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28 octobre 2007

Hillary Clinton, la plus présidentiable


Sabrina Bossé
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

novembre
2018
Élections de mi-mandat aux États-Unis

juillet
2018
Rencontre à Helsinki entre le président des États-Unis, Donald Trump, et le président russe Vladimir Poutine

juin
2018
Tenue d’un sommet entre le président américain Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-un

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2018
Intensification d’une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine

décembre
2017
Annonce du président américain Donald Trump sur Jérusalem

septembre
2017
Ouragans sur les Caraïbes

août
2017
Déferlement des ouragans Harvey et Irma sur le sud des États-Unis

janvier
2017
Adoption d’un décret exécutif sur l’immigration aux États-Unis

janvier
2017
Assermentation de Donald Trump à la présidence des États-Unis

novembre
2016
Élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis

septembre
2016
Apparition de l'ouragan Matthew

juin
2016
Attentat meurtrier dans une boîte de nuit d'Orlando, aux États-Unis

mars
2016
Début de la visite du président américain Barack Obama à Cuba

janvier
2016
Dévoilement de données confirmant l'établissement d'un record de chaleur en 2015

octobre
2015
Signature du Partenariat transpacifique à Atlanta, aux États-Unis

décembre
2014
Annonce des présidents des États-Unis et de Cuba sur les relations entre leurs pays

novembre
2014
Entente entre les États-Unis et la Chine sur la lutte aux changements climatiques

septembre
2014
Tenue d'une marche en faveur de la lutte aux changements climatiques

novembre
2012
Réélection de Barack Obama à la présidence des États-Unis

D'ores et déjà, l'élection présidentielle de 2008 aux États-Unis s'annonce particulièrement captivante. Si vous avez l'intention de vous intéresser à la «véritable» campagne électorale seulement au printemps prochain, sachez que vous en aurez certainement manqué une partie importante. Bien que l'investiture des partis politiques ne soit pas encore terminée, les candidats, autant républicains que démocrates, font déjà campagne dans le but d'obtenir les clés de la Maison Blanche. En plus d'être la campagne la plus longue et certainement la plus coûteuse de l'histoire américaine, c'est aussi la première fois depuis 1952 que ni le président, ni le vice-président, ne sont candidats (1).

La mauvaise gestion des finances publiques et la guerre en Irak discréditent le Parti républicain, bientôt héritier de huit années de controverses léguées par l'administration de George W. Bush. Le raz-de-marée démocrate lors des élections de mi-mandat en 2006 a donné le ton à la prochaine élection présidentielle : une victoire démocrate est de plus en plus envisageable. Bien en selle, le Parti démocrate a toutes les cartes dans son jeu pour s'emparer du pouvoir.

La partie n'est cependant pas gagnée. Les délégués démocrates auront la tâche cruciale de déterminer lequel, parmi les candidats dans la course à l'investiture, sera en mesure de conduire le parti jusqu'à la Maison Blanche. Or, plus le temps avance, plus la candidate Hillary Clinton nous apparaît comme la personne capable non seulement de remporter l'investiture du parti, mais de devenir la première présidente des États-Unis.

Une femme d'expérience

Hillary Clinton se lance dans cette course au leadership avec un curriculum vitae fort complet. Après huit années passées à la Maison Blanche au côté de son mari Bill Clinton, «l'ex-First lady» a émergé de la scène politique en 2000 à la suite de son élection au poste de sénatrice de l'État de New York. Aujourd'hui âgée de 60 ans, cette avocate de formation est fort appréciée par l'électorat new-yorkais. Au fil des ans, elle a acquis une certaine notoriété et s'est façonnée une image présidentielle avec un discours de plus en plus au centre de l'échiquier politique et des initiatives progressistes répondant aux intérêts de son État (2). Elle connaît bien les rouages du pouvoir et bénéficie d'un bagage d'expériences lui permettant d'aspirer à devenir l'occupante du bureau ovale.

Tous les candidats n'ont certainement pas l'instruction politique de l'ancienne Première dame des États-Unis. Son rival le plus sérieux, le candidat Barack Obama, est sénateur de l'Illinois depuis seulement trois ans. Âgé de 46 ans, ce «Tiger Woods» de la politique a certes une personnalité dynamique et un charisme exceptionnel, mais son manque d'expérience dans la sphère politique risque de lui nuire tôt ou tard. Comment aspirer à devenir le président des États-Unis alors que l'on connaît à peine les facettes du métier ? C'est d'ailleurs ce qui amène certaines personnes à penser, comme l'analyste John Parisella, qu'Obama ferait plutôt un bon candidat pour la vice-présidence des États-Unis (3).

