Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 el-Assad, Hafez | 1930-2000



Chedli Klibi, « L'honneur et l'orgueil », Jeune Afrique (France), 20 au 26 juin 2009, p. 29.

«...Il voulait réussir là où avait échoué Nasser - auquel il reprochait ses méthodes. Assad n'était nullement idéologue pour le choix des moyens à mettre en oeuvre. Il était d'abord l'homme du réel, du possible - encore un côté commun avec Bourguiba, qu'il admirait pour ses analyses, mais à l'égard duquel il gardait une sorte de rancune rentrée, parce qu'il avait pénétré par effraction sur la scène proche-orientale, en disant, avant terme, certaines vérités. Comme Nasser, il était convaincu que les Arabes avaient d'abord besoin de dignité. Bourguiba, lui, estimait que la priorité devait être donnée au réveil des esprits, au développement, et que tout le reste en découlerait. Assad incarna par son style, son action, sa parole rare, mesurée et sans fioritures, ce souci fondamental de la dignité arabe. Dignité pour lui-même, pour sa petite communauté, les alaouites - si souvent humiliée au cours de l'Histoire - , pour son pays et pour l'ensemble des peuples arabes. Cette quête de la dignité était devenue, pour lui, une priorité absolue. Il refusait l'humiliation, pour lui-même et pour la grande « communauté arabe ». »


Josette Alia, « Hafez al-Assad, dictateur et illusionniste », Le Nouvel Observateur (France), 15 au 21 juin 2000, p. 26-27.

«...Sous la poigne de fer du nouveau chef, le pays se calme. Les Syriens sont rassurés. Assaz va patiemment « corriger », tel est son terme, les excès de ses prédécesseurs. Ils avaient supprimé la mention de l'islam, religion de l'État ? Assad le rétablit, comme religion obligatoire « du chef de l'État ». Il condamne l'aventurisme des chefs palestiniens, quitte à enfermer dans des camps les soldats de l'OLP qui refluent vers la Syrie après Septembre noir. Il est très hostile à Arafat dont les postures ostentatoires, à Amman puis à Beyrouth, le révulsent. Il se veut prudent, lent, réfléchi. Il devient conservateur, ennemi de tout changement qui risquerait de ramener les excès de ce gauchisme arabe que maintenant il exècre et qui d'ailleurs va, en Syrie, en Irak, en Égypte, en Algérie et finalement au Liban, échouer. Il ne gardera du baassisme que l'idéologie laïque, qui lui permet de maintenir le clan alaouite aux postes de commande et de revendiquer l'éradication brutale des islamistes, décimés au canon à Hama. S'il fallait trouver un fil rouge dans la vie de Assad, ce serait sans doute celui-là : fanatique de l'ordre, il déteste le mouvement qui déplace les lignes. »


Majed Nehmé, « Après lui le déluge », Le Nouvel Afrique-Asie (France), juillet-août 2000, p. 32.

«...Aujourd'hui que le « lion de Damas » - surnom auquel ses détracteurs préfèrent le sobriquet de « lapin du Golan » - n'est plus, l'heure du bilan du plus long et du plus implacable des règnes qu'ait connus la Syrie indépendante s'impose. Commencé en 1970 par un coup d'État contre les compagnons de route d'Assad, il s'achève, trente ans plus tard, par un coup d'État dynastique qui ramène la Syrie au rang de république bananière de type somoziste. Associé au pouvoir depuis 1963 - année marquée par le premier coup d'État baassiste en Syrie - , ministre de la Défense depuis 1965, et à ce titre principal responsable de la défaite de juin 1967, à l'issue de laquelle Tsahal s'empare du plateau du Golan, réputé imprenable, Assad devint, à partir de 1970, le seul maître à bord d'une Syrie réputée indomptable. Pendant trois décennies, il gouverne d'une main de fer un pays muselé, alternant purges, bains de sang (massacres de Hama et de Palmyre), répression généralisée, assassinats, intrigues et terreur. La longue stabilité dont on le crédite était à ce prix. Durant son règne de trois décennies, la Syrie n'aura vécu que sous le régime de l'état d'exception. Même les « institutions » constitutionnelles, taillées sur mesure pour régenter la vie politique du pays, n'auront été que des coquilles vides. »


Michael Hirsh, « Legacy of an Arab Survivor », Newsweek (États-Unis), 19 juin 2000, p. 41.

«...« Assad was always short of a finger or two in reaching out to touch peace, » says (Shimon) Peres. His sudden death « opens the way for a period of real instability, » a top adviser to Israeli Prime Minister Ehud Barak told Newsweek. « The leadership of Bashar is not naturally accepted. There's no consensus on him. » Perhaps. But Assad may confound doubters with his durability even in death. Brutal he may have been, but few Syrians could remember a better leader. Shortly after he died, the streets of Damascus quickly filled with hordes of grievers. Near Assad's home a crowd also grew to several hundred people. Their chants rose above the Qur'anic laments broadcast from every mosque until late at night. The loss was felt particularly among the young. « It is like losing somebody very close, » said Mohammed Khiyami, a 22-year-old laborer. « I was one of his sons. The first thing I saw when I was born was President Assad. » In other words Assad, who came to power in a 1970 coup, earned legitimacy simply by surviving. And he may well succeed - from the grave, as it were - in transferring that to his son. »

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