Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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30 November 2008

Aminatou Haïdar reçoit le prix Robert F. Kennedy


Donald Cabrel Nkima
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

July
2011
Référendum sur des réformes constitutionnelles au Maroc

May
2003
Attentats terroristes à Casablanca, au Maroc

July
1999
Décès du roi Hassan II du Maroc

February
1999
Décès du roi Hussein de Jordanie

August
1994
Reconnaissance des revendications berbères au Maroc

April
1994
Signature d'une entente menant à la création de l'Organisation mondiale du commerce

December
1990
Déclenchement d'une grève générale au Maroc

February
1986
Ouverture du premier Sommet de la francophonie

December
1983
Début d'une crise au Maroc

June
1981
Révolte du pain au Maroc

August
1979
Retrait de la Mauritanie du Sahara occidental

November
1975
Début de la « marche verte » au Sahara occidental

May
1973
Fondation du Polisario au Sahara occidental

August
1972
Tentative de coup d'État au Maroc

July
1971
Tentative de coup d'État dans le palais de Skhirat, au Maroc

June
1965
Promulgation de l'état d'exception au Maroc

October
1963
Déclenchement de la guerre des sables entre le Maroc et l'Algérie

September
1961
Ouverture d'une conférence des pays non-alignés à Belgrade

February
1961
Décès du roi du Maroc, Mohammed V

Le 16 septembre 2008 fut marqué par l'attribution du prix Robert F. Kennedy (RFK) à Aminatou Haïdar, pour la défense des droits humains. Le combat de cette femme marocaine a attiré le regard des organismes internationaux comme Amnesty International. Cette lutte vise la condamnation des disparitions forcées ou involontaires, les abus des droits de l'homme que subissent les prisonniers de conscience et la contribution apportée par la récipiendaire au mouvement pour l'autodétermination du Sahara occidental. Arrêtée, battue et mise en prison par les autorités marocaines, Mme Haïdar se voit aujourd'hui récompensée au cours d'une cérémonie qui s'est tenue le 13 novembre 2008 à Washington, aux États-Unis (1).

La lauréate du prix Robert F. Kennedy 2008 a été récompensée pour son implication, ainsi que son courage afin d'obtenir la reconnaissance du mouvement pour l'autodétermination du peuple sahraoui malgré l'occupation marocaine. Celle-ci a toujours condamné les abus des droits humains orchestrés par le gouvernement du Maroc sur les prisonniers de conscience. Aminatou Haïdar a d'ailleurs été reconnue comme la principale activiste du mouvement de défense des droits de l'homme dans cette région.

Selon les propos d'Aminatou Haïdar : « en tant qu'individu, le prix Robert F. Kennedy des droits de l'homme est un grand honneur. [...].Recevoir ce prix prouve que notre résistance non violente est noble et se bat pour une juste cause, et ce, malgré les risques encourus et les intimidations du gouvernement marocain »(2). Le prix Robert F. Kennedy des droits de l'homme procurera aux membres pour la défense du peuple sahraoui une aide financière importante qui leur permettra de poursuivre leur lutte pour la liberté et la défense de la dignité humaine (3).

Les droits humains valorisés par le prix Robert F. Kennedy

Le prix Robert F. Kennedy est une initiative mise en place par le Centre commémoratif Robert F. Kennedy pour les droits de la personne (Robert F. Kennedy Memorial Center for Human Rights). Ce prix a pour but de mettre en nomination des personnes qui honorent par leurs efforts la promotion et la défense des droits de la personne à travers la planète (4). Le prix Robert F. Kennedy a été établi en 1984 par Catherine Kennedy dans le but d'honorer cet homme politique décédé en 1968. Robert F. Kennedy croyait en chaque individu et en sa capacité d'apporter le changement.

Le prix Robert F. Kennedy est une initiative qui repose sur le travail de plusieurs organisations de défense des droits de la personne. Ces dernières proposent une liste de personnes qui, durant une période donnée, ont marqué le monde par leur travail stratégique et efficace et dont le but est de corriger les graves entraves aux droits de la personne dans un pays donné ou leur propre pays. Chaque fois qu'un homme se lève pour un idéal, ou agit pour améliorer les problèmes sociaux, il envoie en avant une minuscule ondulation d'espoir. Tous les citoyens du monde sont admissibles à cette récompense. Mais les personnes mises en nominations doivent avoir une réputation intègre, créative et déterminée, allant dans le sens de la défense des droits de la personne. Les personnes désignées sur la liste de ce prix doivent être affiliées à une organisation non gouvernementale, dont le but principal est d'être un vecteur de changement au sein de la société (5).

Une femme dans la controverse

Aminatou Haïdar est née en 1966, dans la région du Sahara occidental dans le sud du Maroc. Très jeune, elle s'engage sur la voie de la contestation pour dénoncer les méfaits commis à l'encontre du peuple du Sahara occidental (6). Mais en 1987, elle a été prise pour cible pendant une marche pacifique pour le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui.

Elle fut incarcérée sans inculpation ni jugement dans des centres secrets de détention, d'où elle a été relâchée en 1991. Les autorités marocaines n'ont jamais indiqué le motif de son arrestation et de sa disparition. Depuis, cette femme divorcée, mère de deux enfants, détentrice d'une licence en littérature moderne et fonctionnaire de son pays, vit à Laâyoune, chef-lieu du Sahara au sud du Maroc (7).

Au cours de sa vie, Mme Haïdar a permis la libération de prisonniers politiques, de prisonniers d'opinion et mené des campagnes en faveur des personnes disparues au Sahara occidental. Elle a aussi contribué à la publication d'articles sur la condition de la femme sahraouie. Enfin, son rôle de militante politique lui a permis d'exprimer publiquement à maintes reprises ses opinions en faveur du droit à l'autodétermination du peuple sahraoui.

