Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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5 March 2009

Du nouveau au Parti libéral du Canada


Tommy Desfossés
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

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1987
Ouverture du deuxième Sommet de la Francophonie

À compter du jeudi 30 avril 2009, les délégués du Parti libéral du Canada (PLC) se réuniront dans le cadre d'un congrès biennal et d'investiture(1). Le Parti libéral est l'un des deux grands partis en importance au Canada depuis sa création en 1867. Ses idées se situent plutôt au centre du spectre politique. Il a d'ailleurs pris le pouvoir 12 fois sur une possibilité de 22 dans l'histoire canadienne(2). Pendant ce congrès, les délégués en profiteront pour élire un nouveau chef à la tête de leur parti. C'est sans grande surprise que M. Michael Ignatieff se verra attribuer ce poste, faute d'autres candidats. Rappelons que M. Ignatieff, député d'Etobicoke-Lakeshore en Ontario, a été défait à l'occasion de la dernière course à la chefferie, en 2006.

Déjà, une question saute aux yeux. Comment se fait-il que le PLC se retrouve à nouveau dans un congrès d'investiture moins de trois ans après le dernier? Pourtant, celui-ci s'était terminé par la nomination surprise de M. Stéphane Dion au poste de chef du parti par un résultat de 55% contre 45% pour M. Ignatieff(3). Donc, si M. Ignatieff fait maintenant l'unanimité dans le parti, pourquoi n'était-ce pas le cas en 2006? Pour mieux comprendre ces questions, il est essentiel de bien connaître le mode de nomination que privilégie le PLC.

Un mode de nomination qui se démarque

Le mode de nomination qui mène à l'élection du chef du PLC est bien différent de celui que l'on connaît dans la plupart des autres partis où les membres sont invités à voter pour le candidat qu'ils préfèrent. À l'occasion d'un congrès d'investiture, les libéraux réunissent tous les délégués de chaque circonscription au Canada à venir voter. Les délégués sont choisis au nombre de 22 dans chacune des 308 circonscriptions que compte le Canada(4). Ils sont généralement incités à respecter le choix de l'association libérale du comté qu'ils représentent. Par ailleurs, d'autres délégués, que nous appelons délégués d'office, sont ajoutés. Ce sont des députés siégeant ou d'anciens députés, des sénateurs, des candidats défaits, etc. Tous rassemblés, ils sont près de 8000(5). Une fois réunis, ils doivent passer au vote pour tenter d'élire un candidat à la chefferie. Il y a généralement plusieurs tours au vote. À la fin de chacun des tours, le candidat ayant obtenu le moins de vote est éliminé et les aspirants qui ne croient plus en leur chance peuvent se rallier à un autre candidat. En fait, les candidats se soustrairont jusqu'à ce que l'un des d'eux obtienne la majorité simple (50% +1)(6).

Les problématiques

Bien qu'excitant puisqu'il suscite le suspense(7), ce mode de nomination alimente quand même une certaine opposition de par les problèmes qu'il crée. La première faiblesse soulevée est celle du financement. Pour le prochain congrès, le parti calcule une moyenne de 2000$ par délégué pour couvrir le déplacement et l'hébergement pour les trois jours du congrès. Une partie de cette somme est fournie par le délégué lui-même, qui pourra se faire financer par son association, par le candidat qu'il soutient ou tout autre commanditaire. Le reste est payé par le Parti libéral lui-même(8). Donc, le parti paie très cher et fait fondre ses économies à chacun des changements de chef. Une autre problématique liée au financement est l'avantage donné aux candidats plus à l'aise financièrement. Ce qui signifie qu'un candidat plus confortable monétairement pourra convaincre plus de délégués de se déplacer pour venir l'appuyer pendant le congrès.

