Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

11 décembre 2018

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 Machel, Samara | 1933-1986

Samora Moisés Machel

  • Né le 29 septembre 1933 à Madragoa, au Mozambique
  • Président de la République populaire du Mozambique (25 juin 1975 - 19 octobre 1986)
  • Décédé le 19 octobre 1986 à Mbuzini, en Afrique du Sud


  • Carmen Bader, « Un pays de haute sécurité », L'Express (France), 31 octobre 1986, p. 25.

    «...Ici, on fait semblant de vivre. Mais la paix est hors de vue et la guerre, hors de prix. Alors, négocier ? Le testament de Samora Machel - mort, le 19 octobre, dans un accident d'avion sur le territoire de la république d'Afrique du Sud - est sans ambiguïté. De son palais de Punta Vermelha, qui fut la résidence du gouverneur du Portugal, le Président l'avait encore dit avant de partir pour son dernier voyage : « Un gouvernement digne de ce nom ne discute pas avec des terroristes ! » Et, pour que nul ne s'y risque, il avait, en avril dernier, nommé un Premier ministre tout en continuant à se réserver la sécurité et ce portefeuille de la Défense qui engloutit 42% du Budget. La mort de ce personnage charismatique, idole des petites gens, est un coup effroyable pour la volonté de résistance d'un État en détresse. »


    François Soudan, « Le Mozambique orphelin de Machel », Jeune Afrique (France), 29 octobre 1986, p. 53-54.

    «...Machel n,était pas un intellectuel et cela, dans le fond, ne lui déplaisait guère. Adepte à ses débuts d'un marxisme quelque peu expéditif, il collectionna, pendant les premières années de l'indépendance, les erreurs de jugement, avant de se livrer à une autocritique sincère. Il lutta contre l'église catholique, tenta une expérience de collectivisation quasi forcée et laissa libre cours aux abus perpétrés par la Snasp, la police politique. Mais à partir de 1980, constatant les résultats parfois désastreux de cette politique, il se mit à abandonner, un par un, les principaux dogmes économiques et sociaux du socialisme doctrinaire, en encourageant la renaissance du secteur privé et les investissements occidentaux. (...) Cet homme chaleureux et imprudent, coutumier des foucades à la Castro, aux colères homériques et au langage enflammé, était resté populaire et écouté dans les campagnes. Après la mort d'Amilcar Cabral et celle d'Agostinho Neto, il était en fait le dernier survivant des « historiques » lusophones. L'une et l'autre de ces caractéristiques expliquent sans doute pourquoi Machel, après tant de chausse-trapes, avait réussi à se maintenir au pouvoir, utilisant en expert la technique de la navigation à vue. »


    Mario Soares, « La leçon de Samora Machel », Le Nouvel Observateur (France), 24 au 30 octobre 1986, p. 35.

    «...C'était un homme direct, spontané, enthousiaste, en qui se mêlaient la vitalité africaine, la rigueur protestante et la culture révolutionnaire. En même temps, c'était le plus réaliste, le plus enclin aux adaptations de tous les leaders progressistes du tiers monde. Qu'on se rappelle sa rencontre avec M. Botha et ses compromis signés avec l'Afrique du Sud - pourtant son ennemie déclarée. (...) Comment pouvait-on rêver d'un responsable plus pragmatique que Samora Machel ? Au milieu de l'environnement explosif de l'Afrique australe, et en dépit de la guérilla anti-Frelimo, cet homme a signé les fameux accords de Nkomati, acceptant ainsi la coopération des Sud-Africains ! Or les États-Unis, dont il était en droit d'attendre un geste, ont eu les mains liées en raison des oukases de Pretoria...»


    Michael S. Serrill, « Anger Over a Plane Crash », Time (États-Unis), 3 novembre 1986, p. 36.

    «...There was no regret at Machel's death among leaders of the Mozambique National Resistance (Renamo), the guerrilla movement that has been fighting Machel's government with arms and logistical support from South Africa. In a statement issued in Lisbon, Renamo said Machel's Frelimo Party « is responsible for innumerable crimes. Thus we feel no sorrow over the death of Frelimo's chief. » (...) Machel, the country's leader since it won independence from Portugal in 1975, had almost personally been holding Mozambique together in recent years. Once a doctrinaire Marxist, he showed more flexibility as his troubles built up. He signed an accord in 1984 with South Africa under which Mozambique promised to expel African National Congress guerrillas, who are fighting Pretoria, in return for South Africa's pledge to stop supporting Renamo. Lately Machel had strayed from Communist orthodoxy and turned to the West for new investment. »

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