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4 octobre 2009

Gabon : Omar Bongo perd son pari, son fils prend la relève


Ariane Yengayenge
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

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septembre
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Le 8 juin 2009, s'éteignait le président du Gabon, Omar Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 41 ans. Pourtant, peu avant son décès, il avait déclaré sur les ondes de Radio France Internationale (RFI) : « Personne ne doit chercher à mourir au pouvoir. Il faut arrêter; vivre un peu le temps qui reste » (1). Ce fut donc un pari perdu pour ce doyen des chefs d'État africains.

Bongo laisse en héritage un pays appauvri et corrompu

Jadis considéré comme un petit eldorado pétrolier africain, le Gabon, exportateur de matières premières et importateur de biens manufacturés, est touché de plein fouet par la crise, victime de longues années d'une gestion sans diversification de l'économie, et gangrené par la corruption (2). La situation est d'autant plus incertaine que rien n'avait préparé le Gabon à une quelconque transition. Le défunt septuagénaire Omar Bongo, de son vivant, envisageait même la possibilité d'être candidat à l'élection présidentielle de 2012.

Le Gabon n'est plus l' « émirat » pétrolier qu'il était dans le passé. Il ne produit plus que 13 millions de barils par an alors que, dix ans auparavant, sa production annuelle avoisinait 20 millions de barils. Les mines d'uranium ont fermé, la situation sociale est plus que tendue et la pauvreté augmente (3). Autant dire que c'est dans un contexte difficile que son successeur prendra les rênes du pays. Et comme si la situation n'était pas déjà assez compliquée pour le peuple gabonais, vient s'ajouter le problème de la succession.

Après 41 ans de pouvoir sans partage d'Omar Bongo, comment imaginer le prochain dirigeant gabonais ? Pas mal de Gabonais sont nés sous Bongo, ont grandi sous Bongo et mourront fort probablement sous un Bongo puisque le successeur de celui-ci n'est nul autre que son fils, Ali Ben Bongo, jusque-là ministre de la Défense.

L'après-Bongo : une lutte féroce pour la succession

Après l'annonce du décès d'Omar Bongo, plusieurs candidats étaient en lice pour lui succéder, ce qui présageait déjà une lutte rude. L'un des candidats favoris est Ali Ben Bongo, 50 ans, fils du président défunt et ministre de la Défense sous le règne de son père. Lors de l'élection présidentielle du 30 août 2009, il obtient 41,73% de voix contre 25,88 % et 25,22% pour ses deux principaux concurrents. Cette victoire d'Ali Bongo, annoncée officiellement le 3 septembre, fait éclater de violents incidents dans la capitale gabonaise, d'autant plus que les trois candidats s'étaient déjà autoproclamés vainqueurs de ce scrutin quelques heures seulement après la fermeture des bureaux de vote (4).

Un recomptage des voix a donc été exigé par les malheureux candidats, requête qui a été acceptée par la Cour constitutionnelle du Gabon. Cependant, les résultats n'ont pas encore été dévoilés, même si plusieurs se doutent déjà que ce nouveau recomptage ne va pas modifier de manière fondamentale les données du scrutin (5).

Pour sa part, Ali Bongo se familiarise déjà avec ses nouvelles fonctions de président puisqu'il a déjà entamé des tournées au Cameroun, au Congo et au Tchad, entre autres. Ses homologues du continent africain et d'ailleurs lui ont par ailleurs déjà transmis leurs félicitations. Difficile pour la Cour constitutionnelle de renverser cette situation ! De plus, l'opposition semble s'être fait piéger par sa propre requête, puisqu'elle ne pourra plus dire que ses revendications n'ont pas été prises en compte.




Références:

(1) Radio France Internationale (RFI), « La mort d'Omar Bongo », publié le 17.06.09, http://www.rfi.fr/actufr/pages/001/page_420.asp, consulté le 05.10.09.

(2) Le quotidien indépendant El Watan, « Le président du Gabon Omar Bongo Ondimba est officiellement mort », publié le 09.06.09, http://www.elwatan.com/Le-president-du-Gabon-Omar-Bongo, consulté le 04.10.09.

(3) Le Figaro, « La mort de Bongo plonge le Gabon dans l'incertitude », publié le 11.06.09, http://www.lefigaro.fr/international/2009/06/10/01... consulté le 05.10.09.

(4) Le Monde, « Gabon : incidents après la victoire d'Ali Bongo », publié le 03.09.09, http://www.lemonde.fr/afrique/article/2009/09/03/a... consulté le 05.10.09.

(5) Gabon Libre Expression, « Recomptage des voix au Gabon : une comédie tropicale à la sauce gabonaise », publié le 30.09.09, http://www.gabon-libre-expression.over-blog.com/ar... consulté le 05.10.09.

Dernière modification: 2009-10-12 08:20:14

-N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.
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