Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

12 décembre 2018

Pays | Statistiques | Années | Événements | Analyses | Biographies | Vidéos | Documents | Glossaire | Notes | Valeurs | Jeux | Recherche

9 September 2005

Tempête politique autour de Katrina


Julien Domingue
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

Au fil du temps

November
2018
Élections de mi-mandat aux États-Unis

July
2018
Rencontre à Helsinki entre le président des États-Unis, Donald Trump, et le président russe Vladimir Poutine

June
2018
Tenue d’un sommet entre le président américain Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-un

March
2018
Intensification d’une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine

December
2017
Annonce du président américain Donald Trump sur Jérusalem

September
2017
Ouragans sur les Caraïbes

August
2017
Déferlement des ouragans Harvey et Irma sur le sud des États-Unis

January
2017
Adoption d’un décret exécutif sur l’immigration aux États-Unis

January
2017
Assermentation de Donald Trump à la présidence des États-Unis

November
2016
Élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis

September
2016
Apparition de l'ouragan Matthew

June
2016
Attentat meurtrier dans une boîte de nuit d'Orlando, aux États-Unis

March
2016
Début de la visite du président américain Barack Obama à Cuba

January
2016
Dévoilement de données confirmant l'établissement d'un record de chaleur en 2015

October
2015
Signature du Partenariat transpacifique à Atlanta, aux États-Unis

December
2014
Annonce des présidents des États-Unis et de Cuba sur les relations entre leurs pays

November
2014
Entente entre les États-Unis et la Chine sur la lutte aux changements climatiques

September
2014
Tenue d'une marche en faveur de la lutte aux changements climatiques

November
2012
Réélection de Barack Obama à la présidence des États-Unis

Alors que l'eau laissée par l'ouragan Katrina se retire lentement des terres du sud des États-Unis, une nouvelle tempête fait rage chez notre voisin méridional. À Washington, la tempête est politique et, dans l'?il de ce cyclone, républicains et démocrates se livrent un véritable bras de fer.

Dès que l'ouragan Katrina a frappé la côte états-unienne, les têtes d'affiche du Parti démocrate n'ont cessé de critiquer l'Agence fédérale américaine de gestion des crises (FEMA) pour son manque d'efficacité et de leadership dans son assistance aux milliers de personnes en détresse. Ces critiques se voulaient aussi une attaque vers le gouvernement de George W. Bush, qui a réduit le budget d'entretien des digues de la Nouvelle-Orléans pour financer les réductions d'impôt lors de son premier mandat. (1)

Joints par les grands médias américains, des sénateurs démocrates ont lancé une pleine offensive contre Michael Brown, le directeur de la FEMA. Selon l'un d'eux : « Les évènements des dix derniers jours montrent que M. Brown a accumulé les erreurs de jugement et failli à ses responsabilités de base. Son maintien à ce poste essentiel fait peser un risque sur le succès des efforts de secours en cours. » (2) Réagissant aux critiques qui fusent de toute part, l'administration du gouvernement Bush a rappelé Brown à Washington le 9 septembre, l'écartant ainsi de la gestion de la crise à la Nouvelle-Orléans. Satisfaits en premier lieu de la démotion de Brown, les démocrates réclament maintenant sa démission.

Accusant le gouvernement Bush de manquer de leadership dans la gestion de la crise causée par l'ouragan Katrina, les congressistes démocrates ont lancé, ce 15 septembre, leur propre plan d'action pour reconstruire la côte du golfe du Mexique. Il met l'emphase sur la nécessité de voir rapidement à la création d'emplois, à la reconstruction de maisons, d'écoles et de commerces, tout en consolidant la cohésion sociale. Les démocrates jugent qu'ils sont plus aptes que les républicains pour mettre en oeuvre ce qu'ils appellent leur « plan Marshall » domestique. Cette référence au plan du secrétaire d'État George Marshall pour reconstruire l'Europe après la Seconde Guerre mondiale amène les démocrates à conclure que les travaux coûteront des dizaines de milliards de dollars.

En réponse au plan des démocrates, le président Bush s'est montré rassurant à l'endroit des familles évacuées. Dans son adresse à la nation, il a promis qu'il ferait tout pour verser une somme de 2000 $ par famille « aussi rapidement et facilement que possible ». De plus, le président Bush a assuré qu'une grande partie des coûts de la reconstruction de la zone sinistrée sera couverte par le gouvernement. Cette dernière déclaration a créé une division au sein du Parti républicain où plusieurs ténors politiques ne partagent pas la vision du président Bush. Selon le New York Times, « l'état d'esprit [de l'administration Bush] trouble certains législateurs qui craignent qu'en plus de la renaissance de la côte du golfe du Mexique, un autre phénomène naisse de la tempête : un déficit fédéral record. (3)»

Enfin, l'enquête qui sera menée pour déterminer les erreurs du gouvernement dans ses réactions à la suite de l'ouragan, demeure un point de litige entre républicains et démocrates. Ces derniers jugent la commission d'enquête spéciale du Congrès trop partiale. Pour Harry Reid, sénateur démocrate, « la seule façon de demander des comptes à tous les niveaux de gouvernements, c'est de retirer ce processus des mains des politiciens ayant un intérêt direct dans l'issue [de l'enquête] (4)». Malgré les demandes répétées des démocrates, le président Bush refuse toujours de créer une commission d'enquête indépendante, mais assure vouloir établir clairement tous les faits.

Les attaques incessantes du Parti démocrate ont grandement contribué à ce que le président Bush reconnaisse ses erreurs. En chute libre dans les sondages, sa faible popularité lui a fait admettre pour la deuxième fois, à la mi-septembre, que son gouvernement n'avait pas été à la hauteur. Le gouvernement Bush doit donner l'impression qu'il maîtrise la situation, sinon les républicains, qui contrôlent la Maison Blanche et le Congrès, pourraient voir leur avance fondre comme neige au soleil lors des élections de mi-mandat prévues en 2006.




Références:

(1) La Presse, 4 septembre 2005, p. A2, « Histoire de pillage », Richard HÉTU

(2) Le Devoir, 10 septembre 2005, p. A3, « Le patron des mesures d'urgence se fait virer », AP; Reuters; AFP

(3) New York Times, 16 septembre 2005, « G.O.P Splits Over Big Plans for Storm Spending », Carl HULSE

(4) Le Devoir, 9 septembre 2005, p. A1, « Bras de fer politique autour de Katrina »

Dernière modification: 2007-05-02 07:13:22

-N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.

Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour visionner la vidéo d'introduction
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016