des actes délibérés qui contrastent avec leurs motivations (8).

Un autre incident vient tacher la notoriété du président et de son administration, le scandale entourant le républicain Mark Foley. Cet élu à la Chambre des représentants, âgé de 52 ans, doit démissionner à la suite de révélations le concernant qui impliquent des relations douteuses avec des mineurs travaillant à la Chambre des représentants. Il quitte son poste d'élu de la Floride le 29 septembre 2006 et annonce, trois jours plus tard, qu'il est homosexuel et qu'il suit une cure de désintoxication. Le pire pour le président dans toute cette histoire, c'est que Foley avait déjà fait l'objet d'une plainte formelle un an auparavant et que le Parti républicain n'avait rien fait contre lui. L'électorat privilégié du président, la communauté chrétienne évangélique, ainsi que la droite conservatrice sont outrés par ce scandale et décident de tourner le dos au président. Ce geste a des conséquences désastreuses pour les républicains à seulement un mois des élections législatives de mi-mandat (9).

Tous ces facteurs font en sorte que le Parti républicain fait bien mauvaise figure lors de ces élections. Ils perdent le contrôle du Sénat et de la Chambre des représentants. Finalement, le président continue de perdre en popularité à la suite de la déconfiture de son parti aux élections législatives de mi-mandat (10). Dans un sondage publié par CBS en janvier 2007, seulement 28% des Américains croient que le président partage leurs priorités (11). Malgré certaines tentatives de Bush pour remonter dans l'opinion publique, par exemple son effort d'ouverture sur la question des immigrants illégaux, la plupart des analystes s'accordent pour dire qu'il est trop tard pour rétablir la situation (12).




Références:

(1) FOUCRIER, Annick. « États-Unis ? L'élection présidentielle de 2000 », Encyclopaedia Universalis, http://www.universalis-edu.com/imprim.php?nref=Z050002, (page consultée le 25 octobre 2007).

(2) L. GREGG, Gary. « Poll Dip », National review online, http://www.nationalreview.com/comment/gregg20031... (page consultée le 25 octobre 2007).

(3) FOUCRIER, Annick. « G. W. Bush », Encyclopaedia Universalis, http://www.universalis- edu.com/imprim.php?nref=T030186, (page consultée le 25 octobre 2007).

(4) FOUCRIER, Annick. « G. W. Bush », Op. Cit.

(5) FOUCRIER, Annick. « Second mandat pour George W Bush », Encyclopaedia Universalis, http://www.universalis-edu.com/imprim.php?nref=Z050002, (page consultée le 25 octobre 2007).

(6) MARTIN, Pierre. « Les élections de mi-mandat aux Etats-Unis ? Une défaite pour Bush plutôt qu'une victoire pour les démocrates », Le Devoir, http://www.ledevoir.com/2006/11/04/122127.html, (page consultée le 25 octobre 2007).

(7) MARTIN, Pierre. « Les élections de mi-mandat ? », Op. Cit.

(8) SHEPPARD, Robert. « Minority government for George W. Bush? », CBC News, http://www.cbc.ca/news/background/us-midterms-an... (page consultée le 25 octobre 2007).

(9) HÉTU, Richard. « Le placard républicain », La Presse, http://www.cyberpresse.ca/article/20061008/CPMON... CPMONDE, (page consultée le 25 octobre 2007).

(10) S.A. « George Bush » Encarta, http://encarta.msn.com/text_761581479___0/George... (page consultée le 25 octobre 2007).

(11) S.A. « Poll : Bush Approval Rating At New Low », CBS News, http://www.cbsnews.com/stories/2007/01/22/opinio... (page consulté le 25 octobre 2007).

(12) COULON, Jocelyn. « Bush dans les cordes », La Presse, http://www.cerium.ca/article2570.html, (page consultée le 25 octobre 2007).

Dernière modification: 2007-11-09 13:13:48

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