La seconde problématique est liée au vote à plusieurs tours. Comme préalablement mentionné, à chacun des tours, le candidat ayant le moins de votes se fait éliminer. Les candidats voulant se désister peuvent aussi s'auto-éliminer. Ils sont donc invités à offrir leur appui à un autre candidat ayant des chances d'obtenir la victoire(9). Une fois éliminés, les candidats offrent leur appui à un autre candidat et peuvent aussi choisir de lier leurs délégués à leur choix ou les libérer. Cette situation a posé problème en 2006. De ces mouvements de candidats en candidats est ressortie une tension entre les candidats. Le résultat : un parti divisé qui a eu de la difficulté à se tenir derrière son chef pendant les années du règne de Dion.

M. Dion : Échec ou détour souhaitable?

C'est après la défaite crève-coeur des Libéraux aux élections de 2008, passant de 103 députés à 76 tout en conservant l'opposition (10), que la question d'un retour à une course à la direction a pris le dessus sur d'autres questions. Peu de temps après, le chef de l'opposition, M. Stéphane Dion, a remis sa démission, annonçant qu'il garderait les rênes du parti jusqu'à l'élection d'un nouveau chef. Pourtant, c'est en décembre 2008, à la suite de la formation d'une coalition possible entre le Parti néo-démocrate (parti plus à gauche) et les Libéraux, que certains délégués du parti ont réclamé la tête de leur dirigeant, alléguant la faiblesse de la coalition avec un chef déchu à sa tête. C'est à la suite de ces évènements que M. Ignatieff a reçu le poste de chef «en cadeau».

Dans cette histoire, une chose semble faire le consensus au sein du Parti libéral. Il semble que M Dion ait été un bon choix pour le parti au niveau idéologique, mais un fiasco au niveau électoral. En effet, on reproche à M. Dion un manque de charisme qu'il essayait pourtant de camoufler sous sa grande intelligence et ses idées progressistes(12). Analystes et hommes politiques s'entendent d'ailleurs pour dire que, malgré la durée très limitée du séjour de M. Dion à la tête du parti, celui-ci a su faire avancer les idées libérales, notamment en matière d'environnement. On pourrait donc dire que le passage de l'ex-chef aura au moins eu le bénéfice de positionner le parti sur certaines questions. Maintenant, il reste à voir si M. Ignatieff réussira pour sa part à combler la défaillance électorale de M. Dion et redonner le pouvoir au parti de Wilfrid Laurier.




Références:

1. Parti Libéral du Canada, Congrès biennal 2009, Mis à jour 2009, [En ligne], http://www.liberal.ca/programme_f.aspx

2. Parlement du Canada, Premiers ministres du Canada : Informations biographiques, 22 février 2009, [En ligne], http://www2.parl.gc.ca/Parlinfo/Compilations/Feder...

3. Parti libéral du Canada, Congrès d'investiture 2006, décembre 2006, http://www.liberal.ca/leadership_f.aspx

4. Bellavance, Joël-Denis, Congrès du PLC à Vancouver : « La décision n'a pas été prise à la légère », La Presse, 11 novembre 2008

5. Loc. cit.

6. WIKIPEDIA, Liberal party of Canada Leadership convention 2006, 2006, [En ligne], http://en.wikipedia.org/w/index.php?title=Liberal_... Michel, L'Esprit de Trudeau, Le Devoir, Lundi 4 décembre 2006

8. PARTI LIBERAL, Congrès biennal 2009 : Frais du Congrès, Février 2009, [En ligne], http://www.liberal.ca/fees_f.aspx

9. Wikipedia, Op. cit

10. Radio-Canada, Section spéciale : Élections 2006, 7 août 2008, [En ligne], http://www.radio-canada.ca/nouvelles/electionsFed2... Élections 2008, Réélus, mais minoritaire, 15 octobre 2008, [En ligne], http://elections.radio-canada.ca/elections/federal...

12. CYBERPRESSE, Stéphane Dion rend son tablier, 20 octobre 2008, [En ligne], http://www.cyberpresse.ca/dossiers/elections-2008/...

Dernière modification: 2009-03-11 15:16:19

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