Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

11 décembre 2018

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 Bongo, Omar | 1935-2009

Omar Bongo

  • Né le 30 décembre 1935 à Lewaï (dans le futur Gabon)
  • Vice-président de la République gabonaise (12 novembre 1966 - 2 décembre 1967)
  • Président de la République gabonaise (2 décembre 1967 - 8 juin 2009)
  • Décédé le 8 juin 2009 à Barcelone, en Espagne


  • Alain Barluet, « Omar Bongo, le doyen de la Françafrique », Le Figaro (France), 9 juin 2009, p. 12.

    «...PAPA est mort. Avec la disparition d'Omar Bongo, à l'âge de 73 ans, c'est bien davantage que le doyen des chefs d'État africains qui quitte la scène. C'est un dinosaure qui tire sa révérence, le dernier des Mohicans, la figure la plus emblématique d'un système, la Françafrique, qu'il résumait mieux que nul autre, avec son cortège d'intérêts croisés, de liens occultes et d'affaires souvent pas très claires. Une page d'histoire se tourne. (...) De Gaulle, Pompidou, Giscard d'Estaing, Mitterrand : au pouvoir depuis 1967, Omar Bongo les a tous pratiqués avec connivence. Mais au-delà, les réseaux de ce « frère » éminent de la Grande Loge nationale française s'étendaient à toutes les sphères politiques et médiatiques. Il savait tout sur tous, sa meilleure assurance-vie : « Je ferais couler beaucoup de gens », disait-il, en guise de menace à peine voilée. »


    Béchir Ben Yahmed, « En forme d'épitaphe...», Jeune Afrique (France), 14 au 20 juin 2009, p. 3.

    «...L'annonce de sa mort a déclenché une avalanche de jugements où se mêlent la louange et le blâme. Avant de formuler le mien - que je vous dois - , je rappelle que j'appartiens : à une culture où l'on se retient de dire du mal de quelqu'un qu'on vient de mettre en terre; et, simultanément, à un métier dont la règle d'or est de se tenir le plus loin possible des louanges de circonstance pour se rapprocher, autant que faire se peut, de la vérité. (...) Omar Bongo n'a pas été un tyran et ne fait pas partie de ces dirigeants malfaisants dont les dérapages et les crimes ont dévasté bien des pays africains, les ramenant vers les âges obscurs de l'humanité. Les crimes politiques commis sous son long règne, dont celui du regretté Germain Mba, ont été très peu nombreux. Son grand mérite aura même été de préserver son pays, plus de quarante ans durant, des guerres civiles ou de voisinage, des coups d'État. Passez en revue l'histoire de l'Afrique tout entière depuis 1956 : vous verrez que, parmi la cinquantaine de pays qui la composent, ils sont peu nombreux ceux qui, comme le Gabon d'Omar Bongo, ont traversé le demi-siècle dans la paix et une relative sécurité. Là est, sans aucun doute, le plus grand mérite d'Omar Bongo. »


    Danica Hanz, « Omar Bongo, mort d'un doyen de l'Afrique », Le Temps (Suisse), 10 juin 2009, p. 24.

    «...Loin d'être seulement une « marionnette de la France », il a manié tour à tour les sortilèges de ses pétrodollars au bénéfice des partis politiques français, et le chantage à un retournement d'alliance au profit des pétroliers américains, pour maintenir son emprise personnelle sur les richesses d'un pays de cocagne. À ce prix, il a transformé ce petit territoire délaissé de l'ancienne Afrique équatoriale française (AEF) en centre névralgique de la politique de Paris en Afrique. Si son extraordinaire longévité tient largement à des intérêts économiques partagés, elle procède aussi d'un sens politique hors du commun. En quatre décennies, Omar Bongo a acquis une connaissance des réseaux français et accumulé un capital de secrets d'État français incomparable. Madré, il a su compromettre tant de responsables politiques par sa prodigalité, il a manié si habilement la menace - ou le bluff - d'un grand déballage, que la prétendue « marionnette » a plus d'une fois surpassé l'ancien colonisateur dans l'art de tirer les ficelles. »


    S.A., « African Big Men End With Bongo », Financial Times (Royaume-Uni), 10 juin 2009, p. 10.

    «...If this shadowy world, dubbed Francafrique, endured for decades to come, it was partly thanks to Bongo, one of its canniest operators. His death after nearly 42 years in power marks the end of an era. He was a linchpin of the system - no slave to France, more the skilled manipulator of its establishment. He was the last survivor of Africa's 1960s era autocrats, a man whose wealth and diplomatic acumen allowed him to punch well beyond the weight of the small oil-rich nation he ruled. It is remarkable that in 2009 this was still so. (...) He always denied wrongdoing. He also insisted there was no such thing as corruption in Africa. Like other African « big men » of his era, the diminutive Bongo ruled in the style of a village superchief. He accumulated riches and used them to defuse ethnic tension, co-opt opponents and administer handouts to the poor who saw few other benefits from Gabon's oil. »

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