Elle n'est pas la seule à avoir subi des représailles. En effet, les militants des droits humains sahraouis ont tous été soumis à des pratiques de harcèlement et d'intimidation de la part des autorités marocaines à plusieurs reprises au cours de ces dernières années. Certains militants des droits humains sahraouis ont même été empêchés de voyager à l'étranger pour éviter qu'ils ne parlent des violations des droits humains, alors que d'autres ont été injustement emprisonnés et gardés sous silence.

Le 17 juin 2005, Aminatou Haïdar, Fatma Ayach et Houssein Lidri ont été battus par les forces de sécurité pendant qu'ils se rendaient à une manifestation pacifique au centre de Laâyoune. Après avoir été interpelés par les agents de la police marocaine, ces militants auraient été frappés à la tête durant plusieurs heures de coups de matraque (8).

Conduits d'urgence et soignés au centre hospitalier d'Hassan Belmehdi, ces trois militants auraient reçu les premiers soins. Selon les propos recueillis par Amnesty International, le ministre marocain de la Justice a déclaré qu'une enquête avait été ordonnée afin de faire la lumière sur les violences faites à ces défenseurs des droits humains (9).

Dès sa sortie d'hôpital, Aminatou Haïdar fut conduite au poste de police de Laâyoune. Elle a été interrogée pendant trois longs jours. Le 20 juin 2005, elle fut inculpée pour sa participation et son soutien aux manifestations violentes par le procureur du roi. Placée en détention, dans l'attente de son procès, elle a observé une grève de la faim du 8 août au 29 septembre 2005 (10).

La situation politique du Sahara

En 2008, la situation politique du Sahara occidental n'a pas connu de grand changement. Selon les propos du président de la République arabe sahraouie démocratique Mohamed Abdelaziz, la présence marocaine en terre sahraouie est basée à des fins économiques. À ses yeux, le Maroc exploite illicitement pour une somme de 4 à 5 milliards de dollars US les richesses naturelles du Sahara occidental, sous le regard impuissant de la communauté internationale.

Le président Mohamed Abdelaziz soutient que : «le Maroc aurait dépensé plus de cent milliards de dollars US, pour son occupation du Sahara occidental au moment où cette somme pourrait être investie au développement économique du Maroc » (11). Critiquant le soutien apporté par la France au Maroc, le Président sahraoui affirme que c'est la cause qui alimente le conflit entre les deux parties et empêche la mise en place du grand Maghreb.

Et sans le soutien de la France, le Maroc ferait face à la législation internationale. Or, M. Abdelaziz veut que la France, un membre du Conseil de sécurité, adopte une position favorable à la question du Sahara occidental et à la reprise des négociations sous le regard de l'Organisation des Nations unies. Enfin, il souhaite parvenir à un règlement sur la question du Sahara occidental qui garantisse le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination (12).




Références:

1.Amnesty International, Maroc les défenseurs de droits Humains, publié en 2008, http://www.amnesty.fr/index.php?/amnesty/agir/camp... consulté le 27 novembre 2008, [en ligne].

2.RobertF.KennedyMemorial, publié en ligne , http://www.rfkmemorial.org/legacyinaction/2008_ann... consulté le 26 novembre 2008.

3. Le comité norvégien de soutien au Sahara occidental, Haïdar reçoit le prix Robert, publié le 19/09/2008,http://www.vest-sahara.no/index.php?cat... consulté le 28 novembre 2008, [en ligne].

4.Amnesty international, Maroc Aminatou Haïdar, publié le 25 juillet 2007, http://www.amnesty.fr/index.php?/amnesty/agir/camp... consulté le 28 novembre 2008, [en ligne].

5. Échange International de la Libre expression, Prix Robert F. Kennedy des droits de la Personne, publié en 2004, http://www.ifex.org/frleftz/content/view/full/58059/, consulté le 27 novembre 2008, [en ligne].

6. Robert F. Kennedy Mémorial, http://www.rfkmemorial.org/legacyinaction/2008_factsheet, consulté le 28 novembre 2008, [en ligne].

7. Amnesty International, http://www.amnesty.org/fr/library/asset/ACT77/001/... consulté le 28 novembre 2008, [en ligne].

8. Le journal l'Humanité en Ligne, article paru le 14 janvier 2006, http://www.humanite.fr/2006-01-14_International_Am... consulté le 20 novembre 2008, [en ligne].

9. L'AFAPREDESA, article en ligne, Mercredi le 17 septembre 2008, http://www.afapredesa.org/index.php?option=com_con... consulté le 28 novembre 2008, [en ligne].

10. Le quotidien d'information en ligne El-moudjahid, La fondation Robert F. Kennedy se fait la voix de la cause sahraouie, http://www.elmoudjahid.com/accueil/monde/16943.html, consulté le 28 novembre 2008, [en ligne].

11. LA LAURÉATE DU PRIX ROBERT F. KENNEDY 2008 DES DROITS DE L'HOMME EST UNE DÉFENSEUR OUEST-SAHARIENNE DE DROITS DE L'HOMME, http://www.rfkcenter.org/node/57, consulté 28 novembre 2008, [en ligne].

12. Conseil de sécurité, Département de l'information Service des informations et des accréditations New York, publié en 2006, http://www.un.org/News/fr-press/docs/2007/CS8940.doc.htm, consulté 2008, [en ligne].

Dernière modification: 2008-12-05 08:27:04

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