Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

16 décembre 2018

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14 August 2010

Le rétablissement de la relation spéciale États-Unis-Canada


Gilles Vandal
historien,
Ph.D.
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

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En 1945, Harry Truman, nouveau président américain, déclarait que les relations entre le Canada et les États-Unis avaient atteint un tel niveau qu'il était devenu impossible de se percevoir comme des pays étrangers. Le 17 mai 1961, le président John F. Kennedy affirmait dans son allocution devant le parlement canadien que « la géographie nous a fait des voisins. L'histoire nous a fait des amis. L'économie nous a fait des partenaires. Et la nécessité des alliés ». Parallèlement, lors de sa visite à l'Expo 67, le président Lyndon B. Johnson déclarait que « les États-Unis pouvaient se considérer comme bénis. Nous pouvons remercier Dieu pour beaucoup de choses. Mais le don de la Providence que nous chérissons le plus est de nous avoir donné comme voisin sur ce merveilleux continent le peuple et la nation canadienne ». Ces trois présidents définissaient ainsi la relation spéciale qui unissait leur pays au Canada.

Cette relation spéciale s'est en grande partie maintenue, en dépit des aléas de l'histoire, jusqu'à aujourd'hui. Si cette relation a connu certains soubresauts sous la présidence de Nixon et l'administration Trudeau, elle retrouva son caractère particulier sous les présidences de Reagan et Bush, grâce à l'amitié qui les unissait au premier ministre Mulroney. Durant cette période, le Canada put conclure deux traités de libre-échange avec les États-Unis. Cette relation se perpétua jusqu'à la fin des années 1990, grâce à l'amitié particulière qui unissait le président Clinton au premier ministre Chrétien.

Dans la foulée du 11 septembre et le refus du Canada de participer à la guerre en Irak, la relation spéciale unissant les deux pays semblait bien être un phénomène du passé. Déçue par la politique canadienne, l'administration Bush adopta alors une politique unilatéraliste qui faisait peu de cas du point de vue et des intérêts canadiens.

Toutefois, avec l'arrivée de l'administration Obama, plusieurs signes indiquent que les beaux jours d'une relation spéciale entre les deux pays pourraient revenir. D'ailleurs, le premier ministre Harper affirmait lors de l'inauguration de Barack Obama que « les États-Unis demeuraient l'allié le plus important du Canada, son plus grand ami et son plus important partenaire commercial et qu'il avait hâte de travailler avec le président Obama afin de bâtir une relation spéciale ». Lors de sa visite à Ottawa, le 19 février 2009, le président Obama affirmait qu'il aimait le Canada et qu'il pensait que les États-Unis ne pouvaient pas avoir de meilleur ami et de meilleur allié.

Selon le président Obama, le Canada représente le prisme idéal à travers lequel les États-Unis peuvent améliorer leur sécurité avec le reste du monde. L'administration Obama, en montrant une volonté claire de cultiver de meilleures relations avec le Canada, désire donc rompre avec ce qu'elle considère une obstination de rhétorique chez l'administration précédente. Sa volonté de travailler avec les autorités canadiennes va au-delà d'un simple changement d'attitude. Elle considère que nos deux pays sont confrontés à des défis transnationaux communs, que cela soit au niveau stratégique, économique ou de la sécurité nationale. Par ailleurs, la proximité géographique et l'histoire ont forgé pour nos deux pays un destin largement commun. Par conséquent, l'administration Obama désire redynamiser cette relation spéciale qui a marqué l'histoire de nos deux pays.

Les rencontres entre le président Obama et le premier ministre Harper s'avèrent très positives. Il ressort de ces échanges que la voix de Harper est bien entendue à Washington, en dépit de ce que l'opposition au Canada peut en dire. Le climat prévalant a permis au premier ministre canadien de tenir des rencontres positives avec différents dirigeants du Congrès et d'expliquer le point de vue canadien dans plusieurs dossiers importants. Décidément, un nouveau climat prévaut dans les relations canado-américaines.

Face aux États-Unis, le Canada est dans une situation quelque peu paradoxale. Comme puissance moyenne, il exerce une influence disproportionnée sur la scène mondiale. Les Canadiens se sont habitués à voir leur pays tenir une telle place. D'ailleurs, cette situation fait l'affaire à bien des égards des États-Unis. Ils ont un allié fiable qui peut parler sur la scène internationale d'une voix indépendante.

Les Canadiens sont conscients que la relation spéciale entre les deux pays a connu au cours des décennies des hauts et des bas. Mais ils ne demandent pas mieux qu'un retour à une meilleure compréhension de part et d'autre. Ce qui est intéressant, c'est le fait que les Américains partagent également ce point de vue. Un sondage de Gallup World Affairs révélait en février dernier que neuf Américains sur dix déclaraient avoir une opinion favorable vis-à-vis le Canada, et seulement 6 % le contraire.



Dernière modification: 2013-03-25 10:08:12

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