La «clintonmania»

En plus de son expérience politique, force est d'admettre qu'Hillary Clinton possède un patronyme porteur de sens. Bien qu'elle a su démontrer une complète indépendance de son mari face à ceux qui la pensaient opportuniste, son nom s'avère un outil fort utile si elle sait en faire une utilisation judicieuse. Encore aujourd'hui, «quand les gens entendent le nom Clinton, il leur revient des souvenirs d'économie florissante et de pays en paix. (4)» Elle entend profiter de la popularité de son mari, qui lui donne une certaine avance vis-à-vis les autres candidats. Elle est connue de tous et chacun, parfois à tort nous le concédons. Mais lorsque l'on est marié à l'un des hommes les plus appréciés des dernières décennies par les Américains, la situation a de fortes chances d'être profitable.

En regardant dans le passé, l'historien André Kaspi constate qu'en 1932, une partie de l'électorat a voté en faveur de Franklin Roosevelt simplement car il portait le même nom que son cousin éloigné et président apprécié Théodore Roosevelt et ce, même si les deux hommes appartenaient à des partis politiques distincts (5). Dans le cas d'Hillary, il ne faut pas surestimer la portée de son nom, mais uniquement garder en tête qu'il peut s'agir d'un instrument permettant de rallier une majorité d'électeurs.

Une candidate qui a la cote

Il est faux de croire que, parce qu'il est d'origine afro-américaine, Barack Obama pourrait soutirer l'ensemble des votes de la communauté noire, une des bases de l'électorat démocrate. Hillary Clinton a depuis longtemps eu la cote non seulement auprès des Noirs, mais aussi des hispaniques et évidement des femmes. Le fait qu'un candidat de sexe féminin se présente à l'investiture semble d'ailleurs stimuler l'intérêt des femmes pour la politique. En ce sens, 94% des électrices américaines de moins de 35 ans seraient plus enclines à voter si l'un des candidats était de sexe féminin (6). Cela laisse sous-entendre qu'Hillary pourrait obtenir un appui massif de la part des électrices qui représentent 54% de l'électorat global.

Fervente défenseur des droits des femmes et des enfants, Hillary s'installe progressivement comme la candidate de la classe moyenne, ayant comme cheval de bataille la justice sociale. La guerre en Irak n'est certainement pas en reste durant la présente campagne. Alors qu'aujourd'hui Hillary se positionne fermement contre la guerre, ses détracteurs l'accusent cependant d'avoir appuyé l'envoi des troupes en 2003, ce que 49% des démocrates ont fait à l'époque. Mais cette erreur de jugement, qui devait soulever la polémique, est soudainement en train de mourir à petit feu. Selon un sondage du Washington Post, 52% des délégués font confiance à Hillary sur la question irakienne alors que Barack Obama n'obtient que 22%, et ce même s'il est opposé à la guerre depuis le début (7).

Bref, après s'être demandé si l'Amérique était prête à être gouvernée par une femme, aujourd'hui on se demande plutôt qui sera en mesure d'arrêter d'Hillary Clinton dans son ascension vers la Maison Blanche.




Références:

(1)UQAM. USA : Présidentielles 2008, [En ligne], http://www.dandurand.uqam.ca/ fr/us/congres2006/congres_usa_2008.htm, 27 juillet 2007, (page consultée le 26 octobre 2007).

(2) BARROUX, David. «Présidentielle américaine : Hillary Clinton en tête dans les sondages et les levées de fonds». Les Echos, no. 20019, vendredi 5 octobre 2007, p 6.

(3) PARISELLA, John. «Investiture du Parti démocrate ? Barack Obama : maintenant ou jamais». Le Devoir, mardi 24 avril 2007 p.A7.

(4) BAROCHEZ, Luc. «Coup de barres à droite pour Hillary Clinton», Le Figaro, jeudi 11 août 2005, p.3.

(5) KASPI, André. Franklin D. Roosevelt. Éditions Fayard, Mesnil-sur-l'Estrée, 1988, 647p.

(6) LESNES, Corine. «La sénatrice démocrate de New York s'installe en tête de la course à la Maison Blanche». Le Monde, lundi 22 octobre 2007, p.4.

(7) Ibid.

Autres références

HÉTU, Richard. « Vers la présidentielle 2008 : À vos marques ! Prêts ? Partez !». La Presse, jeudi 9 novembre 2006, p.A4.

TURGEON, Josée. Les États-Unis sont-ils prêts à élire une femme présidente ? [En ligne], http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/... 19 mars 2006, (page consultée le 26 octobre 2007).

Dernière modification: 2007-12-06 14:52:58

-N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.
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