Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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 Soljenitsyne, Alexander | 1918-2008

Alexandre Soljénitsyune

  • Né le 11 décembre 1918 à Kislovodsk, en République socialiste fédérative soviétique de Russie
  • Prix Nobel de littérature (1970)
  • Décédé le 3 août 2008 à Moscou, en Russie


  • Jean-Pierre Thibaudat, « Soljenitsyne, l'archipel d'une vie », Libération (France), 5 août 2008, p. Quo2.

    «...Qu'on l'ait tour à tour soutenu dans ses combats contre le pouvoir soviétique et combattu pour ses idées d'impérialisme panrusse, qu'on ait lu et relu Une journée d'Ivan Denissovitch et oublié d'acheter l'épais dernier tome de son interminable la Roue rouge, qu'on ait admiré le dissident, critiqué l'exilé et observé avec des pincettes l'évolution du vieil homme de retour en Russie, qu'on l'ait aimé comme une idole puis mis au placard comme un amour de jeunesse, Alexandre Soljenitsyne restera l'une des immenses figures du XXe siècle. Comme Voltaire et Hugo, il aura été fouiller dans les affaires de son siècle, toisant de ses mots le pouvoir en place. Comme Einstein et Picasso, il aura été un bourreau de travail. Si l'Espagnol résume à lui seul l'art et l'Américain la science moderne, le Russe Alexandre Soljenitsyne ne résume en rien la littérature moderne, mais condense, plus que quiconque (même Vaclav Havel), la figure citoyenne du dissident, qui, sans autres armes que celles de ses mots, s'oppose à un régime totalitaire, dans une lutte aussi déterminée que sans autre fin que la mort, celle du régime ou celle de l'homme. Soljenitsyne nous aura montré que face à un monstre aux mille visages, face à un régime poussant l'absence de liberté de parole et le mensonge jusqu'à l'absurde, le combat à mains nues avec pour seules armes l'art et la vérité, tôt ou tard, paie. »


    Jean-François Bouthors, « Alexandre Soljenitsyne, une vie de prophète », La Croix (France), 5 août 2008.

    «...Alexandre Soljenitsyne, décédé dans la nuit de dimanche à lundi d'une crise cardiaque, à l'âge de 89 ans, n'avait au fond jamais revendiqué rien d'autre que d'être un homme, dans toute la plénitude de son humanité. Si Soljenitsyne s'est dressé contre le régime soviétique, ce fut pour faire reconnaître et respecter l'homme. Ce n'était pas simplement contre un système politique qu'il désavouait. Là se trouve sans doute la source du grand malentendu entre Soljenitsyne et ses contemporains. Les uns ne voulaient pas voir que le communisme soviétique asservissait et détruisait l'homme, et Soljenitsyne, s'il ne fut pas le premier (il y eut avant lui Souvarine, Kravtchenko et bien d'autres), fut celui qui provoqua, avec L'Archipel du Goulag, l'ébranlement décisif. Ils ne lui pardonnèrent au fond jamais. Les autres, qui auraient voulu transformer l'écrivain en chantre du libéralisme, furent rapidement déçus : Soljenitsyne en exil ne tarda pas à mettre le doigt sur les plaies de l'Occident, l'affaiblissement moral, le dilettantisme, l'hédonisme matérialiste, la sous-culture marchande, bref tout ce qui à ses yeux rabaissait l'homme. »


    Serge Truffault, « La fin du goulag », Le Devoir (Québec, Canada), 7 août 2008, p. a6.

    «...En mettant à nu l'horreur totalitaire, en brossant un tableau si complet qu'il interdisait la contradiction ou le détournement des faits, Soljenitsyne ébranlait comme personne avant lui les colonnes du temple de l'enfermement. De l'enfer organisé par des dirigeants qui trouvaient grâce auprès d'un pan imposant d'intellectuels occidentaux. Rétrospectivement, il est sidérant de constater que près de vingt ans après le rapport de Krouchtchev, un nombre incroyable de gens insultaient leur propre humanité en niant le goulag, en moquant les hôpitaux psychiatriques. Petit à petit - hélas! -, les vérités assénées par le Russe, ses constats, ses mises en relief, ont fini par avoir raison d'un délire certain. Le poids documentaire de son travail, son recours à de nombreux témoignages, son usage des archives ont éteint bien des illusions et annoncé du coup l'implosion du glacis soviétique. Parce qu'il a informé avec force et avec volume, Soljenitsyne a gommé la passion au profit de la connaissance. C'est énorme. »


    S.A., « Alexander Solzhenitsyn », The Economist (Royaume-Uni), 9 août 2008.

    «...Salvo after salvo rattled from the Solzhenitsyn typewriter, always interleaved with carbon copies for fear that the secret police would seize the manuscript. Some fell on deaf ears - wilfully deaf, in the case of the European left. The notion that Stalin was a great wartime leader, for example, should never have survived the devastating portrait of sickly paranoia in « The First Circle » (1969). Yet it has persisted to this day. Though supporters in the West lumped Mr Solzhenitsyn with the rest of the intelligentsia, he stood monumentally alone. A friendship with an Estonian prisoner, Arnold Susi, had exploded his lingering belief in Marxism; but he detested the self-regarding and snooty Russian intellectuals, the « well-read ones », as he referred to them. Unlike Andrei Sakharov, he had no belief in liberalism or human-rights campaigns. The fact that scientists might be deprived of visas left him unmoved. He cared about the fate of peasants and the general citizenry, Russians in the mass. Ivan Denisovich was not an intellectual: he was a peasant who was horrified to discover, in a letter from his wife, that the farmers in his village were now working in factories rather than haymaking. The creation of Soviet man was the horror Mr Solzhenitsyn chiefly wished to reverse. »

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