Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

18 décembre 2018

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2 April 2013

Un bouclier protecteur contre une arme redoutable


Philippe Bérard
analyste en formation,
École de politique appliquée,
Faculté des lettres et sciences humaines,
Université de Sherbrooke

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Lorsque la Corée du Nord menace les États-Unis de frappes préventives thermonucléaires, plusieurs personnes ne se sentent pas en sécurité(1). La principale vocation du programme américain de bouclier antimissile est justement de prévenir de telles attaques contre les États-Unis et ses alliés, notamment dans ce cas précis, la Corée du Sud. Le programme est maintenant pris en charge par l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN). Il ne vise plus seulement à protéger le continent nord-américain, puisqu'un tel bouclier sera progressivement opérationnel en Europe d'ici 2020(2).

Un jeu de fléchettes

La première phase du bouclier antimissile, qui est entré en fonction en 2004, consiste en des missiles dits intercepteurs qui ont pour but de frapper les projectiles ennemis. Ces missiles déployés initialement au nombre de 10, nombre qui augmentera à chaque année, sont pour la plupart dotés d'une portée de 5500 kilomètres. Pour ce qui est de la détection des missiles, le bouclier repose sur les radars que possèdent les bateaux et les bases militaires sur le sol américain et à l'étranger. Par contre, le projet d'expansion du bouclier prévoit la mise en place de satellites de détection qui possèderaient des missiles intercepteurs afin de pouvoir intervenir directement de l'espace(3). Les missiles dits intercepteurs sont, en fait, des missiles patriotes qui ont pour but de détruire le projectile lancé par l'ennemi, surtout en phase de mi-parcours, soit après la phase d'ascension. Ils ont une vitesse d'interception de l'ordre de 24 000 kilomètres par heure(4).

Bien que le système soit grandement critiqué dû à la nécessité d'une grande vitesse de réaction lorsque les projectiles ennemis décollent de très près, des essais en situation de combat ont déjà été réalisés. Notons que lors de la première guerre du Golfe, en 1991, les Irakiens ont utilisé des missiles Scud pour tenter d'attaquer l'Arabie saoudite et Israël, mais que les États-Unis utilisaient des missiles patriotes pour les intercepter(5). Les experts, qui tentent de défendre le programme, répondent aussi à la critique du temps de réaction très court lorsque les missiles sont lancés dans un petit rayon que les systèmes conventionnels d'interception de missiles sont efficaces. Chaque bateau militaire qui se trouve dans le Pacifique ou l'Atlantique est doté d'un système pouvant intercepter les missiles qui se situeront dans son rayon d'action, en plus de posséder des missiles patriotes pour intercepter un missile qui serait à l'extérieur de l'atmosphère(6).

Un programme de défense de l'OTAN

Bien que les États-Unis présentent le programme comme étant un système de défense collectif, le but premier semblait, jusqu'en 2004, de défendre le sol américain. En effet, la première phase n'avait que la capacité de défendre leur sol puisque les missiles étaient postés en Alaska et en Californie(7).

Après 2004, le programme de bouclier antimissile est élargi à une bonne partie de l'Europe qui doit, selon les États-Unis, se doter d'un programme semblable puisque le Moyen-Orient peut représenter une menace sérieuse. Dans cette région du monde assez instable, les États-Unis redoutent surtout l'Iran qui possède des missiles avec un rayon d'action de 2500 kilomètres(8).

Une coopération internationale qui varie

Le Canada avait statué en 2004, sous le gouvernement de Paul Martin, qu'il n'était pas dans son intérêt de participer au programme de développement d'un bouclier antimissile puisque les probabilités qu'il soit la cible de missiles balistiques sont assez faibles(9). Par contre, en vertu des accords de coopération militaire avec les États-Unis, le Canada n'a eu d'autre choix que d'offrir sa collaboration complète, bien qu'il n'y a pas de missile intercepteur localisé en sol canadien. Ceux qui seraient chargés de protéger le Canada en cas d'attaques sont ceux postés en Alaska.

D'autres pays tels que le Royaume-Uni, Israël ou encore le Japon ont mis en place des programmes de développement de bouclier antimissile conjoints avec celui des États-Unis. D'autres pays ont plutôt profité de l'occasion pour collaborer à l'élaboration d'un meilleur système de détection des missiles balistiques, notons parmi ceux-ci le Danemark. Il était important pour les États-Unis d'obtenir la collaboration du Danemark, puisque le Groenland est un lieu stratégique de détection de missiles provenant du nord(10).

Pour sa part, la Russie s'était opposée au programme lors de sa création, craignant qu'il s'agisse d'une attaque contre sa force de dissuasion nucléaire ou qu'un tel programme puisse être utilisé pour effectuer des tirs stratégiques ciblant les sites de lancement de missiles(11). Plus récemment, la Russie a plutôt vu dans le bouclier antimissile une occasion de collaborer avec les États-Unis afin de créer des liens diplomatiques et de développer un programme conjoint de protection contre des ennemis potentiels ou des frappes préventives provenant de pays ennemis(12).

Une mise en application potentielle

Au cours des dernières années, nous avons assisté à des montées de tension régulière dans la péninsule coréenne. Advenant une attaque quelconque, on pourrait observer la mise en application du système de défense antimissile, qui s'est étendu de la Corée du Sud au Japon au cours de la décennie. La Corée du Nord, qui procède à des essais nucléaires, fait craindre le pire lorsqu'elle menace ses voisins du sud de frappes préventives. Par contre, la présence du bouclier antimissile au Japon et celle de navires américains dans la mer du Japon procurent à la Corée du Sud une certaine protection, la présence de plusieurs missiles intercepteurs dans la région permettant en théorie de protéger le pays contre des frappes thermonucléaires.




Références:

1. Agence France-Presse, Fortes tensions dans la péninsule coréenne, La Presse, en ligne, http://www.lapresse.ca/international/asie-oceanie/... (page consultée le 26 mars 2013).

2. RIVET. Jérôme, L'OTAN lance son bouclier antimissile malgré l'hostilité russe, La Presse, 20 mai 2012, en ligne. http://www.lapresse.ca/international/europe/201205... (page consultée le 26 mars 2013).

3. Radio-Canada, Un système opérationnel à l'automne 2004, en ligne, http://www.radio-canada.ca/nouvelles/dossiers/bouclier/, (page consultée le 26 mars 2013).

4. Ibid.

5. Ibid.

6. Ibid.

7. FORTMANN. Michel et al., le bouclier antimissile, Centre d'études et de recherches internationales, Université de Montréal, en ligne, http://www.cerium.ca/Le-Bouclier-anti-missible, (page consultée le 26 mars 2013).

8. RIVET. Jérôme, op. cit.

9. Radio-Canada, Le bouclier antimissile, en ligne, http://www.radio-canada.ca/nouvelles/dossiers/bouclier/, (page consultée le 26 mars 2013).

10. Ibid.

11. RIVET. Jérôme, op. cit.

12. Loc. cit.

Dernière modification: 2013-04-08 08:37:00

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